Publié dans Réflexion

Eh oui 7 ans !!

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Par où commencer ?
Eh bien, par le début tiens …

Tout a commencé avec les cahiers de 50 pages Topic, que je noircissais avec des histoires imprégnées de ce que je lisais (les Contes d’Ahmadou Koumba, Leuk le Lièvre, le Club des Cinq, Fantômette, Ben & Mortimer). Chemin faisant, les goûts littéraires se sont affirmés, les romans de Danielle Steel ont fait leur apparition, de même que les prémices de ma  grande histoire d’amour avec la littérature africaine : Ahmadou Kourouma mon amoureux, C.Hamidou Kane, Ahmadou Hampâté Bâ et tous les autres.

Parallèlement à cela, j’écrivouillais toujours, essayant maladroitement de reproduire des récits ayant ma propre signature …

Avec le boom des réseaux sociaux, j’ai transvasé mes récits de mes cahiers à Facebook, ce magnifique outil qui m’a permis de vulgariser mes écrits, et d’élargir le lectorat. Lectorat qui s’est vite retrouvé submergé par mes écrits (sisi avouez – le), et qui ne faisait que « liker » hahahah !

Jusqu’à ce qu’au détour de mes pérégrinations sur la toile, je découvre la bloggosphère. Et devinez quoi ? Je disposais d’un espace illimité où je pouvais écrire à satiété. Et c’est ainsi que Ma petite bulle est née ! Mon petit bébé qui fête ses 7 ans aujourd’hui …

Compagne de mes joies, de mes peines, celle à qui je pense automatiquement quand un événement heureux ou malheureux survient dans ma petite vie …

Dans cette fabuleuse aventure, m’ont rejoint des lecteurs fidèles, critiques de la première heure, qui avec leurs commentaires acerbes pour la plupart, m’ont boostée et encouragée comme jamais … Mais c’est parce qu’ils me lovent troooop !

Ce blog est une grande partie de moi, car des articles que j’y ai écrits est née l’idée du babybook Le malheur de vivre.
7 ans plus tard, avec 200 000 vues, 768 commentaires et + de 200 visites / jour, je vous dis un grand MERCI à vous tous qui me lisez de par le monde et m’encouragez constamment !

Love ❤
NFK

En attendant, c'est par là que ça se passe : http://www.cequejaidanslatete.wordpress.com où vous trouverez notes de lecture, biographies, opinions, coups de coeur, mais aussi coups de gu*ul* !

Publié dans Bouquinage

Lu et adoré : American Darling de Russell Banks

J’ai tellement apprécié ce livre que j’ai mis deux fois plus de temps à le terminer, ne voulant pas arriver à la fin trop vite …

« Le Liberia est un lieu hanté en permanence de fantômes vengeurs, et j’y avais commis bien des péchés ». C’est sur ces tristes paroles que s’achève American Darling.

Russell-banks-American-DarlingAmerican Darling c’est l’histoire de Hannah Musgrave, ou encore Dawn Carrington, ou Madame Woodrow Sundjata. Vous vous demandez sans doute comment une personne peut avoir trois identités, aussi disparates les unes que les autres … Mais il faut savoir que l’histoire de Hannah n’a pas été facile, la vie n’ayant pas été tendre avec elle … Née dans le Massachusetts d’un père médecin dont le narcissisme n’égale que le nombre de fidèles qui lui est dévolu, et une mère aussi soumise qu’acariâtre, Hannah apprendra à se détacher de tout ce qui l’entoure et à ne pas se laisser abattre par les événements inhérents à sa petite vie.

Dès son adolescence, elle exprime le désir de prendre ses distances avec le mode de vie conventionnel auquel la destinait ses parents. Elle intègre le mouvement clandestin des Weathermen, déménage d’Etat en Etat et fait la rencontre de Zack, acolyte agitateur. Ensemble, ils émigrent au Ghana, terre d’accueil de nombre d’Afro – Américains à la recherche de leurs racines. Là, elle trouve un travail d’aide – soignante, alors que Zack prospère dans le commerce d’objets d’art.

Mais, cette vie réglée comme du papier à musique ne lui sied guère. A la faveur d’une propostion de poste dans un laboratoire pour chimpanzés, elle déménage au Liberia, petit pays d’Afrique de l’Ouest, envahi par la végétation et où elle aura au début du mal ses marques. Car en fait de laboratoire, elle échouera dans une petite bicoque attenante à un abri où sont enchaînés des chimpanzés, à qui l’on prélève quotidiennement du sang …

Mais la vie étant une succession de rencontres, son recruteur, qui ne s’avère être autre que le Ministre de la Santé Publique, le dénommé Woodrow Sundjata, deviendra, par la force des choses, son époux. Commence alors la nouvelle vie de Mme Sundjata. Rapidement, Hannah met au monde trois fils, Dillon, et les jumeaux William et Paul.

