Publié dans Bouquinage

Lu avec beaucoup d’émotion : la biographie de Bob Marley par Stephen Davis

ImageJ’ai toujours voulu lire un livre sur Bob Marley, car en plus d’être l’un des chanteurs les plus connus du monde entier, la puissance de son message, sa foi en l’humanité, son engagement, constituaient autant de facteurs qui faisaient qu’il était vénéré, et même assimilé à une sorte de « prophète ». Sa vie a fait l’œuvre de nombre d’ouvrages, tant littéraires que filmographiques, qui embellissaient l’une après l’autre le vécu de l’homme aux dreadlocks.

Je me suis mise en quête d’un ouvrage qui m’en apprendrait beaucoup plus sur l’auteur de No Woman No Cry. Et il s’est avéré que le livre de Stephen Davis était LA référence pour qui souhaitait consulter la biographie de Robert Nesta Marley.

A mon humble avis, Stephen Davis est un biographe de génie. Quand j’ai entendu parler de son livre, avant de l’acheter, j’ai fait un tour sur les forums pullulants sur la toile, histoire de recueillir les avis et voir le travail de biographe qu’il avait effectué jusque – là. Et j’ai pu voir qu’il avait à son actif une bibliographie fascinante, car ayant écrit des livres remarquables sur Aerosmith, Guns N’ Roses, Jim Morrisson, mais aussi les Rolling Stones, dont j’ai pu consulter quelques extraits.

Rassurée, j’ai donc acheté le livre sur Marley.

Le livre est fascinant, en ce sens que quand on commence à le lire, on ne le lâche plus. Personnellement, ça a été mon cas, car dès l’entame de la première page, j’ai tôt fait de le « dévorer », séduite que j’étais par le style d’écriture de Mr Davis, son langage dénué de faux – semblants et surtout, sa volonté de raconter les choses telles qu’elles se sont passées … Ce qui est tout à son honneur, car le livre n’entre pas dans le jeu ôh combien surfait des biographies « officielles » qui ne sont que boniments et narration des hauts faits de gloire du sujet concerné.

Le livre sur Marley n’entre pas dans cette catégorie …

Il commence par un rappel historique du passé de la Jamaïque, de la découverte de ce paysage sauvage par Christophe Colomb en 1494, aux installations des premiers esclaves travaillant dans les plantations, aux premières batailles pour l’éradication de cette abomination que constitue la traite négrière.

Peu après, naquit l’un des fils de la Jamaïque le plus célèbre, Marcus Garvey, que l’on surnommait le « Moïse Noir », qui se taillera une réputation solide, tant par la violence de ses prêches, que son opiniâtreté dans la cause qui lui était chère et qu’il défendait âprement : celle du refus de l’asservissement des noirs et de leur retour en Afrique, terre de leurs ancêtres où ils pourrait s’accomplir pleinement et entièrement.

Les paroisses qui peuplaient l’archipel jamaïcain avaient toutes hérité du nom laissé par les missionnaires anglais. Dans l’une d’elles, se distinguait St. Ann, vaste étendue de terre et de végétation luxuriante, où poussaient fruits exotiques et autres plantes médicinales, et c’est là qu’est issue Cedella Booker. Jeune fille jamaïcaine, aussi belle que naïve, âgée de 16 ans à peine, qui s’entichera de Norval Marley, 50 ans, et surtout … blanc. Cette idylle bousculera les codes en vigueur à l’époque, mais contre toute attente, Cedella tombera enceinte et du fruit de ses amours avec Norval, naîtra Robert Nesta Morley. Amoureux, et désireux d’honorer sa femme, Norval l’épousera et après quelques temps vécus avec sa mère, le petit Robert ira vivre à Kingston, car son père « voulait lui inculquer une bonne éducation » … Alors qu’en réalité, il fut laissé aux bons soins d’une vieille dame qui ne pouvait rien pour le petit, eu égard à son âge avancé et du dénuement dans lequel elle vivait …

Mère et fils déménageront dans le chaud bidonville de Kingston, Trenchtown, tristement connu pour ses hordes de gunmen, jeunes gens dépenaillés, désoeuvrés, qui utiliseront la violence comme seul moyen de lutter contre les inégalités sociales et la richesse des Jamaïcains blancs qui les narguent ostensiblement. Le jeune Bob grandira au milieu de cet environnement déliquescent, et côtoiera la délinquance, la misère et les habitations anarchiques. Ayant bénéficié d’un heureux concours de circonstances, Cedella et Bob déménageront dans un pavillon et feront la connaissance de la famille Livingston, dont l’un des garçons, Bunny, sera le plus que frère de Bob, et sera l’un des Wailers. Ils feront un peu plus tard la connaissance du troisième garçon qui constituera le membre définitif des Wailers : Peter Tosh. Dans la cour de Joe Higgs, leur professeur de chant, musicien émérite, ils apprendront les bases du chant et de la composition de mélodies.

