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Baye Pène

ImageIl est de ces artistes dont les oeuvres (musicales) sont inter – générationnelles … D’une génération à une autre, lesdites oeuvres ne prennent pas une ride, éveillent, (ré) éduquent, surtout chez les jeunes, frange la plus vulnérable de toute population … En un mot, décennie après décennie, les oeuvres musicales d’un  » réel  » artiste s’actualisent et sont plus que jamais d’actualité …

Le nom de son groupe n’aurait pu être mieux choisi : le Super Diamono … Signifiant littéralement époque en ouolof, ce nom vient corroborer les propos que j’ai tenus plus haut …

J’ai été très tôt initiée à la musique de Omar Pène … Mes grands frères étant de grands fans du Super Diamono, mes jeunes oreilles étaient accoutumées à écouter les merveilleuses sonorités distillées par le groupe de Baye Pène.

Si je peux donner un avis de novice, je puis dire que ce qui a fait le succès national et international de Omar Pène, c’est sa constance, son incroyable énergie, mais aussi son inestimable engagement envers des causes nobles à souhait : lutte contre la pauvreté, contre les maladies qui tuent en Afrique (malaria, choléra, tuberculose …), sa foi inébranlable en ce continent tant spolié et pillé, les phénomènes de société telles que les agressions, les enfants de la rue, le chômage chez les jeunes, l’exhortation aux études …

Pas étonnant en ce cas que la jeunesse l’ait affublé du sobriquet de Baye Pène, à savoir Papa Pène …

Souvent, quand on me demande pourquoi j’aime la musique de Omar Pène, dont la majeure partie du répertoire précède fortement ma naissance, je réponds que c’est parce qu’il chante … avec le coeur et que ça se sent ! Explication tirée par les cheveux pour certains, mais je n’en ai pas d’autre … Sans exagérer aucunement, voir Omar Pène chanter Wudjou Yaay (la chanson sur la co – épouse de sa mère qui l’a tant maltraité) transpire le vécu et renseigne éloquemment sur la grandeur d’âme de l’artiste …

ImageJ’ai toujours souhaité écrire un article sur Omar Pène, mais je ne savais jamais par où commencer, car il y a tant à dire sur cette sommité de la musique sénégalaise et africaine … L’album anniversaire de ses 40 ans de carrière m’en a donné l’occasion. 40 ans ! Ni 10 ans, 20 encore, et encore moins 30 ans, mais quatre décennies !

Cet album, véritable voyage dans le temps, est un véritable joyau, car Baye Pène nous montre (encore une fois) l’immensité de son talent et souligne en outre que le temps n’a aucune espèce d’emprise sur lui …

Tracklist :

* Ada : cheville ouvrière du Super Diamono à l’époque, Adama Faye est un génie créateur qui a mis sur fonds baptismaux le Super Diamono. Cette chanson lui rend un vibrant hommage, à travers l’appui qu’il a apporté à un Omar Pène débutant dans la musique. Les séances de répétition en sont l’illustration parfaite …

* Rose : une magnifique chanson dédiée à Rose, une compagne de longue date de Baye Pène, à laquelle on a greffé l’une des plus célèbres chansons de Baye Pène, Agresseurs, dans laquelle il exhorte les jeunes à aller travailler et cesser de s’adonner aux agressions …

* Toureundo : dans ce morceau, Omar Pène chante son homonyme, qui porte donc son nom et avec lequel il partage de nobles traits de caractère …

* Cheikh Anta : on ne présente plus Cheikh Anta Diop. Chercheur, anthropologue, égyptologue et scientifique internationalement (re)connu, il a oeuvré sa vie durant à faire rayonner la  » race  » noire de par ses brillantissimes thèses … En outre, la principale université de Dakar porte son nom.

Mais depuis de nombreuses années, ce temple du savoir est le théâtre de manifestations et grèves en tout genre : Funiouy déém di outi xél kénn waroufa sandi khér !

ImageLe message est clair …

* Yoonwi : chaque individu doit s’efforcer de choisir sa voie et y exceller, de façon à prendre en main sa destinée …

* Baïla : ma chanson préférée de l’album …

A l’instar de Adama Faye, Omar Pène rend un vibrant et émouvant hommage dans cette chanson à Baïla Diagne, celui qui, en 1972, a initié le jeune Omar Pène à la musique et a fait de lui ce qu’il est présentement …

Sur fond d’une superbe mélodie, Omar Pène retrace son (brillant et riche) parcours de 1972 à nos jours …

Warou : là, Omar Pène remixe une ancienne chanson, Warou, dans laquelle il fait le round – up de la situation du continent : Liberia, Angola, Somalie, Ethiopie, Liban, Palestine, Bosnie …

Ce qui rend magnifique cette version 2013 de Warou, c’est qu’il y rend hommage à ses compagnons, les ténors, qui comme lui, ont bourlingué pour se hisser au faîte de la musique sénégalaise : Baaba Maal, Youssou N’Dour, Thione Seck, Ismaël Lô … Sans oublier Didier Awadi …

Fan : l’Afsud (l’Association des Fans du Super Diamono) abat un travail remarquable autour de leur passion pour le Diamono et ils sont à l’honneur dans cette chanson …

* Woma djéguéla : hymne à l’amour, sensuel et poétique, il appelle sa dulcinée à se rapprocher de lui pour que triomphe leur amour …

* Mouride : une ancienne chanson aussi remise au goût du jour, Mouride parle des hauts faits du fondateur de l’idéologie du Mouride, à savoir Cheikh Ahmadou Bamba …

Au terme de cet article dans lequel j’ai mis toutes mes tripes (littéralement), car il m’a fallu quantité de brouillons pour en arriver au bout, je vous souhaite une agréable lecture !

