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Le Kurukan Fuga ou Charte du Mandé, première Déclaration des Droits de l’Homme …

090201050458446722Le continent africain regorge de ressources : naturelles, énergétiques, minières, mais aussi culturelles et historiques …

Chaque jour qui passe est une somme d’enseignements concernant la terre – mère, car j’apprends des choses que j’ignorais sur ce cher continent … Ne dit – on pas communément que l’Afrique est le berceau de l’humanité? Tel a été le cas pour le Kurukan Fuga

La première Déclaration des Droits de l’Homme est africaine …

En effet, exprimée en 1236 à Kurukan, Le Kurukan Fuga, ou Charte du Mandé, est la première déclaration des droits de l’homme. Cette Charte, dans l’optique d’asseoir pleinement le magistère de Soundjata Keïta, a été initiée par ses collaborateurs et lui – même, au lendemain de la victoire de Kirina sur les troupes de Soumaoro Kanté en 1236.
Elle s’est articulée autour d’un ensemble d’axes et de recommendations.
Kurukan Fuga, qui signifie littéralement « plaine sur une colline ». C’est dans cette contrée qu’en 1236, Soundjata Keïta réfléchit à une manière d’unifier tous les clans et tribus, après les territoires annexés lors de sa victoire face à Soumaoro Kanté.

C’est une Charte orale, mais d’une précision extrême. Autour d’une quarantaine de points, la Charte reprend quantité d’axes de la vie en communauté, notamment :

• Les « Nyamakalas », artisans connaissant la force du feu, de l’eau et de la parole (cordonniers, griots …) se doivent d’être les garants de la vie en société
• Les « Morikanda » (classes des marabouts) doivent être les maîtres et éducateurs en Islam. De ce fait, tout le monde leur doit respect et considération
• A la tête de chaque société, se trouve un patriarche en terme d’âge
• Les « Kangbé » se doivent d’être les intermédiaires entre les jeunes et les vieux, histoire d’arbitrer les conflits et ainsi d’éviter les conflits de génération
• Chacun a le droit de préserver son intégrité et sa vie
• La paresse et l’oisiveté doivent être bannis et ériger la prospérité en projet de vie par le biais des Konogben Wolo
• La famille Keïta est désignée famille régnante de l’Empire
• Tout un chacun peut jouir de l’autorité paternelle, même sur les enfants d’autrui

Les autres points portaient eux, sur le divorce, l’entraide dans une communauté, la préservation de la nature … Tout ceci afin d’instaurer une parfaite cohésion entre les choses et les êtres.

Avant l’avènement du héros Soundiata Keita, le Mali se trouvait dans une misère totale. L’individualisme, la pratique abusive de l’esclavage, avaient entraîné les peuples dans l’oisiveté.

Pour faire du Mali une grande entité économique et politique, Soundiata comprit qu’il fallait organiser la société, en donnant au « Mandékas » (peuple du Mali) une culture de travail. Pour cela, il convoqua les chefs des différents clans pour déterminer le droit mais aussi les devoirs de chacun. Ainsi les ordres des griots, des forgerons, des esclaves, des marabouts,… furent-ils institués ou renforcés. Les « Numu » seront commis à la production des outils d’agriculture, des armes, constituant ainsi la caste des forgerons.

A Kuru Kan Fuga, le travail fut tellement pris au sérieux qu’il apparaît, dans l’ordre des vertus, à la deuxième place, entre le savoir et la justice. D’où la devise « Kolon, Baara, Tilen » (savoir, travail, justice). Les Mandingues appellent cette devise les trois principes fondamentaux du progrès de l’homme.
Ainsi, en 1236 fût érigée la Constitution de l’empire du Mali, qui définit le statut et le rôle de chaque citoyen, au sein de la communauté, dans la paix et la concorde. Soundiata et ses généraux, chantés par les griots, sont restés vivants dans la culture malienne.

