Publié dans Réflexion

He For She (lui pour elle)

Emma Watson, jeune actrice américaine qui est notamment connue pour avoir incarné à merveille le personnage de Hermione Granger dans la saga Harry Potter, est apparue à la tribune de l’Organisation des Nations Unies pour y donner sa vision du féminisme, terme si galvaudé et incompris de nos jours.

fc3a9minisme-1C’est un euphémisme de dire que je partage entièrement son avis …

Extraits :

Vous pourriez penser : qui est cette fille qui joue dans Harry Potter? Que fait – elle à l’ONU? Je me suis demandé la même chose. Tout ce que je sais, c’est que cette cause m’importe et je veux aider. Et ayant vu ce que j’ai vu, si l’on me donne cette chance de parler, je me sens responsable, je dois dire quelque chose.

Pour information, voici la définition du féminisme :  » Croire qu’hommes et femmes devraient être égaux en droits et avoir les mêmes chances. C’est une théorie d’égalité des sexes sur les plans politique, économique et social. « 

 » J’ai décidé que j’étais féministe. Cela ne me semblait pas compliqué. Mais mes récentes recherches m’ont montré que le mot féminisme était devenu impopulaire. Des femmes choisissent de ne pas dire qu’elles le sont. Apparemment, que les femmes s’expriment est vu comme trop fort, trop agressif, repoussant et comme une opposition aux hommes. « 

 » Pourquoi ce terme est – il mal vu aujourd’hui? Je trouve normal que je sois payée autant que les hommes. Je trouve qu’il est normal que je prenne les décisions qui concernent mon propre corps. Je trouve qu’il est normal que des femmes soient engagées en mon nom pour défendre des politiques et prendre des décisions qui affectent ma vie. Je trouve qu’il est normal que l’on me démontre socialement le même respect qu’aux hommes. « 

 » Et si vous détestez toujours ce mot, ce n’est pas le mot lui – même qui est important, c’est l’idée qu’il y a derrière. 

 

Publié dans Ils ont dit

Ndèye Fatou Kane, Le malheur de vivre, suivi d’un entretien

Le malheur de vivre, mon roman vu par la Plume Francophone.
Note de lecture + entretien
Bonne lecture !
NFK

La Plume Francophone

Analyse

Ndèye Fatou Kane, Le malheur de vivre

préface de Cheikh Hamidou Kane

Suivi d’un entretien avec l’auteure

« Entre conte cruel et apologue : la fin de la littérature rose »

par Célia Sadai

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Le Malheur de vivre, premier roman de Ndèye Fatou Kane paru en juin 2014 aux éditions L’Harmattan, rappelle à bien des égards la trilogie Magenta d’une autre jeune auteure sénégalaise, Sokhna Ndao, parue en 2012 chez le même éditeur. Dans ces deux « premiers romans », des adolescents se retrouvent piégés par les mirages de l’amour ; des adolescents issus de familles dakaroises fortunées, à l’aise avec les mondanités du « Dakar by night », et dont les privilèges compliquent inévitablement leur relation aux autres et au monde.

Ndèye Fatou Kane raconte le « destin cruel » du clan Bâ, détruit par la chute de Sakina, fille unique des commerçants Amadou et Mariam Bâ, émigrés à Paris dans les années 1950. Riche de « quatre…

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Publié dans Au Sénégal, Bouquinage

(Re) lu et (ré) approuvé : Une si longue lettre de Mariama Bâ

Quand j’aime un livre, je ne fais qu’un avec lui, c’est – à – dire que je peux le lire une bonne dizaine de fois et ressentir à chaque lecture le même plaisir … L’histoire me captivera, le style de l’auteur (e) m’enchantera et de l’incipit au dernier paragraphe, je connaîtrai les phrases cultes de cet ouvrage … Elles sont nombreuses, ces reliques que j’affectionne …

Les oeuvres de Kourouma (dont j’ai déjà fait mention ici : https://cequejaidanslatete.wordpress.com/2013/03/29/kourouma-lesthete/) font partie de cette liste, de nombre que quantité d’autres classiques africains … Ou pas …

2534En parlant de classique, Une si longue lettre de Mariama Bâ est à ranger dans cette catégorie. Oeuvre intemporelle, qui ne prend pas de ride, ce livre d’une centaine de pages captive le lecteur, quelque soit son âge, sa condition sociale et sa situation socio – professionnelle. Ne sachant trop quoi lire, je me suis mise à farfouiller dans ma pile à lire et c’est ainsi que je suis tombée sur Une si longue lettre. Le désir de relire ce livre s’est tout de suite imposé à moi.