Love

NFK

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Pleure, O Noir Frère bien-aimé

ImagePoésie de Patrice LUMUMBA.

O Noir, bétail humain depuis des millénaires
Tes cendres s’éparpillent à tous les vents du ciel
Et tu bâtis jadis les temples funéraires
Où dorment les bourreaux d’un sommeil éternel.
Poursuivi et traqué, chassé de tes villages,
Vaincu en des batailles où la loi du plus fort,
En ces siècles barbares de rapt et de carnage,
Signifiait pour toi l’esclavage ou la mort,
Tu t’étais réfugié en ces forêts profondes
Où l’autre mort guettait sous son masque fiévreux
Sous la dent du félin, ou dans l’étreinte immonde
Et froide du serpent, t’écrasant peu à peu.
Et puis s’en vint le Blanc, plus sournois, plus rusé et rapace
Qui échangeait ton or pour de la pacotille,
Violentant tes femmes, enivrant tes guerriers,
Parquant en ses vaisseaux tes garçons et tes filles.
Le tam-tam bourdonnait de village en village
Portant au loin le deuil, semant le désarroi,
Disant le grand départ pour les lointains rivages
Où le coton est Dieu et le dollar Roi
Condamné au travail forcé, tel une bête de somme
De l’aube au crépuscule sous un soleil de feu
Pour te faire oublier que tu étais un homme
On t’apprit à chanter les louanges de Dieu.
Et ces divers cantiques, en rythmant ton calvaire
Te donnaient l’espoir en un monde meilleur…
Mais en ton cœur de créature humaine, tu ne demandais guère
Que ton droit à la vie et ta part de bonheur.
Assis autour du feu, les yeux pleins de rêve et d’angoisse
Chantant des mélopées qui disaient ton cafard
Parfois joyeux aussi, lorsque montait la sève
Tu dansais, éperdu, dans la moiteur du soir.
Et c’est là que jaillit, magnifique,
Sensuelle et virile comme une voix d’airain
Issue de ta douleur, ta puissante musique,
Le jazz, aujourd’hui admiré dans le monde
En forçant le respect de l’homme blanc,
En lui disant tout haut que dorénavant,
Ce pays n’est plus le sien comme aux vieux temps.
Tu as permis ainsi à tes frères de race
De relever la tête et de regarder en face
L’avenir heureux que promet la délivrance.
Les rives du grand fleuve, pleines de promesses
Sont désormais tiennes.
Cette terre et toutes ses richesses
Sont désormais tiennes.
Et là haut, le soleil de feu dans un ciel sans couleur,
De sa chaleur étouffera ta douleur
Ses rayons brûlants sécheront pour toujours
La larme qu’ont coulée tes ancêtres,
Martyrisés par leurs tyranniques maîtres,
Sur ce sol que tu chéris toujours.
Et tu feras du Congo, une nation libre et heureuse,
Au centre de cette gigantesque Afrique Noire.

Patrice Lumumba

Cette poésie de Lumumba a été publiée par le journal INDEPENDANCE, organe du M.N.C., en septembre 1959.

Cf. La pensée politique de Patrice LUMUMBA, textes et documents recueillis par Jean VAN LIERDE, Présence Africaine, 1963, p. 69-70

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Awadi : Présidents d’Afrique

Mieux vaut tard que jamais …

ImageAujourd’hui, j’ai (enfin) reçu et écouté l’album de Didier Awadi, Présidents d’Afrique. Et dire que l’album est sorti en 2010 ! On me taxera à coup sûr de has been ou encore d’arriérée, mais je persiste à croire que les bonnes choses durent toujours (dans le temps) et qu’en matière de musique, les vieux albums sont toujours les meilleurs, surtout si les thèmes qui y sont développés sont encore et toujours d’actualité …

Et c’est assurément le cas avec Présidents d’Afrique … L’album est donc sorti en 2010 … 2010 est une année repère en Afrique, car la plupart des pays africains, du Cap au Caire, ayant accédé à la souveraineté nationale, l’année 2010 marque le 50e anniversaire de ces « indépendances » …

L’album constitue pour ainsi dire une mise en musique de différents discours des pères de l’indépendance, qui se sont battus pour que leurs pays brisent les chaînes de l’asservissement, de la soumission et du colonialisme, mais aussi ont toujours cru aux potentialités du peuple noir à travers l’entraide, l’unité et surtout la foi en nous : Thomas Sankara (encore et toujours), Nasser, Nelson Mandela « Madiba », Modibo Keïta, Cheikh Anta Diop, Julius Nyerere, Patrice Lumumba, Frantz Fanon, Amilcar Cabral, Norbert Zongo …

Pour la jeune novice que je suis, je dirais que Présidents d’Afrique est non seulement un album fort enrichissant, mais aussi un livre d’histoire qui me permet d’en savoir un peu plus sur ce continent qui m’est (nous) si cher …

Tracklist :

*Dans mon rêve : avec en fond sonore les voix combinées de Martin Luther King (lors de son mémorable discours du 28 Août 1963 devant le Lincoln Memorial) et celle d’Obama (lors de sa nomination en tant que Président des USA), cette chanson est un hymne à l’espoir …

Le fameux « Yes We Can », célèbre phrase de Obama, revient de nombreuses fois dans le chorus. Une façon de nous exorter à y croire, encore et toujours et à nous battre pour le renouveau de la terre – mère.