c-Atlas-catalan-empire_MaliEn définitive, la Charte de Kuru Kan Fuga enseigne qu’il n’existe pas d’autres alternatives pour le développement que le travail. Le travail y a été considéré comme une religion, un culte. Le Malien s’y est alors bien adapté.
Cette vertu fait de la charte de Kuru Kan Fuka un modèle.
Soundjata Keïta, en tant qu’initiateur de la Charte du Mandé, en est donc un personnage – clé.
En effet, la Charte, proclamée le jour de l’intronisation de Soundjata Keïta en tant qu’empereur du Mandé, est étroitement liée au règne dudit empereur …
Dans un souci d’unifier les troupes au lendemain de sa victoire à Kirina face à Soumaoro Kanté, Soundjata Keïta a réfléchi à un ensemble de textes et lois visant à harmoniser la vie de cette communauté ainsi élargie, car composée des nouveaux territoires annexés.
Au cours d’une soirée commémorant les hauts faits d’armes de Soundjata Keïta, nouvellement promu à la tête de l’empire du Mandé, les griots de la ville de Kankan déclamaient l’éloge de Soundjata Keïta et de certaines des décisions qu’il avait prises lors de l’assemblée du Kurukan Fuga : Soundjata Keïta avait pleinement réfléchi à la constitution d’un ensemble de textes représentatifs de la vie en communauté …
Malgré la « vieillesse » relative des articles de ladite Charte, celle – ci résonne encore aujourd’hui de par sa véracité …

Quelques extraits tels que « Chacun a le droit à la vie et à la préservation de son intégrité physique », « La vanité est le signe de la faiblesse et l’humilité le signe de la grandeur », « Ne faites jamais du tort aux étrangers » … sont plus que jamais d’actualité aujourd’hui, car ils campent pleinement la vie en communauté, en société, et donc entre êtres humains pleinement conscients de leur (s) liberté (s) …
Soundjata Keïta a donc eu une ingénieuse idée en mettant sur pied cette Charte, et des siècles après sa déclamation, celle – ci pourrait servir de repère historico – temporel aux générations contemporaines …

Bonne lecture ! L’histoire reste à réviser …

NFK

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Le Pharaon noir

Pour vous en dire un peu plus, vous lecteurs de ma petite bulle, le journaliste Moussa Diop, correspondant du journal le Soleil à Paris entre autres et féru d’histoire, éclaire un peu plus notre lanterne sur ce grand homme que fut Cheikh Anta Diop.

ImageCheikh Anta Diop … Que t’évoque ce grand homme ?

Tout d’abord je dois dire qu’après ma famille, c’est la personne qui a le plus participé à ma construction d’homme et ma construction intellectuelle, sans jamais l’avoir rencontré. Comme beaucoup de Sénégalais, je ne connaissais Cheikh Anta Diop que de nom. Depuis ma plus tendre enfance, j’ai toujours été féru de documentaires historiques et autres xew xewou demb. Ainsi Bac en poche, j’ai logiquement choisi d’aller en fac d’histoire. Et là, j’ai reçu une véritable claque en prenant connaissance, en cours d’Histoire Antique, de son œuvre sur l’antériorité de la civilisation négroïde en Egypte pharaonique. Du jeune garçon féru d’histoire depuis toujours, je suis devenu un jeune adulte en quête de ma propre histoire, en temps qu’africain.

Ainsi j’ai pu regarder différemment ce que nous rapportaient les manuels d’histoire, dont l’encre faussaire et de propagande n’était pas encore sèche, sur Ndiadiane Ndiaye et l’origine des wolofs, Soundiata Keita ou encore sur l’origine des royaumes africains. L’explication de ses pans de la civilisation africaine n’était acceptable, sérieuse ou scientifique que si  » l’on aboutit, par un biais quelconque, à ce Blanc mythique dont on se soucie point de justifier l’arrivée «  et l’installation dans les zones tropicales.

Comme le Professeur Diop le disait « le but est d’arriver, en se couvrant du manteau de la science, à nous faire croire que nous n’avons jamais été responsable de quoi que ce soit de valable, même pas de ce qui existe en Afrique ». En gros, c’est ce que m’évoque le Professeur Diop, une fierté et une source de connaissance de soi pour une rencontre fructueuse et sincère avec le reste du monde.

Les attaques contre l’œuvre et la personne de Cheikh Anta Diop ont pu ralentir la diffusion de ses enseignements, mais ses idées sont plus que jamais actuelles.

Je reprends la fameuse maxime wolof « soul kér dou ko téré fégn ». Vous parlez de ralentissement de ses enseignements. Certes il y a en eu, j’en veux pour preuve l’anecdote de Aimé Césaire qui racontait qu’après avoir lu en une nuit la première partie de l’œuvre majeure du Professeur Diop qu’est Nations Nègres et Cultures, il fit le tour du Paris progressiste de l’époque (années 50), en quête de spécialistes disposés à défendre ses idées, mais en vain … Donc, c’est un constat qui accompagne les écrits et enseignements de Cheikh Anta Diop dès le début.