Le Liberia étant en ces temps – là gouverné par William Tolbert, despote sanguinaire ne songeant qu’à exploiter le peuple. L’inflation était galopante et pour se nourrir il faut recourir aux solutions les plus extrêmes, et les Libériens n’en peuvent plus … William Tolbert renversé, Samuel Doe est au pouvoir. Aidé par son ennemi (paradoxal en effet), le nouvel homme fort met à sa merci Woodrow et la condition sine qua none qui lui est imposée pour qu’il conserve la vie sauve, est que Hannah quitte le Liberia.

De retour aux USA, elle tentera de recoller les morceaux de son fragile passé … sans toutefois y parvenir. Son père décédé, elle ne pourra cohabiter avec cette mère qui projette sur tout son entourage sa colère d’avoir vécu dans l’ombre de son mari.

Hannah retourne habiter avec son ancienne amante, Carol. Et ôh surprise, celle – ci vivait avec Zack, l’ancien acolyte de Hannah. Dans ce qui s’avèrera ne pas être un pur hasard, ils fomenteront ensemble l’évasion de Charles Taylor, qui devait rejoindre un camp d’entraînement en Lybie et prendre le pays des mains de Samuel Doe. Ceci étant fait, Hannah pourra regagner le Liberia, car Doe lui a permis de rentrer, après six mois d’exil.

Une fois là – bas, les cartes seront en ses mains : elle vire Satterthwaite, le chauffeur de Woodrow et son ancien amant, de même que Jeannine, la maîtresse de Woodrow, car elle veille désormais à faire de Dillon, William et Paul, ses trois fils de petits « Américains ». Et la cerise sur le gâteau, sera l’édification d’un refuge pour chimpanzés dans l’ancienne prison désaffectée de Toby, avec le soutien de Samuel Doe.

628x471Six années passent avant que l’équilibre fragile qu’avait réussi à (re) constituer le Liberia ne soit détruit avec la montée en puissance de Charles Taylor revenu en conquérant. Aidé de son lieutenant Prince Johnson, il amorce sa montée sur Monrovia, la capitale libérienne, en prenant petit à petit les villages environnants.

La guerre fait rage. A mesure que le conflit progresse, les ambitions s’affichent : Samuel Doe s’accroche à un pouvoir bringuebalant en minimisant l’avancée de Taylor, Prince Johnson forme son armée, et le peuple trinque !

Au moment où il compte regagner Fuama son village, Woodrow est assassiné par Satterthwaite son ancien chauffeur sur ordre de Samuel Doe, car le soupçonnant de traîtrise. Voulant regagner la maison un court instant pour récupérer des effets personnels, Hannah ne retrouve pas ses fils, qui se sont purement et simplement volatilisés !

Ne voulant pas ouvrir les yeux sur l’étendue du conflit qui mine le Liberia, il aura fallu que Sam Clement, représentant diplomatique des Usa au Liberia lui fasse visionner une cassette vidéo où est mise en scène l’exécution de Samuel Doe pour que tout se mette en place. Ses fils chéris, Dillon, William et Paul, sont devenus des machines à tuer et se font appeler désormais Pire – que – la – mort, Mouche et Démonologie. Effarée, Hannah les voit couper le pénis et les oreilles de Doe au nom de la vengeance pour leur père. Tout aussi effrayée, elle apprend qu’elle a été utilisée pour permettre à Charles Taylor de s’évader de prison et revenir au Liberia en conquérant.

Forcée de tout abandonner, elle retourne à la terre de départ, à savoir les Usa. Et après la mort de sa mère, elle tentera de se reconstruire une nouvelle vie dans sa ferme des Adirondacks.

C’est en nous narrant sa nouvelle existence que s’ouvre et se ferme ce magnifique roman de Russell Banks, sans oublier le retour en terre libérienne. C’est le premier – et pas le dernier – de ses livres que j’ai lus.

Ce que j’ai le plus apprécié, au – delà de la magnifique description et le puissant réalisme du personnage de Hannah, c’est la façon dont Russell Banks, en mêlant astucieusement fiction et réalité nous narre la cupidité des Usa dans ce conflit meurtrier qui a ravagé le Liberia. Car entre William Tolbert le despote assoiffé de richesse (s), Samuel Doe l’analphabète doublé du soulard, Prince Johnson le second qui veut passer homme fort et Charles Taylor le fin renard, le Liberia en a vu de toutes les couleurs. Autre chose qui m’a énormément plu dans ma lecture, c’est la façon dont Russell Banks met à nu les pensées de cette femme au crepuscule de sa vie en dépeignant aussi crûment ses états d’âme.

American Darling, un livre à lire et à faire lire !