ImageCes temps – ci, je suis en plein dans ma phase littérature africaine

Je ne lis que ça !

Ayant estimé que j’ai lu mon quota de littérature européenne et étrangère, bien que de temps en temps je m’accorde quelques écarts, je suis résolument persuadée que j’ai un énorme gap à rattraper dans le domaine de la littérature du continent noir, et je m’y emploie autant que faire se peut …

Ce que j’apprécie en lisant les ouvrages d’auteurs c’est qu’ils ont une manière d’écrire qui leur est propre, une littérature imagée, qui fait voyager, baroque, et dans une moindre mesure … lyrique !

Sembène Ousmane disait que « Si nous sommes pour la modernité, cela ne veut pas dire que nous avons renoncé à notre africanité … »

C’est justement de ce même Sembène Ousmane et d’une de ses oeuvres – phares qu’il s’agira dans ce post : Xala.

Comme toujours lorsque je lis un auteur, j’essaie d’en savoir un peu plus sur lui, son vécu, son histoire, ses oeuvres … Il est vrai que comme tout Sénégalaise qui se respecte, ou même Africaine, car Sembène Ousmane a depuis belle lurette dépassé la sphère spatio – temporelle sénégalaise, je connais quelques – uns de ses livres et films, notamment Ô pays mon beau peuple, Les bouts de bois de Dieu, Le mandat, Gelwaar, Camp de Thiaroye … Oeuvres qui, chacun, traite d’une thématique bien donnée, et est une incitation au questionnement, à la réflexion.

Je peux citer à cet effet l’excellentissime Gelwaar, qui est un extraordinaire pamphlet sur le chaos moral, religieux et administratif de l’Afrique de notre époque, à travers l’aide au développement et l’asservissement dans lequel est plongé le vieux continent …

Et ce qui m’a frappée le plus chez Mr Sembène, c’est son côté autodidacte. N’ayant connu dans sa jeunesse que l’école coranique et l’école française, il sera par la suite mobilisé comme tirailleur de l’armée française durant la 2e Guerre Mondiale. Au retour, ce ne seront que petits boulots : mécano, maçon, ouvrier, puis docker pendant une dizaine d’années au port de Marseille. Et par la suite, songeant à embrasser une carrière de scénariste, il s’inscrit dans une école de cinéma à Moscou.

Entre autres livres achetés cette semaine, je me suis procuré Xala.

Je l’ai lu d’un trait. Acheté samedi, lundi j’avais achevé de le lire. L’histoire m’a captivée mais de plus, l’intrigue développée dans cet ouvrage est fort bien ficelée. Jamais roman n’aura dessiné avec autant de justesse les contours de la société sénégalaise …

El Hadj Abdou Kader Bèye, faisant partie de ce que l’on appelait à l’époque la haute société sénégalaise, jouit d’un prestige certain : il dispose d’un magasin, appellation pompeuse pour ce qui n’est en réalité qu’un comptoir commercial, jouit d’un train de vie aussi extravagant qu’ostentatoire, avec deux épouses à son actif, onze enfants, et un parc automobile fort bien fourni.

L’histoire aborde un point culminant avec un troisième mariage de Abdou Kader Bèye avec une jeune fille, qui pourrait être sa fille et répondant au doux prénom de NGoné. Ses amis du  » Cercle des Hommes d’Affaires  » l’envient, car il va  » consommer  » une vierge et ainsi s’accorder une seconde jeunesse.

ImageAu moment de  » consommer « , El Hadj se rend compte avec horreur qu’il ne peut pas : il a le Xala ! Comment? Pourquoi? Commence alors une épuisante spirale de suspicion, de tournées chez les plus puissants marabouts qui ont pour seules prérogatives de lui (re) donner sa virilité, gage de sa toute puissance …

En réalité, cette histoire d’impuissance est de loin l’affaire des deux  » jeunes » mariés. Tout un circuit est élaboré par l’esprit torturé du sieur Bèye, qui reconstitue tous les événements ayant eu lieu et qui auraient pu conduire à cette infortune passagère.

Alors qu’El Hadji Abdou Kader Beye s’interroge désespérément sur les raisons de son impotence, il en vient à soupçonner tous les membres de son entourage et engage des sommes astronomiques pour payer marabouts et autres guérisseurs afin de le débarrasser de cette malédiction.

Si cet homme a manifestement noyé ses actions d’autrefois dans une vie luxueuse de parvenu, ce n’est certainement pas le cas de celui ou celle qui cherche à le punir par ce mauvais sort. Il lui faudra donc prêter une oreille particulièrement attentive afin de l’identifier. C’est dans cette aventure déroutante qu’Ousmane Sembène invite le lecteur.

Bonne lecture

NFK

 

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