Tout ne sera pas si rose, car qui dit débuts, dit forcément illusions perdues, arnaques, dureté de la réalité … Cedella ayant émigré en Amérique, Bob restera à Kingston, et continuera à faire de la musique avec Peter et Bunny. La mouvance musicale en vogue était le ska, musique rythmique, ainsi que le rythm n’ blues, importé des Etats – Unis. Les Wailers, quoique excellents chanteurs et compositeurs, peineront à s’imposer. Bob, après avoir uni sa destinée à Rita Marley, l’amour de sa vie, rejoindra sa mère quelque temps dans le Delaware, mais après avoir enchaîné quantité de petits boulots, rentrera en Jamaïque.

La carrière des Wailers décollera un peu, mais les erreurs de management leur seront fatales … Ils avaient composé énormément de titres, et entrepris une petite tournée, au terme de laquelle Bunny quittera le groupe, désabusé et dans une dynamique plus spirituelle que l’engagement et la roots attitude de Peter et Bob, qui feront route ensemble …

ImageCette alliance de Bob et Peter ne durera pas longtemps, car après avoir rencontré Chris Blackwell, Bob se placera dans une logique d’internationalisation de sa carrière. En effet, Blackwell sera celui qui donnera un véritable coup fouet à la carrière de Bob et le révélera à la face du monde. Le groupe se dénommait désormais Bob Marley and the Wailers, sans oublier les I – Threes, les excellentes choristes qu’étaient Rita et ses copines Marcia et Judy.

Ainsi commence pleinement la légende Marley. Ce petit homme nonchalant, aux cheveux en paquets, à mille lieux du star – system, roulant spliff sur spliff, séduira tous ceux qui le rencontreront : journalistes, avec lesquels il enchaînera interview sur interview, copains du ghetto, qui se presseront chaque jour à la porte de sa demeure du 56 Hope Road,et à qui il distribuait sans relâche des liasses de billets, mais aussi les femmes … Car comme il le disait, son « seul péché, c’était les femmes »… Serial séducteur, il fera des enfants avec presque toutes les femmes qui seront sorties quelque temps avec lui … Rita, « l’officielle », fermera les yeux sur les incartades à répétition de son mari … Car, semble – t – il, elle se considérait comme plus qu’un simple épouse, mais était aussi une compagne, une oreille attentive, et a contribué pour beaucoup à bâtir le mythe Marley …

Une vilaine blessure à l’orteil, qu’il a longtemps négligée, s’infectera et se transformera en cancer … Cancer qui l’emportera, du fait de la négligence des symptômes … Car tous ceux qui le côtoyaient étaient unanimes : Bob, même s’il souffrait, n’en a jamais parlé à personne, et ses compagnons ne se rendront compte de son état que lorsque celui – ci sera plus que critique, la tumeur s’étant déjà propagée au cerveau, aux poumons et à l’estomac …

Commencera alors le long et épuisant combat contre la mort : chimiothérapie, traitements de toutes sortes, régime protéiné, mais hélas, la faucheuse sera la plus forte …

Au terme de cet ouvrage, qui se termine sur une note triste, avec la disparition de Bob Marley, il est permis de méditer sur la vie et l’œuvre de Bob Marley. En seulement 36 ans d’existence, Bob aura conquis le cœur de millions de personnes de par le monde … Son message universel de paix, de tolérance, d’entraide, de refus de ployer sous le joug de Babylone, de renouveau de l’Afrique l’installeront au rang de « prophète », car faisant de la Bible son livre de référence, il insérera des psaumes dans ses chansons, pour combattre les maux du monde et y trouver un remède.

Son rapport à l’Afrique était très fort, très affectif : l’Afrique, la terre promise, Bob Marley la vivait, la sentait, la chantait avec son cœur … Aussi, ayant eu vent des bisbilles entre les colons anglais et les nationalistes noirs voulant l’indépendance de la Rhodésie, il composa la magnifique chanson Zimbabwe, chanson qui œuvrera pour beaucoup dans l’accession de la souveraineté de l’ex – Rhodésie et l’appellation de Zimbabwe.

Bob Marley, un homme mutidimensionnel qui vécut pleinement et continue de demeurer dans le cœur de quantité de personnes de par le monde !

Voici un film qui résume merveillement son existence si riche : http://www.youtube.com/watch?v=lRnxAsI5jS0&hd=1

Bonne lecture et surtout … One love ❤

NFK

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