Aujourd’hui on peut noter que cette forme de censure intellectuelle moyenâgeuse à la Torquémada s’est relâchée pour plusieurs raisons. La vérité scientifique a fini par triompher et nos universités africaines enseignent Cheikh Anta Diop. Et on constate que ses idées sont d’une immédiate actualité. Je ne vais pas parler de l’origine noire de la civilisation égypto-nubienne, de l’apport de cette pensée à la civilisation dans les sciences, les lettres et les arts mais simplement de la création d’un Etat fédéral continental africain.

Le Professeur Diop théorisait dans les années 40 et 50 que l’interdépendance économique serait d’éviter à tout prix de dépendre des autres plus qu’ils ne dépendent de nous, africains, car il s’en suivrait, automatiquement, des liens unilatéraux de colonisation et d’exploitation … En 1954, il écrivait également qu’il était « facile d’épiloguer afin de prouver que l’indépendance de la petite colonie du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, du Togo, du Dahomey … ne serait qu’illusoire car elles auraient à subir aussitôt, toutes sortes de pressions extérieures et tomberaient automatiquement, par le jeu des forces économiques, dans l’orbite d’une grande puissance ». On ne peut que lui donner raison si on regarde aujourd’hui ce que sont devenus nos soi-disant Etats indépendants et leurs rapports avec les anciens colonisateurs ou les grandes multinationales, l’exemple du Niger avec Areva, de la Côte d’Ivoire avec Bolloré, toutes les sociétés pétrolières présentes dans les pays des grands lacs.

Ses pairs chercheurs disent généralement « que seule la lutte pour le pain quotidien importe, tout le reste n’étant que préoccupation d’intellectuel ». C.A.D un illuminé ?

C’est une critique que Cheikh Anta Diop a pu entendre venant de personnes pensant que les questions culturelles n’étaient pas centrales dans les luttes d’indépendances. Une fois l’indépendance acquise, cette critique a pris une autre tournure en mettant l’accent sur les besoins premiers de la population. Ceux là disaient que « fouiller dans les décombres du passé pour y trouver une civilisation africaine est une perte de temps devant l’urgence des problèmes de l’heure est une attitude pour le moins périmé ». C’est le groupe de ceux que le Professeur Diop appelait les comopolites-scientifistes-modernisants. Ce sont des aliénés culturels pour reprendre son mot.

Il était un illuminé, pour reprendre votre terme, dans le sens avant-gardiste en comprenant que le savoir et la connaissance de notre histoire était une donnée importante pour tout développement. Il a eu conscience que la véritable connaissance de notre passé était une arme nous permettant de savoir que le développement est avant tout une idée avant d’être une réalisation. L’africain, victime du déni d’historicité de Hegel qui précédait à l’époque classique les préjugés sur son « immoralité » ou encore de la malédiction de la lignée de Cham, devait avoir connaissance que son ancêtre a pu être acteur de l’une des plus brillantes civilisations antiques avec l’Egypte pharaonique.

Ainsi le Professeur Diop théorisait sur une acceptation plus facile des africains de leur capacité à se développer et à développer le continent.

Trop peu représenté au Sénégal (seule une université porte son nom), alors que cet homme est un monument de l’Afrique. Qu’en pensez – vous ?

Je me réjouis que la seule université sénégalaise, pendant longtemps, porte le nom de Cheikh Anta Diop. C’est une manière, posthume que l’on peut regretter, de rendre hommage à celui qui mettait le savoir au devant de tout. Aux jeunes qu’ils rencontraient dans les conférences en Afrique ou qui venaient le voir dans son labo à Dakar, il donnait souvent ce conseil : « Allez vous former afin d’acquérir le savoir pour avoir directement accès aux connaissances et ainsi déjouer toute forme d’aliénations culturelles, économiques ou politiques ». Le commun des Sénégalais connaissait mal le Professeur Diop avant sa disparition. Ce qui pouvait s’expliquer par son engagement politique différent de celui du pouvoir en place à l’époque. Senghor avait un faible, pour ne pas dire qu’il jalousait la connaissance encyclopédique du Pharaon noir. Ils n’étaient pas d’accord sur la loi des trois courants (socialiste – libéral et Maxiste léniniste qu’on voulait lui accolait). Si aujourd’hui le Sénégal peut se targuer d’avoir instauré très tôt le multipartisme, le professeur Diop fait partie, depuis les années 70, de ceux qui ont lutté pour en disposer.