Comme le dit Awadi : « le rêve est réel, l’utopie est le rêve » … Les sabars du célèbre percussionniste Doudou NDiaye Rose se mêlent harmonieusement au flow saccadé de Awadi, pour le délice de nos oreilles …

*Comme Nasser : Comme Gamal Abdel Nasser, l’une des figures les plus influentes du monde arabe du XXe siècle, à travers la lutte anti – impérialiste et le refus de courber l’échine devant l’Occident, nous devons nationaliser nos affaires et nous radicaliser …

A l’image de ce qu’il convient d’appeler la « crise du Canal de Suez », nous devons nationaliser nos richesses telles que l’uranium et le pétrole, afin que cessent les tragédies et que nos dirigeants soient à même de prendre les décisions qu’il faut …

*Amandla : apImagerès vingt – sept années passées sous les verrons, Nelson Mandela est libéré 11 Février 1990, et devient ainsi le héros de toute une nation … Un des grands apôtres de la lutte anti – apartheid, la ségrégation raciale qui prévalait en Afrique du Sud, il sera élu premier Président noir de son pays en 1994, et entre ainsi dans l’Histoire.

Sur fond de musique zoulou, cette chanson prône l’unité et la reconnaissance de tout un chacun en tant qu’entité totalitaire, et non en tant que groupuscules dominateurs.

Together as one … The Lord gave the world to all, and no to one !

Tout un symbole …

*Woye : We don’t wanna suffer anymore, we just wanna eat so more ! Partout dans la rue, on tend la main, on veut du pain, on crie woye !

Les populations (africaines) crient leur ras le bol face à leurs conditions de vie dramatiques, une vie de galère et de misère, les flambées du prix de première nécessité, et le Gouvernement ne comprend pas !

De Douala, en passant par Ouaga, Niamal, le Caire, Jo’Burg, Dakar, le cri est le même : il faut que ça cesse !

La voix off de Thomas Sankara nous exhorte à continuer le combat et de bannir à jamais les normes capitalistiques du système que l’on nous impose éhontément !

La patrie ou la mort … Nous vaincrons !

Image*Roots : you can hate Africa, but not hating yourself !

Dans cette chanson, Awadi fait face à ces aliénés, ces complexes qui veulent “effacer” leur appurtenance à la race noire, et veulent, a contrario, du modèle caucasien : couleur de peau, coiffures …

Nous devons être fiers de nos racines, de nos « roots » sous peine d’être les derniers : nitt bu nioul binga doone, nangoul linga doone, li bone mooy nga bok thi gnii mudjé !

La voix off de Malcolm X, autre défenseur de la couleur noire, en est l’illustration parfaite …

*Freedom : la liberté …

Haïti, la Martinique, la Guadeloupe … Ces peuples opprimés, opprimés, qui doivent briser les chaînes et lever la tête pour des lendemains meilleurs …

Aimé Césaire, grand chantre de la négritude, Toussaint Louverture, le Roi Christophe, sont autant de modèles dont nous devons nous inspirer …

Lève le poing missié et crie freedom !

*We must unite : l’Afrique n’est pas démunie, mais seulement désunie … L’Afrique n’est pas pauvre, tous les jours on l’appauvrit … L’Afrique n’est pas laide, sous nos yeux on l’enlaidit …

Kwame Nkrumah, père de l’indépendance du Ghana, n’a eu de cesse d’en faire sa lutte toute sa vie durant … Awadi chante un espace unique, des partenariats uniques (sud – sud au lieu de nord – sud), une monnaie unique, pour des Etats – Unis d’Afrique …

*Uhuru : Joma Kenyatta, homme politique kenyan est le père de la nation kenyane et à ce titre, a fait de la lutte contre l’asservissement son cheval de bataille …

Une de ces citations relatant les activités de l’empire colonial britannique est restée célèbre : « Ils avaient la Bible et nous la terre. Ils nous ont appris à prier les yeux fermés. Quand nous les avons ouverts, nous avions la Bible et eux la terre ».

*On n’a plus le choix : on n’a plus le choix, Modibo nous met d’accord !

Cette chanson a une double portée selon moi : chanter les louanges de Modibo Keïta, grand chantre de la lutte anti – impérialiste, pionnier du non – alignement et père de l’indépendance du Mali, mais aussi faire prendre conscience à tout Africain digne de ce nom que nous n’avons plus le choix et que l’avenir de l’Afrique se construit … maintenant !

Image*Oser inventer l’avenir : la devise de Thomas Sankara, grand révolutionnaire devant l’Eternel, initiateur de la Révolution au Burkina Faso et amoureux de l’Afrique, au point d’avoir été le visionnaire et le combattant de toutes formes d’inégalités et d’exactions, à travers son programme qui voulait radicaliser la vision de l’Afrique qu’avaient les autres, et ainsi montrer que les élites aliénées ne peuvent aucunement nous gouverner !

