Quand nous venons au monde, l’heure et le lieu de notre mort sont déjà programmés. Le Seigneur, dans Son infinie miséricorde, décide quand et comment doit prendre fin notre passage sur Terre. Nous ne l’occultons certes pas, mais nous nous comportons parfois comme si notre vie n’allait jamais connaître un épilogue et que l’au – delà n’était « que » pour les autres …

Que nenni ! Le moment où nous serons enfouis sept pieds sous terre varie d’un individu à un autre, mais il arrivera … INELUCTABLEMENT !

Vous devez vous demander ce qui se passe dans ma tête pour que je commence ce post par des notes aussi macabres … Je vous comprends, car parler de la mort n’a rien de joyeux, mais nous y passerons tous ! Je ne suis pas en train de vous faire mes adieux – enfin je l’espère -, mais vous avez compris que cet article a pour sujet la grande faucheuse, cette traîtresse !

Avant de continuer et d’expliquer le pourquoi du comment de cet article, j’aimerai faire une petite précision. Nous avons tous des façons différentes d’exprimer notre deuil et in extenso, de nous comporter face à la mort. Les lignes qui vont suivre expriment mon ressenti face à un phénomène qui me préoccupe grandement. Loin de moi l’idée de faire la leçon à qui que ce soit, car n’étant pas parfaite, j’apprends au jour le jour dans cette grande école qu’est l’univers …

Ordinateur-Tombstone-620x350En observant les réactions de mon entourage par rapport à la mort, j’ai eu envie d’écrire là – dessus. Et l’aspect qui m’a le plus dérangée, c’est l’incursion de la mort dans les réseaux sociaux. Vous savez, ces sites de micro – blogging tels que Tumblr, Facebook ou Twitter et de partages de photos comme Instagram.

Tous les jours ou presque, je vois passer l’annonce du décès de quelqu’un avec la mention RIP.

Et ce qui me fait tiquer le plus, c’est non seulement le long texte d’hommage (s) surplombé d’une photo du défunt, mais aussi les tags. Les habitués des réseaux sociaux savent ce qu’est un tag. Mais si vous n’en êtes pas un, sachez qu’un tag est un mot – clé permettant de nous retrouver sur une publication ou une photo. Quand on publie sur les réseaux sociaux, notamment Facebook, on peut tagger nos amis en incorporant leur nom sur nos différentes publications, de sorte que celles – ci apparaîtront sur leur (s) profil (s). Il n’est pas rare de voir RIP Mr X ou Mlle Y, comme si la personne décédée avait la faculté de faire un aller – retour de l’au – delà pour venir répondre aux si gentils messages et retourner dans sa tombe …

Soyons sérieux un instant !

Et ce qui m’agace le plus, c’est l’abréviation RIP. Que signifie RIP ? Si on peut écrire RIP, on peut bien tout écrire, à savoir REST IN PEACE, non ? Une personne a poussé le vice jusqu’à décrire tout ce qu’elle faisait avec son ami décédé, le tout dans un montage photo où elle s’est prise en photo en train de verser de chaudes larmes. Ambiance …

Nous passons une grande partie de notre temps sur les réseaux sociaux, quantité d’informations importantes concernant nos activités y figurent. L’internet est devenu un mal nécessaire. On y blogge, on y lit nos mails, on en écrit, on y développe une activité professionnelle … Mais si je puis donner un humble avis, la MORT n’a rien à y faire !

Le deuil est si intime et la douleur que l’on ressent si intense que je ne comprendrais jamais le fait d’étaler l’annonce d’une mort sur Facebook ou Twitter. Et les « likes », parlons – en des « likes » ! A quelle fin « like » – t – on  la photo d’une personne décédée ? Pour « aimer » le fait qu’elle ne soit plus de ce monde ? Si vous avez des pistes de réflexion, merci de les partager avec moi, car j’ai beaucoup de mal à comprendre !

