My dear girls,
Je partage avec vous cet article que l’un des rares homo senegalensis doté d’un esprit critique que je connaisse, m’a fait lire.
A l’image de Carine Diane Ndeuna – Tchoumeni, le sort des femmes, leur devenir et leur (bonne) insertion dans la société d’aujourd’hui me préoccupent au plus haut point … Au risque de passer pour une féministe, terme que j’abhorre. Mais, si être féministe, c’est vouloir être une femme qui sait ce qu’elle vaut, et au nom de cette valeur, réclamer les attributions et les honneurs qui vont avec son rang, alors je suis (allègrement) féministe !
Bonne lecture
GENRE ET PARTICIPATION POLITIQUE EN AFRIQUE
En Afrique, en général, la place réservée à la femme est fortement influencée soit par les pratiques dans nos sociétés traditionnelles, soit par l’histoire de la colonisation, soit encore de la façon dont se considère cette dernière.
En effet, dans les sociétés traditionnelles africaines, le rôle de la femme était confiné à celui de procréer ou aux travaux domestiques ; elle ne prenait pas part aux discussions concernant la cité encore moins aux discussions concernant sa propre vie car son mariage par exemple ne dépendait pas d’elle. Or, à cette époque elle n’avait pour avenir que le mariage, car l’éducation des jeunes garçons était celle à payer.
De même, la colonisation qui est venue renforcer cet état de choses a laissé des séquelles encore plus graves. Ainsi, la femme fut de plus en plus confinée dans les rôles de cuisinière ou d’animatrice pour distraire les hommes (soldats) dans leurs moments de détente.
Les résistances à la participation et à l’émancipation des femmes sont multiples : elles sont d’ordre politique, mais aussi fondées sur les croyances religieuses et les origines d’ordre colonial et socioculturel.
Consciemment ou inconsciemment, la société a toujours considéré la femme comme « le sexe faible », celle-là qui a besoin d’être surprotégée, encadrée, contrôlée comme si elle ne peut rien faire d’elle-même. Ceci a pour conséquence de créer une psychose générale et on considère que les partis politiques où les femmes sont cloisonnées dans les associations de femmes.
La faible présence des femmes au niveau décisionnel est en contradiction avec leur présence massive au sein des formations politiques dans la zone CEMAC et rend visible le rôle de figurantes, d’harangueurs de foules, généralement tenu par les femmes en leur sein.
 Les résistances sont également économiques
Ayant été longtemps sous l’aile de son époux, la femme africaine dépendait de ce dernier qui était chargé de ramener les revenus pour toute la famille. Si elle exerçait une activité, c’était une activité de subsistance et elle ne pouvait donc pas investir à grande échelle pour épargner. Mariée, tous les biens et actes étaient au nom du mari (titres fonciers, bien acquis en communs) ; par conséquent, elle se trouvait ainsi davantage fragilisée.
De nos jours, bien qu’ayant pris conscience de cet état de chose, la femme qui veut s’engager en politique souffre du manque de financement de sa carrière, ne pouvant compter ni sur le soutien de la banque (elle n’a pas de garantie à déposer) ni sur celui de son époux.  
Les résistances, il faut le dire sont aussi liées à la femme elle-même du fait de l’intériorisation des valeurs traditionnelles et socioculturelles
Ayant vécu pendant longtemps sous l’influence de ces limitations, la femme a fini par accepter cet état de choses
Ainsi, la femme a tendance à se replier sur elle-même ou alors elle se considère comme une victime résignée.
Face à cet état des lieux et considérant que la femme est un moteur incontesté de la société, il est impératif de formuler des recommandations afin que sa participation aux instances de décisions soit plus considérée. Ces recommandations vont à l’endroit de l’Etat et des politiques, des religieux qui sont les « gardiens de la morale et de la paix »de la société et enfin des femmes engagées ou aspirantes en politique.
Prenant en compte les capacités des femmes et non leur statut de femme, l’Etat gagnerait à développer un autre visage de la politique ; car la femme est reconnue comme celle qui écoute, établit des relations de solidarité avec ses collaborateurs et délègue plus facilement, donc pas de risque de confiscation du pouvoir.