*Une seule origine : Cheikh Anta Diop, égyptologue, anthropologue, historien sénégalais n’a eu de cesse de défendre sa thèse qui consistait à dire que l’Afrique Noire est le berceau de l’humanité … Thèse contestée cela va sans dire … Mais il défend mordicus que l’histoire a été falsifiée, et les générateurs occidentaux en sont coupables !

Toutankhamon, jusque Ramsès II, autant d’ancêtres qui nous ont balisé la voie et à partir de là, nous devons savoir que tout passe par nous et l’Afrique doit savoir qu’elle est en possession de TOUT !

*We are also praying : Juliuys Nyerere, l’un des principaux représentants du socialism africain et défenseur ardent du panafricanisme, est un homme politique tanzanien …

Il fut le Président de ce pays, et revendique ardemment l’unité africaine : « Sans unité, les peuples d’Afrique n’ont pas de futur, sauf comme perpétuelles et faibles victimes de l’impérialisme et de l’exploitation ».

*Ensemble : Patrice Lumumba, homme politique congolais, a fait de son cheval de bataille l’unité du Congo, quand celui – ci accéda à la souverainté, la lutte, le respect des engagements …

Avec la fin tragique qui fut la sienne, la question se pose encore et toujours de l’unité et du renouveau du Congo, pays victime de sa richesse …

Tout ne peut se faire qu’ensemble : travailler, bâtir, se donner la main …

*Samora : a luta continua ! Samora Machel est un homme politique mozambiquain et premier Président de la République populaire du Mozambique …

Comme ses pairs à travers le continent, la lutte pour rehausser son pays sur les hautes sphères de la démocratie et de l’émergence a été son cheval de bataille …

*La patrie ou la mort : vivre Africains, c’est la seule façon de vivre libres … C’est la seule façon de vivre dignes …

En duo avec l’excellent Smockey, dont le flow d’une rare finesse n’a d’égal que l’engagement pour une Afrique unie et prospère, cette chanson, en plus d’être un hommage au Capitaine Noël Isidore Thomas Sankara, est un superbe tracé du parcours et de l’idéologie de Sankara …

Image*Non : Sékou Touré, premier Président de la République de Guinée, martelait toujours qu’il préférait la pauvreté dans la liberté que la richesse dans l’esclavage …

Résistant, dont l’héritage a été quelque peu controversé, car mis à mal dans une tentativ de « diabolisation » de la part de l’Occident, il s’est toujours évertué à dire non de manière catégorique à tout aménagement d’un régime colonial et à tout esprit paternaliste …

*Cabral : Amilcar Cabral, Abel Djassi de son surnom, est l’un des meneurs de la lutte indépendantiste en Afrique lusophone, occidentale, mais aussi astrale …

Comme ses pairs, il a porté à bout de bras les valeurs africaines et en a fait un mode de vie …

*Ce qui nous lie : Yandé Codou Sène, grande cantatrice sérère, griotte attitrée de feu le Président Senghor, accompagne Awadi dans ce sublime morceau …

Ce qui nous lie est au – delà de l’histoire, dixit le Président – poète …

Ce qui nous lie est antérieur à la colonisation, et est cette communauté culturelle appelée l’africanité …

*Racisme : le racisme, ce mal qui gangrène notre époque, est le fruit de l’ignorance …

Tout au long de la chanson, Awadi retrace les déclarations erronées de ceux qui font preuve de racisme et croient, à tort, en savoir plus que les autres.

Frantz Fanon nous en dépeint quelques et nous montre à quel point le racisme est latent …

*Le silence des gens bien : la pire des choses, ce n’est pas la méchanceté des gens mauvais, mais le silence des gens bien … On ne donne pas la parole à quelqu’un, mais on l’arrache …

Tout au long de la chanson, Norbert Zongo, journaliste engagé, panafricaniste, aux prises de positions fort osées, fait une critique sévère de cette puissance coloniale qu’est la France qui veut, selon elle, notre « bonheur » …

ImageL’esclave : l’esclave qui n’est pas capable d’assumer sa révolte, ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort …

Du Sankara, encore et toujours, pour boucler la boucle et ainsi nous (re) dire encore une fois que le salut de l’Afrique est entre nos mains !

Bonne lecture & chapeau l’artiste !

NFK

Jamdong Community – Jamm dong la !

ImageMa petite bulle, par ma voix, est une admiratrice de talents, quels qu’ils soient : musicaux, littéraires, ou dans d’autres domaines. Je trouve toujours magnifique que des personnes aient un don et tentent de faire fructifier celui – ci … Car il y a aussi une pléthore d’autres personnes qui ont des capacités et qui en font fi, pour ne pas dire que lesdites capacités sont laissées à l’abandon …

C’est ainsi que j’ai « découvert » de la Jamdong Community. Jamdong Community, késako? J’y viens, patience patience …

Comme je le disais plus haut, je suis une admirative de talent, et de plus une fan inconditionnelle de hip – hop, et quand celui – ci vient de mon cher pays, et de surcroît impulsé par des gens de ma génération, c’en est encore meilleur …

Dans ce post, vous l’avez compris, il sera question bien évidemment de hip – hop sénégalais. Ce qui fait la particularité du groupe dont je vais parler dans cet article, est que ce sont sept jeunes Sénégalais amoureux du rap (6 MCs et un beatmaker), et de la musique au sens large, qui ont décidé d’élever cette passion et d’en faire leur métier. Eux, c’est le collectif JamDong Community, traduction littérale de « la paix seulement » … Sept jeunes Sénégalais conscients, engagés, et qui font de leurs rimes l’arme la plus solide pour parler de ce qui leur tient à coeur …