Me voici à la fin de ce post pas des plus joyeux, je vous l’accorde … Le principe même du blogging est le partage, alors merci encore fois d’avoir pris le temps de lire ce post, ma petite bulle et moi – même vous en remercions !

PS : si jamais je ne suis plus de ce monde, merci de fermer mes comptes Facebook, Twitter et Instagram, de façon à ce qu’aucune photo de moi n’y figure et que le fil d’actualité de mes « amis » ne soit saturé d’hommages tous plus appuyés les uns que les autres ! Mais laissez au moins ce blog ouvert, de façon à ce que je continue de vous hanter avec mes écrivouillages 😉

Bonne lecture,

With all my love ❤

NFK

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9 réflexions sur “La mort à l’ère du web 2.O

  1. Même si tu fermes tes comptes, les photos demeureront parce que tes amis afficheront certainement des photos avec toi. D’accord avec toi sur le fait de tagger. Je trouve cela bizarre. Quant au R.I.P, je diffère un peu, pour l’avoir utilisé récemment, je pense que c’est une formule comme une autre comme Lol ou MDR. Maintenant, comme souvent, il s’agit plus de l’intention de celui qui l’utilise et sur ce point on ne peut rien savoir. Personnellement, je pense que même si les réseaux sociaux sont bourrés d’hypocrisie (fidèle photocopie de la vie en fait), ils demeurent aussi habités par des gens normaux, aimants, qui ne font que parfois partager leur vécu et sont VRAIS. Donc pour affaire de deuil, je crois que chacun fait en réalité comme il le sent et on ne peut pas juger…. Faire un post, ne veut pas dire qu’on a pas de douleur, c’est parfois juste une expression de cette douleur et dans ce cas, je parle précisément pour moi-même, pour l’avoir vécu cette semaine. PS: tu ne nous as finalement pas dit ce qui a motivé le post. PS2:: pardon pour le long commentaire.

    1. Toujours un plaisir de te lire Anna 😉
      Ce qui a motivé le post, c’est simplement l’onservation que j’ai opérée face au comportement qu’a mon entourage devant la mort.
      Un cas m’a surtout énervée et m’a donné envie de coucher mes impressions dans le blog ^^

      1. looool, les cas là heinnnn. Y en a toujours des comme ça comme on dit chez nous au CMR. En tout cas bel article (oui emportée ma fougue, j’ai oublié de le signaler.

      2. Ah çaaa, et on prend ça cadeauuu heinnn. En même temps est mieux ou bien? (l’Afrique et ses expressions lol). De rien Madame l’amie de mon ami.

