Le titre m’a plu instantanément, sans parler de la couverture, qui montre une jeune femme qui toise New York et donne l’impression de connaître par coeur cette ville tentaculaire …

Là où « Rien n’est trop beau », de Rona Jaffe, puisque c’est de cet ouvrage qu’il s’agit, diffère d’un banal et énième opus de chick lit’, c’est que c’en est en quelque sorte l’ancêtre. La genèse. Premier du genre, si vous préférez. 

Ecrit dans les années 50, il raconte le parcours de quatre filles arrivées à New-York comme on monte à Paris, pour faire leur vie. Si le style, un peu désuet, n’a absolument rien de « Franzien »,  ce bouquin est pourtant un page-turner comme on les aime. On s’attache à Caroline, Barbara, April ou Gregg. Leur naïveté, leur désir d’émancipation, en fait les pionnières d’un féminisme non encore revendiqué mais bien réel. Dans ces années là, le simple fait de décider de travailler avant de passer par la case mariage était en soi un acte politique.
Sauf que …
Sauf que ces héroines, à l’instar de tous les personnages féminins secondaires, n’ont malgré tout qu’une seule idée en tête : trouver le mari (idéal) qui les libérera du joug de leurs patrons et les fera entrer dans le rang des femmes respectables qui n’ont pour seule préoccupation que de « pondre » des enfants et d’assortir les rideaux du salon au canapé. J’ai plutôt lu cet ouvrage comme un documentaire et de ce que j’ai compris de l’avant-propos, c’était un peu l’enjeu du livre, le premier jamais écrit sur ces abeilles travailleuses, payées au lance-pierre sans réelle perspective d’évolution autre que celle de devenir secrétaire en chef. Ce qui peut rendre assez compréhensible l’aspiration au mariage.
Il y a du Mad Men dans les dialogues et les descriptions, il y a quelque chose des nouvelles d’Edith Wharton aussi. Il y a un embryon de ce qu’on verra des années plus tard dans des séries comme Sex and the city. Complicités féminines, alcool à gogo, coucheries … Mais il y a surtout ce poids du regard de l’homme, cet enfermement des femmes, contraintes souvent  à céder aux avances de leurs patrons sous peine d’être virées, gentiment invitées aussi à se faire avorter et en silence s’il vous plait.
C’est amusant, parce que ce qui ne se présente donc que comme un bouquin sans prétention – et qui fut un best seller incroyable à l’époque – est en réalité une peinture romancée mais je pense très réaliste malgré tout de la société new-yorkaise des années 50. 
Reste à savoir dans quelle mesure tout cela a-t-il vraiment évolué. Je suis de celles qui se revendiquent féministes, convaincue que l’indépendance financière est un gage de liberté non négociable. Pourtant, force est de reconnaître et d’observer que tout le monde ne partage pas cette conception. Peut-être parce que rien n’est fait pour permettre aux femmes, toutes les femmes, pas uniquement les bac +5, de s’épanouir à l’extérieur du foyer. Rien n’est fait pour encourager les mères de famille à conserver une activité, quand grossesse rime avec placard et petite enfance avec couches culotte, tétées et veillées nocturnes …
Un livre à lire (par toutes les femmes qui se disent un chouya « modernes ») !!
Bonne lecture ^^
NFK
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