Mariama Bâ, née à Dakar en 1929, s’est éteinte en 1981, des années avant ma naissance. Ce qui ne m’a empêchée de connaître Une si longue lettre, car cet ouvrage a longtemps figuré au programme des oeuvres littéraires de l’enseignement sénégalais.

Pionnière de la création littéraire sénégalaise, et même africaine, Mariama Bâ a aussi apporté sa pierre à l’édifice dans le domaine de la reconnaissance des femmes dans les instances de décision, dans l’octroi de certaines fonctions, en étant elle – même ardente féministe, mais aussi veillant ardemment à la transmission du savoir, enseignante de son état.

Une si longue lettre n’est pas son seul roman. Un chant écarlate est son deuxième livre, mais fut hélas publié à titre posthume. Il fera l’objet d’un post prochainement, une fois que j’aurai réussi à mettre la main dessus …

Ce qui fait la particularité de la trame d’Une si longue lettre, c’est que l’ouvrage se présente sous une forme épistolaire. Ramatoulaye, récemment veuve, écrit à son amie Aïssatou, qui est exilée, pour lui conter par le menu les différents événements ayant eu lieu durant son absence …

9782842612894_4_75Ramatoulaye, femme douce, aimante, compréhensive, fleur bleu (à l’excès?) a perdu son mari Modou Fall, l’amour de sa jeunesse, et père de sa douzaine d’enfants. Mais nonobstant le fait que Modou et elle se soient connus durant leur adolescence, celui – ci l’a délaissée durant cinq années pour s’amouracher de Bintou, devenue sa femme, qui n’était autre que la meilleure amie de sa fille aînée Daba. Alors qu’au moment de convoler avec Modou, que n’a entendu Ramatoulaye? Quolibets, désapprobation de la part de ses parents, remontrances …

Mais elle tint bon au nom de l’amour … Cet amour s’est retourné contre elle …

A partir du moment où Modou Fall a contracté son second mariage, il n’aura d’yeux que pour sa Bintou et délaissera (première) femme et enfants. Ramatoulaye restera stoïque et endurante face à l’épreuve, faisant dignement face à l’affront qu’elle subissait.

Mais le destin, bien que l’ayant liée à Aïssatou à travers les liens solides de l’amitié, les séparera quant aux choix de vie qu’elles feront. Durant leur jeunesse, Modou et Ramatoulaye formaient un couple d’un côté, et Aïssatou et Mawdo Fall de l’autre. Mais quand Mawdo prit une seconde femme, sous « ménager » sa mère comme il le disait, Aïssatou prit le parti de s’en aller, ne pouvant partager tout ce qu’elle avait réussi à construire jusque – là, elle, la Bijoutière.

Plus qu’un roman, Mariama Bâ a esquiéé un véritable tableau à travers sa missive.

Dépeignant de sa si belle plume l’atmosphère socio – économique, mais aussi culturelle, du Sénégal d’après les AVT_Mariama-Ba_3763indépendances, avec son lot de croyances (infondées ou fondées), d’idéologies, de comportements, elle placera la femme au coeur de son récit. Femme bafouée, devant endurer en silence brimades, trahisons, au nom de sa progéniture, elle lance un vibrant hommage à cette gent féminine qui commençait malgré tout à faire entendre sa voix. La modernisation faisant son effet, avec l’émergence des premiers mouvements féministes, la femme africaine, mais aussi sénégalaise, s’assumait et réclamait la place qu’elle méritait dans la société.

Un livre à lire, relire, relire jusqu’à satiété !

Repose en paix femme de valeur !

Bonne lecture,

NFK