Publié dans Réflexion

Vu et adoré : Danbé, la tête haute …

L’insomnie mène à tout … C’est durant ces longues nuits où je ne trouve pas le sommeil que je fais toujours mes découvertes les plus extraordinaires. Que celles – ci soient d’ordre littéraire ou autres, je découvre toujours des pépites d’or !!

Je venais de terminer un livre, et mon cerveau criant grâce, je décidais de lui accorder une petite accalmie et me mis ainsi en quête d’un film à regarder, histoire de tuer le temps. Je ne sais plus par quel moyen, je me retrouvais sur la page de + d’Afrique, une émission qui passe sur Canal + Afrique et qui dépeint sous toutes les coutures l’Afrique d’aujourd’hui, à travers ses fils et filles qui se battent au quotidien pour faire rayonner leur terre – mère.

dembe2L’une des chroniqueuses, Tatiana Rojo, y parlait du nouveau film dans lequel elle avait joué. J’avais déjà eu le loisir de la découvrir dans Qu’est – ce qu’on a fait au bon Dieu, une comédie franco – française pas si hilarante que ça … Mais bon …

Le nouveau film en question s’appelait Danbé, la tête haute. Danbé, le nom exhalait quelques relents bambara. Et qui dit bambara, dit Mali, dit donc Afrique. Je me ruais sur Google et c’est ainsi que j’ai eu connaissance de l’histoire oh combien triste de Aya Cissoko. Ce nom ne me disait rien auparavant.

J’ai ainsi su que la demoiselle Cissoko a connu une existence fort tragique. Habitant avec ses parants à Ménilmontant, un quartier du XXe arrondissement de Paris, leur immeuble a pris feu par une sinistre soirée de l’année 1986, incendie durant lequel son père et sa petite soeur périrent. Peu de temps après, son petit frère mourut d’une méningite.

Elle vécut donc en compagnie de sa mère Massiré Cissoko et de son frère Moussa. Ayant déjà écrit un livre sur sa vie, ledit livre fut adapté au cinéma, ce qui donne Danbé, la tête haute, le film.

Ma curiosité ainsi aiguisée, je voulus en savoir plus et tombais sur un site de streaming le proposant. Le film commence sur une note légère, avec le tableau d’un couple d’immigrés maliens, vivant en banlieue avec ses quatre enfants, deux filles et deux garçons. Rien de plus normal, car des milliers d’Africains se battent pour s’en sortir dans l’Hexagone, alliant tant bien que mal éducation de leur progéniture, précarités de l’existence et situation professionnelle incertaine.

Le père, sans papiers, travaille avec les papiers de son frère. C’est donc le quotidien assez rude de la famille Cissoko. Acte criminel ou négligence? Leur immeuble prend feu par une soirée de l’année 1986, et Mr Cissoko, désireux de sauver sa famille, perd la vie, de même que sa fille Moussou.

Massiré, abattue, inconsolable, doit quand même faire face pour ses enfants. Commence alors sa triste existence de mère célibataire. Son plus jeune fils décédé d’une méningite quelque temps après, sa vie bascule, mais elle fait face avec dignité, faisant toujours preuve de Danbé et de force.

ob_2baed4_captureMais très vite, sa fille Aya commence à se rebeller. Belliqueuse, la répartie au bout de la langue, garçon manqué, elle n’a pas froid aux yeux, et rapidement, se met à pratiquer la boxe, au grand désespoir de sa mère, qui rêvait pour elle d’une existence autre que celle – là.

De déboires en déboires, Aya est renvoyée de l’école, car elle multiplie les joutes verbales avec ses professeurs, se querelle constamment et est accusée de petits larcins. Sa mère, au bord du gouffre, ne sait plus à quel saint se vouer, car elle doit non seulement se battre pour exiger réparation – bien que toutes ses procédures judiciaires échouent – mais Aya lui cause toujours des soucis.

Au milieu de cette grisaille, Aya trouve un exutoire dans la boxe. Sacrée Championne de France, elle cherche à décrocher le titre de championne du monde. Ce qu’elle obtiendra, mais au prix d’une fracture des cervicales. Fracture qui sera soignée tant bien que mal, car elle découvrira que la Fédération lui a caché qu’elle ne pourra pas passer professionnelle et que c’en est fini pour la boxe !

MAis ce sera un mal pour un bien, car la famille Cissoko obtient enfin justice, est dédommagée à hauteur de 100 000 euros et Aya passe le concours de Sciences Po pour devenir journaliste, car l’écriture devient sa nouvelle passion.

Au – delà des clichés ethniques et raciaux, Danbé la tête haute nous renvoie à ce que nous pouvons de plus humain en nous. Véritable mère courage, Massiré Cissoko est une femme exemplaire qui s’est battue (au prix de sa santé, cumulant dépressions et traumatismes) pour que justice soit faite et qu’elle puisse vivre en paix. Aya n’est pas en reste, car malgré son jeune âge, elle a une immense force mentale, qui lui permet de dépasser ces aléas de la vie et de s’accomplir pleinement.

Le film est en streaming sur le site de Myskreen  : http://www.myskreen.com/telefilm/drames/5868734-danbe-la-tete-haute/

Bon visionnage & bonne lecture !

NFK

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2 commentaires sur « Vu et adoré : Danbé, la tête haute … »

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