Publié dans Bouquinage

Lu et approuvé : Biographie de Thomas Sankara, la patrie ou la mort

ImageA l’instar de l’ouvrage Redécouvrir Sankara, martyr de la liberté dont j’ai déjà parlé ici https://cequejaidanslatete.wordpress.com/2013/04/08/lu-et-plus-quapprouve-redecouvrir-sankara-martyr-de-la-liberte-2/, ce billet traitera d’un autre ouvrage ayant pour sujet l’homme de la révolution voltaïque.

Mais à l’inverse du premier ouvrage, plus axé sur Sankara, le dirigeant révolutionnaire, le frondeur, impulseur de changements radicaux à tous les niveaux dans sa nation le Burkina Faso, le deuxieme ouvrage nous donne un aperçu différent de Sankara. En effet, le livre de Bruno Jaffré nous dépeint le Sankara humain, sensible, intuitif, révolutionnaire certes, mais aussi très à l’écoute de son peuple et de ses attentes …

Dès son enfance, le jeune Thomas montre des prédispositions, abhorre l’injustice et s’érige en protecteur des plus faibles, notamment ses camarades de jeux et surtout sa sœur Marie, handicapée et que le jeune Thomas ne peut souffrir de voir malmenée.

Sa conscience de révolutionnaire sera clairement aiguisée lors de son séjour à Madagascar, pays où il effectuera son service militaire à l’Académie d Antsirabe. Les dichotomies qui subsistaient entre Antanarive et Ouagadougou feront prendre conscience à Sankara de la pauvreté de son pays et de sa volonté de sortir celui – ci de ce marasme. Il lira énormément, s’intéressera à tout, questionnant, écoutant et discutant. Il acquerra par la suite une formation stratégique, mais surtout politique, ce qui lui vaudra le solide bagage intellectuel qui fut le sien toute sa vie durant …

Le jeune officier fougueux rentre au pays et tente de bousculer les choses, mais rien n’est acquis d’avance … A force de pugnacité, de ténacité et de bagout, Sankara, aidé de ceux qu’on appelait les  » quatre pères de la Révolution », à savoir lui – même, Blaise Compaoré, Etienne Zongo et Jean Baptiste Lingani tentera de mettre sur pied un nouvel ordre sociétal et idéologique. A travers les Conseils Nationaux de la Révolution, Sankara instaurera un nouveau mode de gouvernance participative, par le peuple et pour le peuple …
Il sera le premier à donner l’exemple : sa famille ne tirera aucun avantage de sa fonction de Président, il ne fera pas partie de la classe dite de la  » petite bourgeoisie », affichant un luxe ostentatoire, les ministres seront soumis aux mêmes conditions (Gouvernement dissous tous les ans, pécules réduits au maximum lors des missions et séjours dans des hôtels de seconde zone) …

Hormis ces changements majeurs, Sankara, de par son esprit perpétuellement en éveil, insufflera un nouveau souffle à sa chère nation, la Haute Volta, en redressant qualitativement son économie, en promulguant l’artisanat local (consommation de céréales locales et port du Faso Dan Fani, la tunique traditionnelle faite de bandes de coton), et aussi faisant participer la population à la bataille du rail, a savoir l’édification du chemin de fer …

Ce jeune capitaine ambitieux et au franc parler dérangeant se fera rapidement des ennemis … Dns son propre pays d’abord, au sein de ses collaborateurs, qui, vexés de n’avoir aucun avantage par rapport à la charge de travail monumentale qui leur était demandée, le critiqueront vertement et tenteront de l’affaiblir.

Au sein de l’Afrique ensuite, car les autres dirigeants ne verront pas d’un très bon œil ce jeune Président qui viendra leur faire la leçon, par son discours anticonformiste, anti impérialiste, mais surtout fier … Fier de la pauvreté de son pays, qui ne devait pas être une tare, fier de son combat, mais aussi fier des résultats déjà obtenus …Ils lui mèneront une guerre sans merci, qui aura des séquelles irréversibles, notamment son élimination …

Au – delà de l’ambition sans limites qu’il avait de redorer le blason de sa chère Haute Volta, Sankara affiche une grande humanité, ce qui causera sa perte … Il n’hésitait pas à faire des visites impromptues dans les bourgades les plus reculées du pays, pour tâter le pouls des habitants, constater de visu les progrs réalisés,mais aussi entrer en contact avec ce peuple qu’il aimait tant et qui le lui rendait bien …

L’homme était aussi fidèle en amitié, d’aucuns diront même qu’il était naïf, car malgré le complot qui se tramait contre sa personne et dont on l’avait à plusieurs reprises informé, et ce même le jour de sa mort, il n’y croira jamais !
Comme il le disait si éloquemment,  » Nous sommes là pour prendre les risques, Nous sommes là pour oser, et vous êtes là pour continuer la lutte coûte que coûte  » …

Repose en paix Capitaine !

Bonne lecture !

NFK

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Un commentaire sur « Lu et approuvé : Biographie de Thomas Sankara, la patrie ou la mort »

  1. Merci Ndeye pour cette note. Pour survivre à cette époque, il fallait adopter un radicalisme à la Habré ou à la Mobutu : tuer. Tous ceux, à l’image de Thomas, ont fait preuve de « naïveté » comme Cabral, Lumumba, ont été victimes de leurs « frères ».

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