Le problème ne se trouvant pas au niveau des textes et lois qui régissent nos Etats, ces derniers ont intérêt à mettre en place des cellules d’écoute et d’encadrement pour mettre un terme aux frustrations et au clientélisme dont les femmes sont victimes.
Au niveau politique, il serait judicieux de revoir les textes qui régissent leurs formations politiques pour éviter ce qui se passe au niveau de l’Etat qui a de très bons textes mais dont l’application pose problème. Les formations politiques sont encore fortement dominées par les pratiques d’exclusion de la femme qui avaient cours dans nos sociétés traditionnelles et pendant la période précoloniale.
Or, de la même façon qu’ils comptent sur les femmes pour mobiliser et faire passer leurs messages aux populations  souvent considérées comme plus crédibles, ils pourraient utiliser cet atout pour gagner en légitimité.
De plus, au lieu de cloisonner la femme à un « rôle mineur » au sein des formations politiques, il gagnerait à profiter de leur dynamisme pour les mettre au cœur de l’action politique.
Au niveau religieux, considérés par plusieurs comme les « gardiens de la morale et de la paix » au sein de la société, les religieux ont donc la responsabilité de veiller à la cohésion sociale ; car ils jouissent de l’estime et de la considération du peuple et des politiques.
Ceci dit, la bonne interprétation des versets sur lesquels s’appuient certains leaders religieux pour exclure la femme de la chose politique doit être faite. Il faut donc, de toute urgence, lutter contre ces croyances négatives qui limitent ainsi l’exploitation du potentiel que Dieu a placé en la femme dans toutes les religions.
S’agissant des femmes engagées en politique, il faut simplement tenir ferme et garder la vision car pour tout changement politique, la femme a toujours joué un rôle majeur dans l’histoire. Conscientes de l’environnement dans lequel elles évoluent et des défis auxquels elles font face, il est nécessaire qu’elles se mettent ensemble pour être mieux entendues. En travaillant de façon solidaire et non en rangs dispersés, elles auront une meilleure occasion de mettre leur talent à profit et seront reconsidérées. Aussi, elles ne doivent jamais perdre de vue le fait que les jeunes aspirantes en politique ont les yeux rivés sur elles ; donc elles doivent être irréprochables.
Contrairement aux femmes déjà engagées en politique qui ont plus d’expériences et rencontrent d’autres types de résistances, en plus d’être inexpérimentées, les jeunes aspirantes en politique font face aux harcèlements sexuels du fait de leur jeunesse car c’est ce qui leur est présenté comme moyen de réussite en politique.
Ayant moi-même fait l’expérience de cette situation lorsque j’étais en année de Licence à l’Université de Yaoundé II en 2005 ; il s’agissait d’élire la présidente ou le président de la Faculté des Sciences Juridiques et Politiques. Un responsable de la commission qui organisait les élections m’avait clairement dit qu’il n’est pas possible que je gagne car disait-il «Bien que tu aies le meilleur plan d’action, tu ne pourras pas gagner car tu n’es pas manipulable, et tu parles en regardant droit dans les yeux. Tu es trop droit ». J’avais 22ans et je fus longuement choquée de savoir à quel point la réussite de la femme est si différente de celle de l’homme. Comme il me l’avait dit je suis arrivée 2ème à l’élection ; mais j’avais vécu une expérience qui marqua ma vie de telle sorte que je me dis toujours « Quand on est une femme, on doit travailler deux fois plus que les hommes pour se faire accepter et respecter ».
De plus, c’est la détermination, le courage de dire non aux propositions indécentes qui feront la différence avec le système déjà en place.
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3 réflexions sur “GENRE ET PARTICIPATION POLITIQUE EN AFRIQUE : Who run the world ? G.I.R.L.S !

  1. Excellente idée et initiative de poster cet article. Ceci dénonce bien la réalité en Afrique et surtout montre l’aspiration de la femme africaine à un meilleur avenir.

  2. J’ai rédigé cet article non pas seulement pour dénoncer la considération de la femme au sein de nos sociétés africaines, mais aussi pour encourager celles dont « ils » ont tué les reves à se reveiller à dire « Maintenant ça suffit, il faut que ça change! ». Courage à toutes et tous ceux qui prendont le courage d’agir positivement pour une société équilibrée.

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