Publié dans Music

Que s’est – il passé Mademoiselle Simone ?

Je viens à l’instant de finir de visionner l’excellent documentaire What happened Miss Simone ? (Que s’est – il passé Mademoiselle Simone ?) et comme d’habitude quand quelque chose me passionne, de quelque nature que ce soit, il faut que j’en parle dans ma petite bulle … Et ce documentaire ne déroge pas à cette règle.

Je suis une fan inconditionnelle de Nina Simone, Eunyce Kathleen Waymon à l’état – civil. Pas à cause de ma grande ressemblance avec elle (l’avez – vous remarqué ?), dont je ne suis pas peu fière, mais du parcours torturé et remarquable qu’elle a eu …

Ses chansons ont toutes été des tubes et ont résonné à des époques différentes, de façon à montrer l’engagement de l’artiste. Je prends pour exemple la période de lutte pour leurs droits civiques des personnes dites « de couleur » dans les années 1950 – 1960 en Amérique. Période durant laquelle beaucoup d’artistes ont usé de leur voix pour que cessent la ségrégation et les meurtres des noirs. James Baldwin, Otis Redding, Martin Luther King, Malcolm X, James Baldwin … Autant de noms qui se sont montrés actifs durant cette lugubre période de l’histoire des Etats – Unis …

Nina-Simone-Documentary-NetflixMais avant de parler plus avant de l’immense artiste que Nina Simone fut et restera à jamais, intéressons – nous à sa vie de femme … Quand j’admire une personne, au – delà des strass et paillettes dont on recouvre son existence et sa carrière, suivant son domaine d’activité, j’aime bien creuser sous le vernis pour voir ce qui se cache sous les dorures et autres lambrissures … Et ce qu’on découvre est souvent d’une tristesse !

Pour en savoir plus sur Nina, j’ai commencé par lire l’excellente biographie mi fiction – mi réalité que lui a consacrée Gilles Leroy et dont j’ai parlé ici : https://cequejaidanslatete.wordpress.com/2015/02/20/lu-approuve-et-adore-la-biographie-de-nina-simone-by-gilles-leroy/. A Tryon, en Caroline du Nord, commence l’odyssée de celle qui ne s’appelait pas encore Nina Simone, mais répondait encore au patronyme d’Eunyce. Se faisant remarquer par son don incroyable pour le piano, elle donnera quantité de récitals dans cette petite bourgade et avec l’aide de sa bienfaitrice (blanche), commencera à prendre des cours.

Et là débute sa fulgurante ascension. Consciente qu’avec son nom plus que campagnard, elle n’ira pas loin, elle devient Nina Simone !

Elle fait la connaissance d’Andrew, qui plaque sa carrière de policier pour manager sa carrière … C’est là que se situe l’intrigue du documentaire. On nous montre Nina au sommet de sa gloire, enchaînant concerts sur concerts, et ce dans les plus grandes salles du monde (dont le mythique Carnegie Hall où elle avait toujours rêvé de jouer). Et qui dit concerts, dit forcément rentrées d’argent. C’est une période faste pour sa carrière et ses affaires, gérées d’une main de fer par son mari … Sa fille Lisa naît, et le couple devient une sorte de Ike & Tina du blues.

Le-documentaire-sans-concession-sur-Nina-Simone_article_landscape_pm_v8Mais ceci n’est que la partie émergée de l’iceberg …

De l’autre côté du rideau, l’on voit une femme battue, pressurée par son mari qui ne pense qu’à l’argent, une mère contrainte d’abandonner sa fille aux mains des nounous (treize se succéderont, de l’aveu de Lisa), une artiste qui ne peut s’exprimer que sur scène …

Fatiguée, lessivée de devoir chanter sur commande, elle trouve en la période des luttes civiques un exutoire qui lui permet d’exprimer son vrai « moi ». C’est sa période engagée, où elle compose des titres tels que To be young, gifted and black, Goddam Mississipi, ou encore Blacklash blues, pour ne citer que ceux – là. Très vite, l’engagement finit par prendre le dessus … Nina utilise la scène pour faire des déclarations enflammées, exhortant les black people à prendre les armes … Les contrats se font rares, les médias préfèrent inviter des artistes telles que Aretha Franklin, ou Gladys Knight, plus « bankable » et « mainstream ».

Elle quitte les Etats « Subis » d’Amérique pour aller découvrir l’Afrique. Rejointe par sa fille au Liberia, celle – ci ne reconnaîtra pas en cette femme qui faisait la fête tous les soirs sa mère pétrie de talent.

Les finances à sec, Nina revient en Europe (en Suisse, puis en France), pour essayer de se donner une seconde chance … Mais, le showbizz, ça ne pardonne pas …

Et c’est là que commencera la troisième phase de sa vie : celle où elle est diagnostiquée bipolaire et maniaco – dépressive. Son traitement, fait d’antidépresseurs et de somnifères, lui permettent juste de tenir sur scène. Quand elle ne les prend pas, elle connaît des accès de rage dévastateurs, durant lesquels personne n’est épargné, pas même sa fille Lisa, qui confesse « que sa mère prenait plaisir à la frapper et quand elle pleurait, elle s’avouait satisfaite … »

Grandeur et décadence …

7953834-12365538Si je devais résumer ce film, fidèle à l’icône que fut Nina, j’utiliserai ces deux mots !

Je n’en dirai pas plus.

What happened Miss Simone, un superbe film à voir assurément !

Love

NFK

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