Ils se nomment Elzo, Belzo-o, Kam, Mbarody, Mo Faya, Meuflow et le beatmaker Mister Thiere …

Le groupe est affilié au label indépendant Red Gold and Green Yard et compte à son actif 2 mixtapes intitulées « Red Alert » (2009) et « Gold Medal » (2012). En effet les termes RED et GOLD n’ont pas été choisis par hasard puisque la troisième tape de JAMDONG etst la conclusion de la trilogie prévue depuis la naissance du label prévue fin 2013 et qui portera le nom de Green Peace.

Jamdong vient de la contraction des mots wolof « jamm » qui signie « la paix » et « dongg » qui se traduit par « seulement », donc JAMDONG peut être interprété en traduction littérale par « seulement la paix » ou « Only Peace » en anglais. Ce concept d’ambassadeurs de la paix caractérise l’univers du groupe qui est né de la fusion de jeunes amis passionnés par la musique et originaires du Sénégal, l’un des pays reconnus parmi les plus pacifiques au monde, qui se sont retrouvés en France (à l’exception de Belzo-o qui lui, vit aux Etats-Unis dans le Kansas) dans le cadre de leurs études. Ainsi l’expression « Jamm dongg lë »  (« que pour la paix », « It’s all about peace ») qui n’était qu’une phrase prononcée entre amis pour dire bonjour, au revoir ou bienvenue est aujourd’hui devenu un concept riche auquel de nombreux jeunes s’identifient.

Les textes sont en wolof, français, anglais et même en espagnol et la musique a une base hip hop mais l’influence d’autres genres (Reggae, Soul, Electro etc.) fait que JAMDONG a une musique assez singulière et originale. Cette ouverture à des styles variés, le multilinguisme et le choix de porter des messages « positifs » font de Jamdong Community un groupe à la fois engagé et polyvalent, mais surtout au style ultra moderne. De nombreux jeux de mots avec « Jam » (du patois jamaïcain, qui veut dire profiter, « chiller », faire la fête…) ont été faits pour montrer les influences reggae du groupe et son univers « irie » tout en rendant hommage à Bob Marley qui a fait connaître ce terme mondialement via son titre « Jammin’ »). Parmi ces expressions, celles qui reviennent le plus sont : Jam side, JamKia Connecting People, ou encore The J-sign (Peace-sign version JAMDONG : au lieu des 2 doigts en l’air en forme de V, c’est l’annulaire et le pouce en forme de J).

ImageConscients du fait que l’union fait la force et que pour avoir la paix il faut se préparer à la guerre, les « frères Jamdong » se revendiquent alors eux-mêmes « Soldats de la Paix » ou encore « Peaceful Fighters ».

Une des particularités du groupe et qui aussi une des plus importantes à souligner est que les membres ne vivent pas dans la même ville. En effet Belzo-o vit aux Etats-Unis, Mo Faya, Kam et Elzo habitent à Lille et Mbarody et Mister Thiere eux évoluent à Paris mais cela n’empêche en rien l’aboutissement de leurs projets. Malgré la distance géographique, le travail s’effectue grâce à l’organisation de retrouvailles bien planifiées entre Lille, Paris et Dakar et Internet qui  permet aux membres de l’équipe de se faire parvenir instrumentaux, et prises de voix et de vue.

Le concept Kulkuland vient de « Cool-Cool Land », le nom donné au premier home studio aménagé par les acolytes à Lille et renvoie à l’image de la « maison », le foyer que les membres de Jamdong partagent vu qu’ils sont plus que des amis mais des « frères ».

Jamdong Community, c’est avant tout une histoire de « famille » donc de polyvalence, de complicité et de vision commune.

Ma petite bulle est partie à leur rencontre, histoire d’en savoir un peu plus sur ce groupe original et atypique.

Hello wa Jamdong. Avant d’aller au coeur de ce post, pourquoi le nom Jamdong?

JamDong est une contraction de deux mots wolofs : « Jamm » qui signife « paix » et « Dongg » qui se traduit par « seulement ».

Nous pensons que dans ce monde de trouble et désordre, la paix ne peut être que le seul besoin et devoir que tout homme se doit de satisfaire et honorer ! En quelque sorte, celui qui n’a pas la paix ne peut prétendre à s’épanouir ou s’exprimer. C’est pour cette raison que l’on a besoin de danser, chanter, penser, écrire, dessiner, filmer … Tout cela n’est que recherche de paix intérieure d’abord.

Quel rôle / place occupe chacun de vous dans le collectif?

Nous sommes 5 Six mc’s polyvalents (chanteurs, rappeurs).

ImageLe rap comme moyen d’expression … Comment en êtes – vous arrivés à former le collectif?

On fait tous de la musique depuis notre adolescence et on se fréquentait depuis le lycée et même le collège pour d’autres. En effet Meuflow, Kam et Belzo avait un groupe à l’époque, du nom de SDF. Mo Faya rappait aussi depuis le lycée, faisant partie d’un groupe nommé S.O.S; Elzo faisait partie d’un groupe qui s’appelait FIT. Mbarody était un breakeur reconnu à Dakar avec son crew de Fass. Mister Thiere, ancien rappeur aussi, est le plus expérimenté du groupe du fait de sa participation à des albums d’artistes connus et reconnus de la scène hip – hop sénégalaise comme Abass Abass, Simon …

Est – ce facile d’allier rap et activités estudiantines / professionnelles ?

