Comme toujours, lorsque je parle d’un ouvrage politique, je tiens à faire des précisions, car les sensibilités et appartenances politico – culturelles prêtent souvent à confusion. De plus, lorsque j’évoque la sphère politique d’un pays « étranger », je veille à ce que les choses soient claires …

Carte-cote-d-ivoireEt ce pays, vous l’aurez compris à la lecture du titre du post, est la Côte – d’Ivoire, anciennement appelée la Terre d’Eburnie, pays – phare de l’Afrique de l’Ouest.

Donc, avant de me mettre à disséquer l’ouvrage de Bernard Houdin et d’en donner mon ressenti, je tiens à dire que je ne suis ni du RDR, ni du FPI, ni du FPI, du nom des principales formations politiques dirigeant les instances de décision ivoiriennes.

Je suis immensément passionnée par l’histoire africaine, et suis constamment à la recherche d’ouvrages traitant de l’histoire, de la politique, des événements ayant eu lieu dans divers pays, afin de pouvoir être informée autant que faire se peut des remous – s’il y en a – dans la sphère géopolitique africaine.

Le cas de la Côte – d’Ivoire m’a toujours intéressée. Ce pays, qui a connu une ascension économique fulgurante, a « régné » sur l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest et même au – delà, connaissant une conjoncture économique et socio – culturelle prospère. Ceci pouvant être imputé en grande partie à ses richesses naturelles telles que le café, le cacao, à ses ports facilitant l’exploitation, à ses infrastructures routières favorisant l’échange avec les autres pays de la sous – région.

Cette « relative » stabilité a été rendue possible sous le magistère d’un homme : Félix Houphouët Boigny, le premier Président de la République de la République indépendante de Côte – d’Ivoire.

Il a régné sur son pays pendant cinq décennies. 50 ans durant lesquels il a « verrouillé » le système politique de son pays, instaurant le système du parti unique avec sa formation politique, le PDCI (Parti Démocratique de Côte – d’Ivoire). Concernant sa présidence, les avis sont partagés : si d’aucuns lui reconnaissent son éminent statut de Père de la Nation, celui qui a véritablement mis le pays sur les rails de l’émergence, d’autres sont dubitatifs … Chaque médaille possède un revers, me direz – vous. A travers le vernis de patriarche dont il se parait, le « Vieux », comme il était affectueusement surnommé, a instauré un système à travers lequel il éliminait les opposants (supposés ou véritables), achetait la fidélité à coups de nominations bien senties, s’allouait le silence de ses potentiels détracteurs …

Mais, tout règne a une fin. La Côte – d’Ivoire connaît ses premiers soubresauts à la disparition du « Vieux ». La date du 7 Décembre 1993 est une date – clé pour comprendre l’évolution politique de la Côte – d’Ivoire. Comme stipulé dans la Constitution, Henry Konan Bédié, le Président de l’Assemblée Nationale, est celui qui est tout désigné pour succéder au « Vieux ».

12025335_937780619627755_969054829_nAprès la période de transition de deux ans, Konan Bédié devient officiellement Président de la République en 1995. Mais cette présidence ne se fera pas sans heurts. Car en même temps qu’il « installait » Konan Bédié comme son dauphin potentiel, le « Vieux » ne savait pas que sa guerre de succession s’ouvrirait à son décès. Un deuxième candidat à la Présidence émergera, en la personne de Alassane Dramane Ouattara, Premier ministre du gouvernement élargi. Il fera valoir son ambition à la Présidence, en contestant la légalité de la candidature de Konan Bédié.

Pour contester la succession de Alassane Ouattara, Konan Bédié mettra en place le concept de l’ivoirité. L’ivoirité qui stipule que quiconque aspire à diriger la Côte – d’Ivoire, doit être né de père et de mère ivoiriens. Ce qui disqualifié d’emblée Alassane Ouattara, car il est plus que vérifié qu’il est d’ascendance burkinabé.

A côté de ces deux crocodiles pataugeant dans le même marigot, un troisième va émerger, en la personne de Laurent Gbagbo, qui lui, s’érige en opposant du « Vieux », avec sa formation, le FPI (Front Populaire Ivoirien).

