Publié dans Bouquinage

Lu : le Bâtiment A de Marien Fauney Ngombé

J’ai eu le plaisir de lire le Bâtiment A, l’ouvrage écrit par Marien Fauney Ngombé, que l’auteur a eu la gentillesse de me faire parvenir. Ayant déjà entendu parler de l’œuvre à travers les bonnes critiques qu’il a reçu, je me suis jetée dessus.

unnamed (2)Le Bâtiment A est un bâtiment parmi d’autres dans une cité universitaire d’une ville de la France. Ce pourrait être Limoges, Biarritz ou encore Voisins – le – Bretonneux, villes auxquelles l’auteur dédie son roman, et où il a dû être étudiant.

Chaque année, de nouveaux visages apparaissent au bâtiment A, pendant que d’autres s’en vont, leurs études terminés, ou encore y restent, faute de trouver mieux au dehors. Madame Delorme, la Directrice du bâtiment, n’y voit que du feu, car de toutes les intrigues qui ont lieu dans le bâtiment, elle n’en apprend jamais rien. Les étudiants, à l’instar de Sekou le débrouillard, l’occupant de la chambre 101, à chaque fin de mois, échafaude des combines pour repousser l’échéance des arriérés qu’il doit à Mme Delorme.

S’il y a bien une chose que j’ai fortement appréciée, c’est l’architecture du roman. Il est divisé en quatre parties, qui peuvent se lire comme des parties indépendantes, mais qui sont néanmoins rattachées les unes aux autres. On pourrait le comparer à un recueil de nouvelles, bien que ce livre ait plus de consistance, d’où le fait qu’il appartienne à la catégorie romanesque.

Sékou le débrouillard est un brave garçon originaire d’un pays de l’Afrique Centrale, qui dans ses moments de déprime, écoute la chanson de Kery James – le Combat continue – pour trouver la force de survivre face aux aléas de cette vie si dure dans l’Hexagone. Pas économe pour un sou, il n’a de cesse de trouver des sous pour payer des tournées de « grecs frites » ou encore s’acheter les chemises bariolées qu’il affectionne tant. As dans l’échafaudage de combines, il se mettra en tête de séduire la fille de Mme Delorme, afin d’échapper au règlement mensuel du loyer.

Y arrivera – t – il ? L’avenir nous le dira.

Pierre – Henri, ou PH pour les intimes, excelle aussi dans la débrouille, mais dans un tout autre registre. Il raconte à qui veut l’entendre (ou pas) qu’il est le rejeton illégitime d’un ponte de la politique gabonaise, et vu les circonstances de sa naissance, il ne peut être reconnu par son père, et à la mort de celui – ci, la famille l’a écarté de l’héritage. Raison pour laquelle il fait des études de droit. Il bâtira tout son argumentaire sur cette histoire d’héritage, alors qu’en réalité, ce ne sont que des sornettes ! PH est issu d’une famille paunnameduvre, et sa trajectoire de vie consistera à prendre sa revanche sur le destin. Il y arrivera assez brillamment vu la chute qu’il aura !

Mohammed, Algérien d’origine, et Français de naissance, a beaucoup de peine à trouver sa place dans ce pays qui lui a été imposé par ses parents, pieds noirs ayant quitté leur Algérie natale pour s’établir en France. Ce n’est qu’au Bâtiment A qu’il trouve réellement sa place, écartelé entre ce pays qui ne veut pas de lui et les siens qui le considèrent comme étant un « étranger ». Dans cette communauté bigarrée et cosmopolite, il endosse le rôle du grand frère et distribue conseils, encouragements et câlins à qui mieux mieux ; alors qu’il se débat lui – même avec ses propres démons.

On dit généralement qu’on garde le meilleur pour la fin …

Je vais prendre le contrepied de cet adage. Dans l’entame de ma note de lecture, j’ai fait état de la division du livre en quatre parties. La quatrième que je vais traiter étant le chapitre consacré à Mlle En cas, la dénommée Brigitte, rousse complexée non seulement par sa couleur de cheveux, mais aussi par le manque d’amour. Raison pour laquelle tout représentant du sexe masculin lui manifestant un tant soit peu d’attention aura une place dans son lit. Tous les mecs du bâtiment seront ainsi des « fantômes », du sobriquet affublé aux ombres furtives se faufilant dans les couches féminines une fois la nuit tombée.

Je n’ai pas, mais alors pas du tout aimé la description que l’auteur / le narrateur a fait du personnage de Brigitte. Je l’ai trouvée mysogine et machiste à souhait. Les personnages masculins, Momo, PH et Sékou, quand bien même ils ne sont pas les plus honnêtes qui soient, ont le droit de faire tout ce que la morale et la bienséance interdisent, mais pour une femme, place aux appellations machistes et dégradantes … Quand j’ai vu l’expression ‘en cas’, j’ai tiqué, et pas qu’une fois … J’aurai l’occasion d’y revenir plus longuement avec l’auteur 😉

meMais à part cette partie, le Bâtiment A est un livre qui se lit facilement (je l’ai dévoré en trois jours), très bien mené. Toute personne ayant été étudiant (e) en France se reconnaît dans les scènes que Marien Fauney a si subtilement décrites : la rigueur du climat, la solitude, la déprime, les soirées étudiantes, les plats cuisinés à tour de rôle, les tours de passe passe imaginés pour passer entre les mailles du système. Le tout avec un humour caustique que j’ai adoré ! J’ai rigolé quand j’ai lu certains passages, car ils m’ont rappelé mes premiers pas en tant qu’Africaine nouvellement débarquée de son Sénégal natal.

Un livre à lire ! Je le recommande fortement.

On peut le trouver via ce site :  http://www.thebookedition.com/le-batiment-a-marien-fauney-ngombe-p-90884.html

Bonne lecture

NFK

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