La passion, c’est comme une drogue et nous ne sommes plus de petits consommateurs (rires).

C’est pour dire que nous avons déjà pris goût à cette drogue qu’est l’art et malgré nos différentes activités, nous y consacrons beaucoup de temps. De plus nous faisons partie de cette génération polyvalente dite  » Y «  qui a besoin de s’exprimer au-delà de la profession.

Aujourd’hui il est presque impossible de ne pas avoir son propre univers, à l’image de la nécessité même pour un citoyen lambda d’avoir sa propre page sur un ou plusieurs réseaux sociaux, par exemple de la même manière qu’il t’est indispensable d’avoir ta  » petite bulle «  où tu exprimes tes coups de cœur et partages tes émotions, c’est dans le même  » besoin «  que nous avons créé notre univers que nous partageons avec les mélomanes.

On essaie de faire en sorte que les activités professionnelles soient en phase avec nos aspirations et créations artistiques,à l’image de nos paroles  » ça vit et ça narre la vie et ses tares, jeunes étudiants blédards à coups de steak-pâtes chez moi pas de sauna «  dixit Meuflow. En effet, on entend par cela l’apport que les études ou les expériences professionnelles donnent a la réalisation de nos projets. On peut parler de complémentarité ou de suite logique : apprendre avant d’enseigner; vivre, endurer, subir avant de partager !

Quand on s’est retrouvés en France, à force de se retrouver dès que possible pour aller à des concerts, écrire des chansons, faire des enregistrements ou improviser des séances de freestyles, la formation du groupe s’est faite naturellement.

ImageVous avez à votre actif deux mixtapes et une minitape. Quels sont les autres projets?

La gold medal mixtape a fait passer un palier supplémentaire au groupe au niveau du Sénégal, ainsi qu’au niveau international car des remix avec des artistes reconnus sont en préparation ainsi que des partenariats importants. De nombreux clips arrivent pour accompagner la mixtape. Des concerts sont prévus cet été au Sénégal et une troisième mixtape en fin d’année. D’ailleurs ce n’est pas par hasard si la première mixtape s’est intitulée « red alert » et la seconde gold medal. La troisième tape s’appellera « green Peace »,en accord avec le concept redgoldgreen et le nom du label auquel on est affilié.

Comme autres actualités, nous pouvons citer la sortie du court métrage I’m a hater cette semaine, et Belzo-o qui sera en concert le 31 Mai au Dadjé (Dakar). Durant les mois de juin et juillet, on sortira quantité de nouveaux sons et nouvelles vidéos, car le niveau se doit d’être très très élevé! On ne risque pas d’y aller molo durant cette période comme ça on pourra se reposer pendant le ramadan en juillet inchAllah et faire les prières nécessaires pour que la Green soit accueillie dans les meilleures conditions!

Tenez vous prêts parce que 2013 is Jamdong Year !

Le dernier mot …

Jamm dongg lë, le premier et le dernier, en fait le seul mot reste JAMM. So more Jamm ak salam on you NFK !

Au terme de ce post doublé d’une mini – interview, je vous donne, chers lecteurs, quelques links à travers lesquels vous pourrez suivre ce magnifique crew qu’est la Jamdong Community et ainsi apprécier (à sa juste valeur) le travail titanesque qu’ils font …

– Chaîne youtube : http://www.youtube.com/user/redgoldandgreenyard

– Compte Spotify : http://open.spotify.com/artist/4U69ze3fqlEDZtTU35fugW

– Deezer : http://www.deezer.com/fr/artist/4322305

– Page Facebook : https://www.facebook.com/pages/jamdong-community/61321294816?id=61321294816&sk=app_57675755167

Everybody do the J Sign !

Bonne lecture !

NFK

Publié dans Réflexion

Pas que des mots …

On me dit toujours que ce ne sont que des mots

J’ai envie, aujourd’hui, de ne répondre que ce ne sont que des mots …

Ce ne sont pas que des mots.

ImageCes syllabes que je couche consciencieusement sur une feuille de papier, avant de les reporter à travers un écran, sont le fruit de réflexions et d’interrogations sur le monde qui m’entoure

Ce ne sont pas que des mots.

Ces réflexions conduisent à des analyses, qui prennent progressivement la forme de posts

Ce ne sont pas que des mots.

Ces posts en interprètent plus d’un, qui s’y retrouvent, s’y projettent, et un partage d’expérience s’en suit inexorablement

Ce ne sont pas que des mots.

Ils relatent des événements historico – temporels, qui deviennent intemporels au moyen de leur replacement dans leur contexte d’origine

Ce ne sont pas que des mots.Image

Ils sont souvent l’occasion de (re) faire connaissance avec des Hommes d’hier à aujourd’hui, qui doivent nous servir de références 

Ce ne sont pas que des mots.

Ils constituent l’arme la plus redoutable pour décrier injustices et exactions qui prévalent dans ce monde de brutes 

Alors assurément, ce ne SONT PAS QUE DES MOTS !