C’était un vrai démocrate, il a refusé de siéger à l’Assemblée nationale après les élections législatives auxquelles il avait participé avec le RND pour des fraudes massives constatées.

Son engagement politique frontal et divergent de Senghor puis de Diouf lui joua des tours de popularité de son vivant alors qu’il était célébré partout en Afrique et même aux Etats Unis.

Un dernier mot …

Jean Tulard, un français grand spécialiste de l’Histoire, définit l’historien comme quelqu’un qui s’apparentait à un « prophète du passé ». Avec « De l’antiquité nègre égyptienne aux problèmes culturels de l’Afrique noire d’aujourd’hui » le premier nom de Nations Nègres et Culture puis avec les précisions apportées dans De l’antiquité nègre égyptienne aux problèmes culturels de l’Afrique noire d’aujourd’hui, le Professeur Diop lui donne un véritable coup de vieux.

En effet avec les théories sur les fondements d’un Etat africain, il montre que ses écrits sont toujours d’actualité et méritent encore aujourd’hui qu’on s’y plonge plus que jamais …

Bonne lecture et un grand merci à Moussa Diop !

NFK

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Oser inventer l’avenir !

Une autre chanson de Awadi que je surkiffe !

Elle a pour titre Oser inventer l’avenir et est tirée de son album Présidents d’Afrique (dont j’ai déjà parlé juste là https://cequejaidanslatete.wordpress.com/2013/05/14/awadi-presidents-dafrique/: voix off de Sankara, chorus de Awadi, kora …

Du grand art comme d’hab !

Je vous laisse apprécier les paroles :

8556_10151631010019642_391349326_n(Voix off de Thomas Sankara) :
Nous avons choisi de nouvelles voies pour être plus heureux
Nous avons choisi de mettre en place de nouvelles techniques
Nous avons choisi de rechercher de nouvelles formes d’organisation mieux adaptées à notre civilisation, rejetant de manière abrupte et définitive toute sorte de diktat extérieur, pour créer ainsi les conditions d’une dignité à la hauteur de nos ambitions
Refuser l’état de survie, desserrer les pressions, libérer nos campagnes de l’immobilisme moyennâgeux ou d’une répression
Démocratiser notre société
Et ouvrir les esprits sur un univers de responsabilité collective pour OSER INVENTER L’AVENIR !

Awadi Didier:
Mon Afrique, c’est pas rien que des cases
Elle est loin des images qu’on peut voir dans tes films nazes
Mon Afrique, elle est à l’aise dans ce millénaire
Ici, on parle web, on parle net, on parle cellulaire
Mon Afrique, elle a des bases plus que séculaires
Mais l’avenir se conjugue en révolutionnaire
C’est pas que j’idéalise
Je suis un missionnaire, fils de Sankara, mon regard l’oeil du visionnaire
Mon Afrique, c’est pas la guerre, c’est pas la famine
De l’or et du diamant, de l’uranium, j’en ai plein les mines
Mon Afrique, c’est pas la mort, c’est pas la misère
Regarde autour de toi, c’est le soleil et puis la mer
Mon Afrique, tu peux la voir, elle est dans les rues
Elle roule en Cadillac et en ville, elle prend le scooter
Mon Afrique, tu peux la voir, elle est dans ma rue
Elle vit à 100 à l’heure, à la campagne elle prend le Hummer
MOn Afrique raffole du KFC, mais à midi, elle mange du mafé
Mon Afrique, après le tiep, nous on prend le thé, guerté kemb, café Touba, on peut t’y inviter
Prends ça dans la face !

Quand j’aime une chanson, je suis pire qu’une élève du primaire … Non seulement dama key réciter, mais tankaal nieup !

OSER INVENTER L’AVENIR !

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Scandal

Je n’aurai jamais pensé un jour écrire un article sur … une série !