  2. C’est par le pur des hasards que je suis tombé sur ton blog. Je l’ai visité, suis aussi tombé sur ce post, et du coup me suis senti interpellé. Comme toi, je me suis plusieurs fois interrogé sur ce sujet, et je trouvais peu pertinent de parler de mort sur Facebook et les réseaux sociaux de manière générale, car pour moi le deuil se fait seul (j’ai perdu mon père et sais un peu ce qu’est un deuil). Ce, jusqu’à ce que la mort emporte récemment un ami qui, il n’y a pas longtemps avait posé lui-même le débat sur Facebook. Et les avis étaient très partagés. A sa mort au mois d’avril, à la fleur de l’âge, qui avait surpris et choqué plus d’un; des témoignages, des posts ont fusé de partout. Même si je n’ai pu sonder le fond de leurs cœurs, je sais que pour la plupart des personnes, les hommages étaient sincères et sérieux. Moi même qui étais contre cette manière de procéder, lui ai rendu un hommage à travers un petit texte publié sur mon mur (sans tag, ni photo) et j’ai conçu ce message comme un monologue. J’ai vu aussi, une personne aller jusqu’à sa tombe, prendre une photo entrain de « se recueillir » et « prier » pour lui et la publier; ce qui m’avait beaucoup choqué. Mais je me dis que c’est sa façon de lui rendre hommage et que peut être c’est sincère.
    Lors des attentats de Charlie Hebdo, des célébrités comme des personnes lambda à travers surtout le célèbre hashtag #JesuisCharlie ont rendu hommage aux morts à leur façon et je pense que chez bien des gens c’était sincère même si au passage on peut déplorer un certain panurgisme.
    Je pense que le fait d’écrire ce post en partant de la perspective de tes croyances et ta foi a biaisé les choses. D’emblée, tu parles de « Seigneur », « de miséricorde », qu’en pensent, ceux qui ne croient ni en Dieu (un bouddhiste, un athée,…), ni aux dieux ? Tu dis aussi que « parler de la mort n’a rien de joyeux » mais ça dépend car chez des soufis (mystiques musulmans) par exemple, la mort est un signe de la miséricorde divine et il n’y a pas mieux qui puisse arriver à l’homme, et c’est mon avis. Aussi chez les Balantes ( de la Casamance et de Guinée Bissau), la mort d’une vieille personne se fête, pompeusement des fois ! Comme quoi, tout est relatif à la culture et/ou à la religion.
    Il est vrai qu’Internet, de par les réseaux sociaux, a changé nos habitudes, et comme il a été dit dans le premier commentaire: la façon d’être dans les réseaux sociaux est à l’image de celle que nous avons dans la vie tout court. Si nous pouvons parler d’une musique, publier une photo avec une idole, commenter et partager un gag, pourquoi ne pas parler de mort ? Après tout cela ne tue pas, de parler de la mort (lool) ? N’est-elle pas juste relative à une humeur, un état d’âme comme tous les autres ? Peut-être faudrait-il juste un peu de tenue et de retenue !
    Je suis vraiment désolé d’être aussi loquace ! J’espère que ma longue piste (de réflexion) te sera praticable et te servira dans ton voyage dans l’univers 🙂 .

    1. Merci Souleymane
      Merci d’avoir pris le temps de visiter le blog. C’est toujours un honneur de recevoir des commentaires qui ne font que m’enrichir et suscitent des débats quant aux thématiques que je développe dans ce petit blog.
      La question de la mort est une question sensible, car chacun (e), du point de ses croyances spirituelles, sociétales et tutti quanti, appréhende différemment l’arrivée de la grande faucheuse.
      Toutes mes condoléances pour la perte de ton papa. En partant du postulat que tu sais ce qu’est un deuil, n’y a – t – il pas une petite contradiction avec le fait que tu aies rendu « hommage » à ton ami décédé sur Facebook?
      Ton angle de vue m’intéresse …
      J’aimerais continuer la discussion, si tu le veux bien
      Mon email : nfatoukane@gmail.com
      Bien à toi,
      Ndèye Fatou

      1. Ok ! C’est toujours un plaisir pour moi de discuter, d’échanger et de débattre.
        Je pense qu’il n’y a pas de contradiction. Cet « hommage » était posté sur mon mur, sans aucun tag, sans photo. Et seuls mes amis sur Facebook peuvent le voir. Je l’ai surtout fait et Dieu sait que j’ai hésité, pour témoigner de la grandeur et de la bonté de cette personne particulière avec qui pendant trois ans, j’ai partagé la même classe. C’est l’intention qui prime surtout, comme dans toute chose que nous faisons dans la vie ! Dans son livre autobiographique Nelson Mandela a rendu de vibrants hommages à Oliver Tambo, au Régent. Et on en ressent toute la sincérité!
        Pour mon père, je lui ai rendu « hommage », en écrivant un « poème ». Et Dieu sait que cela m’a apaisé. C’est juste une façon de « refouler » l’énergie négative inhérente à la mort, de l’extérioriser. C’est comme si en écrivant ce post, un « monologue », quel que soit le support, on se décharge. Bien sur qu’il y’en a qui cherchent le BUZZ. Je pense aussi que le fait d’écrire des poèmes sur sa fille à aider Hugo à faire le deuil de sa fille Léopoldine.
        Qu’on fasse la publication sur un livre, un post; c’est juste le support qui change.

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