Au décès de Houphouët Boigny, tous les candidats à la Présidentielle seront donc à couteaux tirés : Laurent Gbagbo, Henry Konan Bédié et Alassane Ouattara.

La Côte – d’Ivoire connaît son premier coup d’Etat en 1999. Konan Bédié est destitué et chassé du pouvoir. Le Général Robert Gueï le remplace et est nommé à la tête du CNSP (Conseil National du Salut Public) et fait office de Chef d’Etat.

Les textes aussi, à la faveur du « changement » de Président, effectuent une mutation. La nouvelle Constitution est massivement votée par référendum (85% de oui). Ouattara avait appelé à la voter, malgré les termes de l’article 35, invalidant sa candidature.

Le Général Gueï est assassiné. Alassane Ouattara voit sa candidature une fois de plus invalidée et en 2000, plus précisément le 22 Octobre, Laurent Gbagbo, est élu Président de la République.

Avant l’assassinat du Général Gueï, la Côte – d’Ivoire connaît déjà quantité de troubles politiques, tiraillée entre les différents protagonistes qui veulent asseoir leur suprématie.

En 2002, la partie Nord du pays est aux mains de la rébellion, le pays est morcelé et la guerre fait rage entre les deux factions. De 2002 à 2011, les deux adversaires qui restaient (Konan Bédié en exil en France et Gueï assassiné), Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara se livrent un duel sans merci.

Gbagbo, le Président démocratiquement élu, semble ne ménager aucun effort pour remettre le pays sur la voie de la gouvernance, et désire en finir avec les conflits qui minent la Côte – d’Ivoire. Ouattara, entre la France et la Côte – d’Ivoire, étoffe son réseau et ses amitiés politiques, qui lui seront bénéfiques comme on le verra par la suite.

C’est là qu’entre en scène celle qui deviendra la future Madame Ouattara. Cette partie explicite clairement le titre de l’ouvrage.

Venue s’établir à Abidjan à la faveur de l’affectation de son mari qui enseignait dans un lycée français, celle qui n’était encore que Dominique Nouvian Folloroux affiche déjà une ambition dévorante. Un de ses petits amis l’introduira dans la cour du « Vieux », qui séduit par celle dont il disait qu’elle « avait du chien », ne lui refusera rien et l’aidera à monter sa compagnie immobilière, l’AICI.

Le hasard la fera rencontrer celui qui n’était encore qu’un économiste affecté au FMI à Dakar. Elle l’épouse et commence à monter dans la hiérarchie, aussi bien ivoirienne que française. L’histoire démontre que n’eussent été son ascendant sur son époux, sa fortune et ses relations, son mari n’aurait (peut – être) pas été Président de la Côte – d’Ivoire.

La suite, on la connaît : le 11 Avril 2011, après quatre mois  de crise postélectorale, les forces de l’Onuci, aidées de celles de la France, « livre » Gbagbo et ses proches à Ouattara, qui avait installé ses quartiers au désormais célèbre hôtel du Golfe.

Au terme de la lecture de ce plus qu’intéressant ouvrage (que je recommande vivement), j’ai été sujette à des questionnements. Ayant déjà lu un premier ouvrage traitant de la crise qui secoue la Côte – d’Ivoire (Pour la vérité et la justice : https://cequejaidanslatete.wordpress.com/2014/08/18/lu-pour-la-verite-et-la-justice-de-laurent-gbagbo-et-francois-mattei/), je trouve que ce livre de Bernard Houdin dégage des axes qui m’ont permis de mieux comp11992214_933329306739553_931394615_nrendre ce qui s’y passe. L’on pourra, à juste titre, « accuser » Bernard Houdin de favoritisme ou de vouloir défendre Laurent Gbagbo (il a été son Conseiller de 2007 à 2011), mais reconnaissons – lui quand même de vouloir remettre les choses dans leur contexte et de dénoncer l’injustice que consiste la détention de Laurent Gbagbo à Scheveningen.

Je n’en dirai pas plus …

Lisez l’ouvrage et nous en discuterons avec plaisir …

Bonne lecture

Love

NFK

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