Parce que non seulement c’est de la fiction, mais rester scotchée devant un écran que qu’il soit, pour regarder à longueur de soirée des séries, traitant de meurtres, d’intrigues en série, ou encore de liaisons amoureuses toutes plus alambiquées les unes que les autres, n’était vraiment pas ma tasse de thé … Pour preuve, ce post sera uncategorized, car je n’ai pas de catégorie films ou séries dans ce blog …

A ce propos, je me moquais perpétuellement de ceux et celles qui ne pouvaient se passer de lesdites séries …

ImageJe voyais un peu partout sur la toile et dans mon entourage mes amis parler de Scandal. Scandal ? Kesako ? Ca ne me disait absolument rien. Et c’est ainsi qu’une amie m’a passé un lien pour regarder la série en streaming … Ce fut le début de l’addiction !

Cette série a été imaginée par Shonda Rhimes et est diffusée depuis à peine un an aux États-Unis. A l’origine il y a Judy Smith, consultante en relations publiques et gestion de crises qui exerça ses talents en tant qu’assistante du Procureur puis en tant que responsable du service de presse de George W. Bush. Il aura suffit d’une rencontre de quelques dizaines de minutes entre Shoda Rhimes et Judy Smith pour que le personnage d’Olivia Pope prenne vie dans l’esprit de la scénariste. Scandal était née.

Olivia Pope, interprétée par la merveilleuse Kerry Washington, est donc une spécialiste dans la résolution de problèmes en tous genres et principalement quand se mêlent politique et communication. Elle est à la tête de son entreprise privée constituées de « gladiateurs en costumes » qui lui sont chacun et individuellement redevables de leurs vies. La série commence alors qu’Olivia vient de quitter le service de la Maison Blanche où elle a participé à l’installation d’un jeune président républicain plein de charmes.

Cette Olivia, d’une élégance à tout casser, a du front tout le tour de la tête et des contacts partout à Washington. Pour sortir ses clients du pétrin, l’équipe d’Olivia, qu’elle appelle ses gladiateurs, ne recule devant rien, pas même les lois. Un des gladiateurs d’Olivia se spécialise même dans la torture et la disposition de cadavres. Vous comprenez le principe.

ImageEn parallèle, Scandal s’infiltre dans le bureau ovale où le président républicain Fitzgerald Grant trempe – à son insu – dans des affaires très louches. Sa femme, la douce, mais féroce Mellie, est une bête politique toujours prête à se servir des médias. À son avantage, bien sûr. Et le principal conseiller du président, Cyrus Beene, un républicain gay, magouille avec un magnat du pétrole pour que son poulain conserve le titre de l’homme le plus puissant du monde.

Tout ce beau monde se poignarde dans le dos à qui mieux mieux. Rajoutez à ce mélange explosif des histoires de couchette, un changement d’identité, des chansons pop connues et une unité d’élite top secrète de la CIA et vous obtenez une série diablement divertissante. Chacun des épisodes se termine avec un punch qui commande que l’on dévore le prochain. Tout de suite, quitte à passer une nuit blanche.

Évidemment, certaines intrigues étirent l’élastique de la crédibilité de la série. Mais, dans son ensemble, Scandal se tient très bien. La série navigue sans rupture de ton dérangeante entre les zones glauques et les scènes plus comiques, qui font baisser la tension.

Au final, c’est cette Olivia Pope, à la fois guerrière et amoureuse blessée, qui vole la vedette de Scandal. Ce personnage féminin fort a été modelé sur l’Américaine Judy Smith, dont la firme de gestion de crise a notamment conseillé Monica Lewinsky en pleine tempête médiatique post-Bill Clinton.

La première saison de Scandal, qui ne comporte que sept épisodes d’une heure, n’a pas cassé la baraque. Oubliez-la. Vous pouvez commencer votre marathon avec la deuxième année et vous n’aurez même pas l’impression d’avoir raté des éléments cruciaux.

Mais la deuxième saison, elle, déchiiiire touuuut !!

Alors un conseil : courrez vous mettre à niveau ! Plongez – vous dans Scandal jusqu’au cou, vous ne le regretterez aucunement !

Quelques sites où vous pourrez suivre Scandal en streaming :

www.cacaoweb.com

www.papystreaming.com

www.dpstream.net

Bonne lecture (et bon visionnage)

Love

Publié dans Réflexion

L’illusion du contrôle …

ImageQuand vous pensez contrôler quelque chose, vous vous trompez.

Il est incroyable de voir à quelle fréquence nous pensons être en contrôle de quelque chose, alors qu’en réalité ce n’est pas le cas.