Bonne lecture !

NFK

Publié dans Réflexion

Parce que la cause est nôtre …

ImageIl est de ces hommes dont la vie aura été une somme d’enseignements …

De par leurs actions, leurs prises de position, leur témérité, voire même leur audace, ils auront marqué d’une pierre blanche leur passage sur terre et des décennies plus tard, les générations qui se suivent s’inspirent de leur parcours …

La chanson de 2 Pac The Good Die Young résume ma pensée, en ce sens que dans le refrain, le rappeur (qui a lui aussi disparu fort jeune) se pose la question de savoir pourquoi les plus jeunes partent plus jeune : Does anybody have an answer why
It seems the good die young?
Can anybody tell me why?

C’est le cas de quantité de leaders d’opinion de par le monde, abattus tous (ou presque) à cause de la cause qu’ils défendaient, et ont brandie celle – ci au péril de leur vie : Thomas Sankara, Patrice Lumumba, Martin Luther King … Je pourrais en citer une pléthore, car ils sont innombrables, ces « jeunes » révolutionnaires dont on nous vante le courage aujourd’hui …

On désigne par le sobriquet des 68 tards la génération d’étudiants, d’intellectuels qui se sont soulevés et dénonçaient les exactions perpétrées par les gouvernants, en France, mais aussi de par le monde … La génération des « bagnkaat » (ceux qui refusent) comme me le dit mon père, a pour point commun le refus de l’asservissement, tant du point de vue politique, que du point socio – économique, et même culturel …

Omar Blondin Diop fait partie de ces porte – étendards de la justice et de l’équité … Omar Blondin Diop … La première fois que j’ai entendu son nom, il ne m’évoquait rien, mais absolument rien … Me maudissant d’être si ignare, je me suis jetée sur internet pour essayer d’en savoir un peu plus. Avec l’aide de cet outil qui m’est si précieux dans ma petite vie, et aussi de celui que j’appelle mon encyclopédie préférée, à savoir mon père, j’ai « étudié » le personnage. On m’a aussi fait lire beaucoup d’articles le concernant, et j’ai été grandement bluffée … Bluffée par son courage, son opiniâtreté, mais aussi et surtout son refus de se conformer aux standards et carcans dans lesquels on voulait l’enfermer, afin de le mesurer … La première chose qui m’a frappée, est qu’il est mort à 26 ans … 26 ans ! Il avait mon âge ! Mais aussi l’âge de nombre de mes congénères … Si jeune et si engagé, ça forçait le respect ! Tous les articles que j’ai consultés étaient unanimes : mort dans les geôles, Omar Blondin Diop le martyr, l’intellectuel engagé, Omar n’est pas mort !

ImageQui était – il ? Omar Blondin Diop était un brillant Sénégalais, admis à la prestigieuse Ecole Normale Supérieure de Paris, agrégatif, philosophe, orateur hors pair, militant convaincu, il était « mal aimé » du Président de la République, à savoir Léopold Sédar Senghor.

Les raisons sont simples : il a très tôt pris part à la révolution qui secouait le régime de parti unique du Président Senghor, mais aussi à celle qui se passait au mythique Quartier Latin à Paris …

Le point d’orgue sera atteint lors de la visite du Président français Georges Pompidou à Dakar en 1971. Les étudiants, grands contestataires devant l’Eternel, vont s’insurger contre le régime politique qui ne leur donnait pas voix au chapitre à l’époque … Une répression sanglante s’ensuivra, ce qui augurera de l’arrestation de Omar Blondin Diop et son extradition sur Dakar, où il sera emprisonné à la prison de Gorée où il mourra …

Les versions diffèrent quant à sa mort : il se serait suicidé dans sa cellule selon la version officielle, assassiné, selon la version officieuse, la plus à croire, selon les compagnons d’infortune de Omar Blondin Diop …

Ce 11 Mai 2013 marque les 40 ans de la mort de ce martyr … Car pour la toute première fois, une cérémonie d’hommage (s) lui sera consacrée …

Tout un symbole !

Les leçons à retenir de la (jeune) vie de ce militant engagé sont plurielles : engagement, engagement et encore engagement … Nous, jeunes d’aujourd’hui, et de demain, devons faire de l’engagement un viatique, un combat de tous les instants, et dire non à l’asservissement, quel qu’il soit, pour des lendemains MEILLEURS !

Bonne lecture

NFK

Publié dans Music

A la découverte de Constance, une prodige de la chanson …

ImageElle, c’est Constance Thioub. Pour avoir été ma voisine de table en classe de 2nde, je peux dire que mes oreilles ont vibré une année scolaire durant au son de sa douce et mélodieuse voix … L’auditoire novice que nous constituions à l’époque était en admiration devant le potentiel que cette jeune demoiselle détenait et je peux dire, en toute sincérité, que nous étions toutes convaincues qu’elle irait loin dans la musique …

Toujours à griffonner quelques paroles de chanson sur ses cahiers, à transformer un air en une savoureuse mélodie, ou encore à reprendre merveilleusement des chansons qu’elle entendait, Constance et la musique, c’était (et c’est toujours) une grande histoire d’amour et de vocalises !

Alors, ce post est en son honneur. Appréciez, chers lecteurs de ma petite bulle …

– Hello Constance ! Peux –  tu te présenter aux lecteurs de ma petite bulle ?

