Publié dans Bouquinage

Lu : Pars mon fils, va au loin et grandis de Joss Doszen

Ce livre retrace l’itinéraire d’un immigré du XXie siècle, pur produit de ce village interplanétaire que constitue l’univers. Se définissant comme un griot, le narrateur (ou l’auteur, c’est selon, je pense que les deux se confondent aisément) use de sa parole pour conter la longue marche qu’a été sa vie.

Né à Brazzaville, la capitale de la République du Congo, il connaît une adolescence faite de hauts et de bas, comme c’est le cas de nombre d’adolescents de par le monde; la finalité étant de bomber le torse devant les copains et surtout les … conquêtes.

2015-04-19 18.35.23Le Bac en poche, un dilemme cornélien s’impose : qui de sa sœur ou lui ira poursuivre ses études en Europe? Là, j’ouvre une petite parenthèse concernant le style d’écriture de l’auteur. A l’entame de son propos, j’avais compris que vu que ses parents ne roulaient pas sur l’or, il fallait choisir qui de sa soeur ou lui irait à l’étranger. Et à son arrivée au Sénégal, je pense avoir saisi qu’il avait sa soeur dans ses bagages. Mais bon, passons … Le narrateur débarque donc au Sénégal, et s’inscrit à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.

Là, il trouve une communauté congolaise déjà bien installée, qui le prend tout de suite sous son aile. Malgré les avertissements de ses aînés, il veut « goûter » aux femmes sénégalaises et se rend compte (d’après lui) que les  » femmes sénégalaises ne sortent pas avec les hommes, mais se marient  » […] Mais son expérience en terre sénégalaise ne se limite pas aux élans du corps (et du cœur). Il fait aussi la connaissance de la Téranga, cette propension bien Sénégalaise à toujours inviter les étrangers à partager le repas. Le narrateur fait état d’une « hypocrisie » qu’il décèle entre le fait de vouloir réellement avoir des convives étrangers ou pas … Comment savoir à l’avance si notre hôte veut de nous pour de vrai ou si son invitation est factice? Et une fois décriée cette Téranga, au fils des pages, je découvre que le narrateur en a profité, car il a été hébergé par une famille sénégalaise durant quelques jours quand la guerre a éclaté dans son pays.

J’ouvre une deuxième parenthèse. Loin de moi tout chauvinisme ! Car je mets un point d’honneur à ne jamais être subjective dans les articles, et surtout les notes de lecture que j’écris dans ce blog. Mais quand on vit dans un pays, on se renseigne sur les us et coutumes locaux, et l’on pratique aussi ces modes de vie et suivant les années passées dans ce terroir, on est amené à avoir une appréciation pas toujours positive (car tout n’est pas rose), mais objective ! Et je trouve que tel n’est pas le cas de notre globe – trotteur. Un jeune mâle en quête de sensations peut vouloir se frotter aux femmes Sénégalaises, ce qui est tout à fait normal, mais de là à dire « qu’elles se marient » uniquement, j’en doute fortement ! Ou nous n’avons pas vécu dans le même Sénégal !!

La guerre vient chambouler la vie de notre jeune homme. Il il en vient à perdre sa bourse d’études, somme lui ayant permis de vivre jusque – là. Il fallait à partir de ce moment lever l’ancre ! Il emprunte le montant du billet pour la France, et s’envole pour l’Hexagone.

Et c’est là où les cartes s’emmêlent. Car si dans la première partie du récit, j’ai pris beaucoup de plaisir à lire ses mésaventures qui m’on beaucoup amusée, mais ensuite je n’ai pas compris la transition qui s’est opérée. Ayant pour principe d’envoyer toutes les semaines des mails à ses proches, ces échanges de courriels se mélangent avec ses récits quotidiens, et ceci donne un mélange assez alambiqué. Le nouveau venu s’installe à Paris, ensuite cFB_IMG_1430354793638-1ap sur Lyon, Orléans, Londres, Bruxelles, l’Espagne, au bas mot un nombre assez conséquent de villes, si je n’en ai pas oublié quelques – unes en chemin. Reconnaissons que son parcours est hétéroclite et sied parfaitement à l’âme de voyageur que l’on sent à travers les pages.

De déconvenues en gouffres financiers, notre narrateur conte par le menu tout ce qu’il vit (quelques fois stoïquement, d’autres pas) dans ces landes loin de son pays natal, les recherches d’emploi, les stages, les cours qu’il rate parfois pour travailler, les échecs amoureux, le tout avec un humour caustique.

Au moment de donner mon ressenti d’après lecture, je suis partagée.

Je ne peux dire que j’ai aimé ce livre, mais je ne peux pas non plus dire que je ne l’ai pas aimé. Ce que j’ai apprécié par dessus tout, c’est le maniement de la langue. L’on voit que l’auteur a un niveau de français très correct, et c’est toujours un bonheur de lire un livre bien écrit. Je n’abhorre rien tant que les ouvrages truffés de fautes de frappes et autres coquilles. Le livre est bien écrit, les expressions et citations qui y sont savamment glissées m’ont énormément plu. Mais d’un autre côté, j’ai trouvé par moments le récit un peu décousu, manquant de structure, et pas du tout chronologique. La lectrice que je suis s’est retrouvée désarçonnée et a eu du mal à se retrouver entre les chapitres. S’il y a bien une chose qui m’a fatiguée, c’est bien cela et ça a quelque peu atténué mon plaisir, car en alourdissant la charpente du livre, cela m’a donné envie de ne pas le terminer.

Mais à part cela, c’est un livre que je recommande ! Car beaucoup d’Africains ayant eu un parcours aussi singulier s’y reconnaîtront !

Un livre à lire !

On le trouve dans toutes les plateformes de vente habituelles (Fnac, Amazon …)

Bonne lecture

NFK

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