 Le contrôle est une illusion, comme je l’ai dit de nombreuses fois par le passé.

 Nous faisons constamment des plans qui ne se déroulent comme nous l’avions prévu. « Si vous voulez faire rire Dieu, faites un plan », dit un ancien dicton.

 On nous a entraînés à fixer des objectifs, puis à travailler sur les actions qui mènent à ces objectifs … et pourtant combien de fois ces plans échouent – ils ? À quelle fréquence essayons-nous de contrôler un futur que nous ne pouvons pas prévoir ?

Saviez-vous il y a cinq ans ce que le monde deviendrait ce qu’il est ─ que Barack Obama serait le premier Président noir des Etats – Unis, que le système financier de ce pays dans sa presque totalité s’écroulerait, que nous sombrerions de par le monde dans la récession, que des tremblements et des tsunamis frapperaient, que vous feriez exactement ce que vous faites aujourd’hui ?

Bien sûr que non …

Nous ne connaissons pas l’avenir, en nous le contrôlons encore moins. Nous aimons penser que c’est le cas, mais cela ne s’avère jamais.

Et pourtant nous continuons à croire en l’illusion du contrôle. Nous faisons face à un monde chaotique et complexe, et cherchons à le contrôler comme nous le pouvons.

 Nos tentatives de contrôle du monde peuvent être vues au travers du fait que :

  • Nous essayons de contrôler ce que deviennent nos enfants, comme si nous pouvions les façonner comme des blocs d’argile, comme si les humains n’étaient pas plus complexes que ce que nous pouvions en percevoir.
  • Nous traquons chaque petite chose, des dépenses au sport, à ce que nous mangeons, aux tâches que nous faisons, au nombre de visiteurs sur notre site, au nombre d’étapes que nous avons franchies aujourd’hui, et au nombre de kilomètres que nous avons courus. Comme si le fait de traquer sélectivement pouvait arriver à inclure les nombreux et complexes facteurs qui influent sur les résultats.
  • Nous essayons de contrôler les employés ─ là encore, des êtres humains complexes avec de nombreuses motivations et caprices et habitudes que nous ne comprenons pas.
  • Nous planifions de manière obsessionnelle projets, voyages, jours, fêtes, comme si les résultats des évènements étaient des choses que nous pouvions contrôler avec nos pouvoirs de manipulation du monde.

Si nous pouvons nous débarrasser de cette illusion, qu’est-ce qui nous reste ? Comment pouvons-nous vivre au milieu de ce chaos ?

Pensez à un poisson. Un poisson nage dans une mer chaotique qu’il n’a aucun moyen de contrôler ─ pas plus que nous tous. Le poisson, contrairement à nous, n’a pas l’illusion de contrôler la mer, ou les autres poissons de la mer. Le poisson n’essaye même pas de contrôler là où il va arriver ─ il ne fait que nager, soit en suivant le courant ou en s’en accommodant tel qu’il est. Il mange, et se cache, et s’accouple, mais n’essaye pas de contrôler quoi que ce soit.

Nous ne sommes pas meilleurs que ce poisson, pourtant notre réflexion crée le besoin d’une illusion.

Débarrassez-vous de cette réflexion. Apprenez à être ce poisson.

Quand nous sommes au cœur d’un chaos, débarrassez-vous du besoin de le contrôler. Laissez-vous inonder, faites-en l’expérience sur le moment, essayez de ne pas contrôler le résultat mais de vous accommoder du courant tel qu’il est.

Comment pouvons-nous vivre nos vies de cette façon ? C’est une façon de vivre complètement différente, une fois que vous nous sommes débarrassés de cette illusion :

  • Nous arrêtons de fixer des objectifs, et faisons plutôt ce qui nous passionne.
  • Nous arrêtons de planifier, et agissons simplement.
  • Nous arrêtons de regarder l’avenir, et vivons dans le présent.
  • Nous arrêtons d’essayer de contrôler les autres, et nous concentrons à la place sur le fait d’être bon envers eux.
  • Nous apprenons que croire en nos valeurs est plus important pour passer à l’action que de désirer et d’aspirer à certains résultats.
  • Nous faisons chaque pas doucement, de façon équilibrée, dans l’instant, guidé par ces valeurs et par ce qui nous passionne… plutôt que d’essayer de planifier les 1000 prochains pas et l’endroit où nous allons arriver.
  • Nous apprenons à accepter le monde tel qu’il est, plutôt que d’être embarrassé par lui, stressé par lui, furieux contre lui, désespéré contre lui, ou d’essayer de le changer en ce que nous voulons qu’il soit.
  • Nous ne sommes jamais déçus par la façon dont se déroulent les choses, parce que nous ne nous attendons jamais à rien ─ nous acceptons simplement ce qui arrive.