Je m’appelle CONSTANCE THIOUB, et je suis Artiste Interprète, Auteur et Compositeur. Je suis née d’un père al pulhar et d’une mère cap  verdienne et j’ai grandi au Sénégal.

– Comment est apparu en toi l’amour de la musique?

J’ai grandi avec beaucoup de musique dans les oreilles. J’ai un père mélomane qui était fan de Van Morisson, Bruce Springsteen … en passant par tous les styles musicaux imaginables  et une mère qui aimait réunir de temps en temps du monde à la maison.

C’était donc souvent une occasion pour nous de faire la fête.  On dansait beaucoup, et mon père n’aimait rien tant qu’organiser des concours de danse pour nous occuper. Aujourd’hui, mon frère est danseur et moi je chante. Je pense donc que cette fibre artistique provient de mes parents qui ont su la nourrir et l’entretenir en nous.

ImageComment m’est apparu l’amour de la musique? C’est une question à laquelle j’ai toujours du mal à répondre. J’ai toujours chanté, car non seulement j’aime ça, mais aussi parce que c’est le meilleur moyen d’expression que j’ai trouvé pour me sentir exister, même si j’ai mis un temps fou à apprendre à aimer ma voix. Malgré les apparences, je suis d’une très grande timidité et c’est tous les jours un combat pour moi d’arriver à accepter le regard des autres sur moi.

– Comment définirais – tu ton style (musical)? D’où te vient l’inspiration?

Les gens m’ont connu dans du zouk, mais étant plus jeune, je ne chantais que de la variété française, ce qui m’a énormément aidée à travailler ma diction. Du Zouk, j’ai commencé à en faire quand j’ai rencontré Philippe Monteiro donc forcément, il fallait en avoir un peu dans les oreilles pour en connaître les codes.

Et n’oublions pas que ma mère étant capverdienne, elle en passait obligatoirement à la maison. Le plus absurde est que, si j’ai le choix, je n’en écoute pas dans ma vie de tous les jours. Il m’est insupportable d’être mise dans une case, parce que je ne chante pas que du ZOUK, je ne sais pas faire que ça, je raffole de bossa nova et de jazz, du Rnb et de musique acoustique. S’il ne tenait qu’à moi, je ferai un peu de tout, car c’est la musique que j’aime et non un style bien particulier.

C’est dommage qu’il faille choisir sous prétexte que l’on doit être casé quelque part. Je suis pour les mélanges, j’en suis la preuve, et ma musique je la ressens et la vois ainsi. Il n’y a qu’à écouter mon single du moment (Je pense à toi dont vous pourrez visionner le clip juste ici : http://www.youtube.com/watch?v=qWgYqW8wtsI), il est empreint de sonorités caribéennes, de pop, de

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Hip Hop … En somme, c’est une musique hybride car on est allé puiser un peu partout …

J’écris souvent quand je ne vais pas bien et dans ma salle de bain, car l’acoustique y est terrible. Il peut m’arriver de ne pas écrire pendant des mois, parce que je n’aie simplement rien à dire en ce moment – là ou je ne sais pas encore comment les dire. Il n’y a pas vraiment pas de recette, ça peut être une question de minutes, comme je peux mettre un temps fou à fignoler un texte, une mélodie.

J’aime aussi aller voir ailleurs, voir ce que d’autres ont à proposer, car j’ai une plume assez mélancolique. Ca me fait donc du bien d’avoir un peu d’optimisme et de soleil dans mes chansons, comme le titre Je pense à toi. Elle est pleine d’espoir et c’est d’ailleurs ça, mise à part la mélodie pour laquelle j’ai craqué a la première écoute, que je l’ai choisie parmi tant d’autres.


– Comment arrives – tu a concilier musique et vie de tous les jours?

Je me rappelle quand on était aux premières ébauches de l’album, il y a 3, 4 ans de cela, j’étais en même temps en cours. J’étais tout simplement un zombie, j’arrivais à l’école avec une mine patibulaire, des yeux gonflés et je dormais très souvent en classe. Le rythme était soutenu, mes séances de studio, quand elles avaient lieu, commençaient à 14h00 et on sortait vers 6h00 du matin. C’était exténuant, mais c’était passionnant.

Aujourd’hui ça va beaucoup mieux, car les grandes lignes ont été tracées, une grande partie des enregistrements bouclée. Quoique, aujourd’hui c’est une autre paire de manche, car il faut faire la promotion du titre et quelques prestations et interviews, sans compter la suite qui arrive.

– Un album en vue? De futures collaborations?

Oui quand même. Il serait temps … On peut, sans le vouloir ou selon l’envie du moment, changer de direction musicale, donc qui sait, il pourrait peut – être y avoir des collaborations futures de qualité.

 – Le dernier mot …

LA PERSÉVÉRANCE est mon maître mot.

Ca fait peur de ne pas avoir les réponses dont on a besoin pour avancer et de douter en permanence, parce qu’on ne sait pas si ça marchera ou pas. C’est juste la conviction et l’amour de ce que l’on fait qui donne un sens à notre passion.

Les désillusions sont nombreuses et amères et on attend constamment son tour. Alors oui je pense qu’a force de persévérance, et en y mettant du cœur, on s’affirme et on finit par maîtriser son art. Forcément, ça finit par payer !!

Merci NFK.

Bonne lecture (et musicalement vôtre !)

NFK