Publié dans Bouquinage

Lu et adorééééééééééééééééééééééééééééé : Chroniques du Katanga

Une fois n’est pas coutume, dans ce post, tout comme le titre l’indique, il est question d’un livre ! Depuis peu, mes articles portent essentiellement sur la littérature. Et beaucoup de lecteurs m’en font la remarque. J’ai conscience que je parle de plus en plus de livres, mais ce n’est pas une raison pour faire de ma petite bulle un blog … littéraire !

Comme je l’avais mentionné il y a quelques années lors de sa création, dans ce blog , il n’a pas de ligne directrice … Cet espace  de blogging est le concentré de ce que j’ai dans la tête … Alors ne vous inquiétez pas, chers abonnés ou visiteurs occasionnels, je n’ai pas changé d’orientation … J’ai énormément de brouillons de billets d’humeur. Il faudrait que je lève un peu le nez de mes bouquins et que j’en poste quelques – uns. Ce qui sera fait sous peu, je le promets ! Car vos feedbacks et remarques pertinentes sont le socle de ce blog !

Le XIVe Sommet de la Francophonie à Brazzaville en 2012 a été le prétexte pour rassembler des auteurs d’horizons divers et publier des recueils de nouvelles. Ce qui a donné Chroniques du Congo dont j’ai parlé juste ici : https://cequejaidanslatete.wordpress.com/2015/04/15/lu-adore-chroniques-du-congo/. J’ai enchaîné avec le 2e volet, intitulé Chroniques du Katanga, livre qui est le sujet de ce post.

katangaLe Katanga, province méridionale de la République Démocratique du Congo, est une région dont j’ai entendu parler pour ses (anciennes) velléités sécessionnistes. En fouillant l’histoire (politique) du Congo, j’ai lu que l’Etat katangais a déclaré son indépendance en 1960, après l’accession de la RDC à l’indépendance. Moïse Tshombe est celui qui a mené cette révolution, avant de voir la région ramenée sous la coupelle du reste du pays quelques années plus tard.

Sa capitale Lubumbashi – que j’ai longtemps appelée Lumumbashi (lapsus révélateur) abrite une zone riche en minerais. Pour exemple, c’est des mines du Katanga qu’est venu l’uranium ayant permis de fabriquer les bombes d’Hiroshima et de Nagasaki.

Trêve de niaiseries géopolitiques ! J’en vois déjà qui bâillent à s’en décrocher les mâchoires ! Je voulais juste camper le décor pour mieux comprendre les lignes qui vont suivre …

Dominique Ranaivoson, dans la magnifique préface, cite Jano Bakasanda :  » Ecrire sur, sous et dans la violence, l’espace d’un cessez le feu, voilà le pari d’une écriture responsable, plurielle, devenue une préfiguration du futur. Nous pourrions parler d’une  » violence anti – violence  » littéraire avec pour armes, les mots. L’écrivain, forgeron de la liberté, est pris en tenailles entre un désir d’engagement qui le porterait au reportage dans un inventaire exhaustif des plaies ouvertes qui, sous couverts de fidélité au réel, étoufferait tout travail artistique, et une fascination pour  » l’orfèvrerie langagière  » au service d’une introspection qui écarterait le monde « .

Les auteurs, chacun avec son style et la façon dont il voit ce territoire qu’est le Katanga, couche sur le papier la colère, la tristesse, la joie ou l’amertume face à la décrépitude de l’environnement. Car il est utile de rappeler que la région du Katanga est sujette à une exploitation impitoyable de ses richesses.

Chroniqueskatanga_450Jean – Luc Malango Kitungano, dans sa nouvelle Testament d’un vieillard du Katanga, parle de cette lande riche que les imbéciles divisent sans merci, par la voix de son narrateur, un vieil homme à l’article de la mort :  » Moi je rétorquais toujours que le développement sans des leaders sociaux visionnaires, des structures adéquates et une population préparée est une illusion … « 

Le cuivre est le nerf de la guerre au Katanga. Ce n’est pas pour rien que la région se fait appeler terre du cuivre. La Gécamines (Générale des Carrières et des Mines) emploie tous les gros bras pouvant y travailler et extraie dans des conditions similaires au suicide les précieux métaux.

Cette richesse est acheminée sous d’autres cieux au détriment de la population qui n’en voit pas le bout. Et raison pour laquelle les jeunes filles, laissées à elles – mêmes sombrent dans la prostitution, de même que les jeunes enfants de la rue – les  » shégués « , qui, faute de l’accompagnement nécessaire, errent en bandes et survivent comme ils peuvent.

Dans sa nouvelle Putain de guerre, Dieudonné Muamba évoque ce conflit meurtrier qui décime la région et éparpille les enfants :  » Bienheureux, pour toutes les souffrances endurées par mes copains et moi de l’autre côté de la frontière, par la lâcheté de nos familles incapables de nous défendre contre nos kidnappeurs qui nous ont séquestrés en enfer pendant des années, je vous condamne à mort ! Oui, je vous tuerai. Je vous tuerai tous, je vous tuerai, je vous tuerai … « 

J’ai pleuré quand j’ai lu ces belles et violentes lignes, véritable cri du coeur d’un Katangais impuissant face au marasme sociétal et économique qui mine sa région. Face à cette situation, il n’a que ces mots. Mais ces mots, ce ne sont pas que des mots ! Car ils nous permettent d’appréhender au mieux ce qui se passe dans cette région parmi les plus riches du monde et de rejoindre la douleur muette des autochtones.

Je pourrais continuer à parler des heures de ce magnifique livre, qui m’a bouleversée ! Je pense faire une pause, puis le relire, car toutes les nouvelles m’ont enchantée, sans exception. Et pour mon plus grand bonheur, je me suis délectée des expressions lingala glissées de ci de là entre les phrases … Ah le lingala, quelle superbe langue !

Je suis encore sur mon petit nuage, alors laissez – moi le temps d’en redescendre !

Chroniques du Katanga, un livre à liiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiire 🙂

Bonne lecture

NFK

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