Cela pourrait sembler aux yeux de certains une façon de vivre passive, et non-conforme à la nature de notre culture, agressive, productive, visant des buts. Si vous ne pouvez accepter cette façon de vivre, ce n’est pas grave ─ beaucoup de gens vivent leur vie avec l’illusion du contrôle, et sans réaliser que ce qui les rend malheureux ou frustré n’est pas la pire chose qui soit.

Mais si vous pouvez apprendre à vivre de cette façon… c’est la chose la plus libératrice au monde.

Bonne lecture !

LovE

NFK

Publié dans Au Sénégal

Président Dia !

Avant d’aller au cImageoeur de cet article, je voudrais éclaircir un point, ou même plusieurs : les propos que vous lirez à travers votre écran n’engagent que moi et moi seule ! Libre à vous de partager le  » modeste  » avis que j’exposerais dans les lignes qui vont suivre … Ou pas …

Je suis en ce moment dans une phase décisive, que j’appelle  » l’éveil  » de ma conscience, en ce sens que je pars à la (re) découverte de mon histoire … Par l’emploi de l’adjectif possessif  » mon « , je ne ramène pas cette histoire à une dimension stricto – personnelle, mais je l’étends un chouya …

Car cette histoire est non seulement l’histoire de mon pays, mais aussi de mon continent, et concerne donc quantité de générations ! Livres, discussions, films, revues, sites internet, je ne laisse rien au hasard, car comme le dit si éloquemment Maya Angelou (auteure américaine dont les livres sont tous une invite à la réflexion),  » Plus tu connaîtras ton histoire, plus tu seras libre  » … Je ne suis que trop consciente du manque cruel d’informations et de la  » pauvreté  » du système éducatif sénégalais / africain quant aux faits (d’armes) de valeureux fils de la nation …

Raison pour laquelle, nous jeunes d’aujourd’hui et de demain, devons aller chercher cette connaissance, l’arracher même, afin de la perpétuer …

Dans cette optique  » d’éveil  » de ma (jeune) conscience, un film que j’ai regardé il n’y a pas si longtemps a quelque peu chamboulé ma façon de voir les choses et m’a appris beaucoup de choses sur ma chère barque le Sénégal … Le film Président Dia du réalisateur sénégalais Ousmane William M’Baye a constitué un déclic … Portant sur la vie et l’oeuvre de Mamadou Dia, il est un véritable cours d’histoire, car relatant avec minutie les remous qu’a connus le Sénégal des années soixante …

Mamadou Dia, homme politique sénégalais, premier Chef de Gouvernement du Sénégal indépendant, est unaniment considéré comme étant l’un des bâtisseurs de la République du Sénégal. Formant un tandem d’idées politiques avec le Président Léopold Sédar Senghor, il aura eu à coeur d’exécuter la tâche qui lui a été dévolue, à savoir mettre ce  » jeune  » Etat du Sénégal sur la voie de l’émergence et de la démocratie …

Ce duo qu’il formait avec le Président Senghor sera la principale cause de sa  » perte  » si je puis m’exprimer ainsi …Car comment expliquer le fait qu’il puisse être mis sous les verrous par quelqu’un avec qui il a cheminé durant près de dix – sept années ?

Aberrant et incompréhensible !

Je connaissais le Léopold Sédar Senghor poète, amoureux (au propre comme au figuré) de la langue française, chantre de la négritude … Mais l’homme d’Etat était on ne peut plus exécrable !

A l’instar de Omar Blondin Diop (dont j’ai parlé juste ici : https://cequejaidanslatete.wordpress.com/2013/05/10/parce-que-la-cause-est-notre/), Mamadou Dia a été  » sacrifié  » sur l’autel des  » ambitions  » d’un Président qui l’a accusé de vouloir fomenter un coup d’Etat !

ImageDès l’entame du film, Mamadou Dia le fait remarquer :  » J’étais comme dans un rêve … Je ne pouvais croire que c’était lui, Senghor, qui me mettait en prison ! « 

La première fissure survient lors du vote de la proposition de référendum qu’avait faite le Général de Gaulle en 1958 … Mamadou Dia souhaitait s’affranchir de la tutelle de la puissance coloniale. Senghor, quant à lui, souhaitait le contraire, car ayant  » officieusement  » promis aux autorités françaises de voter OUI ! Ensuite, les désaccords ne feront que se multiplier … Notamment sur les orientations à donner au pays … Dès lors, Senghor le voit comme un rival, car Dia s’affirmait de plus en plus …

17 Décembre 1962 … Une date inoubliable dans l’histoire du Sénégal …

Mamadou Dia, ainsi que des collaborateurs tels que Valdiodio Ndiaye, Joseph M’Baye, Ibrahima Sarr sont emprisonnés pour tentative de coup d’Etat … Comme le dit Moustapha Niasse, homme politique et ancien Ministre sous le Gouvernement de Senghor,  » Mamadou Dia était le développeur de l’économie sénégalaise, alliant PENSEE et ACTION  » ! En sa qualité de Président du Conseil (des Ministres), Mamadou Dia concentrait à lui seul tous les pouvoirs entre ses mains, et prônait ardemment, à grands renforts de tournées dans l’intérieur du Sénégal, une RÉELLE politique, fondée sur le socialisme humaniste et démocratique. Il parcourait les régions, les communes, les arrondissements, les chefs – lieux de cantons, en somme tous les échelons de l’administration sénégalaise, afin de veiller à son bon fonctionnement et rallier les habitants à des causes qui lui étaient chères …

Son Plan de Développement comprenant  l’Animation rurale et l’auto – gestion coopérative s’est alors attaqué au démantèlement de l’économie de traite. La nouvelle politique se heurte à une triple coalition regroupant les intérêts privés des firmes arachidières, les milieux maraboutiques féodaux, et les notables politiciens … Au moment décisif où le système va basculer dans la nouvelle donne, un groupe de députés hostiles dépose une motion de censure. Dia en appelle à l’arbitrage du Conseil national du parti et, au nom de l’éthique politique, interdit le vote jusqu’à sa réunion. On dit qu’il a fait un coup d’Etat !

Ce n’est qu’au bout de douze ans d’une détention cruelle que le prisonnier sera libéré.

Malgré de sérieuses atteintes de santé, il reprend son combat initial, persuadé que les Etats balkanisés et dominés ne peuvent assumer véritablement la démocratie et le développement. S’appuyant sur les mouvements de la société civile et les communautés de base, avec Joseph Ki-Zerbo, il crée une Internationale Africaine des Forces pour le Développement (1975). Malgré un acquiescement formel, le pouvoir sénégalais y met obstacle, et Mamadou Dia rejoint alors l’opposition politique de son pays, militant pour une alternance démocratique.

Au vu de toutes les épreuves que cet homme aura traversées, tant physiques, morales, qu’intellectuelles, ce qui me frappe c’est qu’il dit ne garder aucune amertume, aucune colère ou encore aucun autre sentiment apparenté à de la colère envers qui que ce soit et que cette histoire ne se passait plus entre deux hommes, mais  » entre Dieu et lui  » ! Il ajoute qu’il  » ne peut lui en vouloir (Senghor), même après toutes ces années  » !

Ces phrases renseignent sur la grandeur d’âme de l’homme ! Véritablement …

00140728-dbf3f8f931ee97a474c824ab95db220f-arc614x376-w614-us1Le seul regret qu’il garde consiste au fait  » que le Sénégal aurait pu faire tache d’huile sur le continent, car nous étions si bien partis  » …

Jusqu’à son dernier souffle, il n’aura de cesse de lutter pour des lendemains meilleurs pour notre chère patrie et son rayonnement …

Un exemple pour moi et tous mes congénères en mal de repères … L’histoire de Mamadou Dia doit être connue de tout un Sénégalais, car je pense honnêtement que le Sénégal n’aura pas de sitôt un homme politique de sa trempe, aussi préoccupé par le devenir des populations, et ce de façon désintéressée !

Le film peut se trouver sur le site http://www.ina.fr moyennant quelques euros … Un prix dérisoire eu égard à la richesse de l’histoire qu’il relate ! A voir et revoir !

Ma prochaine lecture sera assurément Mémoires d’un militant du tiers – monde …

Bonne lecture !

NFK