J’avais déjà lu un ouvrage de Marien (le Bâtiment A, dont j’ai déjà parlé ici : https://cequejaidanslatete.wordpress.com/2015/04/20/lu-le-batiment-a-de-marien-fauney-ngombe/), ouvrage que j’avais grandement apprécié. Raison pour laquelle je n’ai pas hésité à lire un autre de ses livres. Sauf que cette fois – ci, j’ai fait le chemin inverse, car le Bâtiment A, que j’ai lu en premier, est son deuxième livre, alors que Escales, l’objet de cet article, est son premier  » bébé « .

12242846_966230053449478_1173970623_oEscales est un recueil de trois nouvelles, nouvelles que j’ai lues en quelques heures, car le livre comporte 70 pages … Je parlerai de l’épaisseur de l’ouvrage plus bas. M’en vais donc présenter les nouvelles.

La première, Chronique de mon train de 7h51, est une invite du narrateur (l’auteur?) à l’accompagner dans le trajet le menant tous les matins de son domicile à la gare (parisienne) Montparnasse, à partir de laquelle il rejoint son lieu de travail, une maison d’édition. Tous ceux qui sont amenés à effectuer un trajet plus ou moins longs les matins en transport en commun ne sont pas savoir que ces trajets peuvent être l’occasion pour le voyageur de se poser une foultitude de questions existentielles. Et c’est le cas de notre narrateur. La fenêtre du train le fait penser à un hublot d’avion, avion qui l’a amené en Europe, car pour lui tant que son initiation ne sera pas accomplie, il n’aura pas fini de voyager …

Comme pour mieux s’ancrer dans son existence, ses voisins sont toujours les mêmes : un vieil homme en guenilles, dont la bouche exhalait une odeur  » pas homogène « , isolé et fui de tous les autres voyageurs. Le narrateur voit en ce vieil homme l’échec fait homme et la contemplation de cet individu que la chance a fui le met face à ses potentiels échecs. L’adolescent qui a les écouteurs toujours vissés dans les oreilles émeut le narrateur, car cet adolescent toujours renfrogné et adepte de la place à côté du radiateur n’a encore rien saisi de la quintesse de l’existence et a tout à apprendre

Bégonia, la plantureuse jeune femme fermant ce trio de voisins, est une invite à l’humilité. Cette belle plante, que rien ni personne ne semble pouvoir atteindre, est la preuve (bien en chair) que rien n’est gagné d’avance ici bas … Et le jour où elle daignera répondre à son bonjour sera le jour où le trajet dans le train de 7h51 aura tout son sens …

J’ai beaucoup aimé cette nouvelle. Je peux même affirmer qu’elle est ma préférée. Courte, incisive, avec une forte connotation philosophique, elle nous met face à une situation que nous avons tous peut – être plus d’une fois vécue. A travers l’allégorie d’un simple voyage en TER, le narrateur nous donne quelques éléments de réponse face à cette grande inconnue qu’est la VIE.

Chaque étudiant, nouveau bachelier ou ayant déjà capitalisé quelques années académiques rêve d’aller en Europe. JC, fils Ebonga, héros de la deuxième nouvelle éloquemment intitulée A quel prix? ne déroge (ra) pas à cette règle. Face à la situation économique précaire de ses parents, il se fera aider de sa tante Hortense dite Pili Pili, assistée de son oncle Ignace, qui ne se gêneront pas pour jeter à la face du jeune homme désemparé les largesses dont il a bénéficié pour prétendre à un billet d’avion et un visa Schengen …

La valeur n’attend point le nombre des années, dit l’adage … Le dénouement de cette nouvelle en est la parfaite illustration. Axée autour des valeurs telles que l’honnêteté, le courage, la résilience, les rapports familiaux, cette nouvelle vient en deuxième position dans l’ordre de ma préférence. Un peu plus longue que la première, elle nous plonge dans les méandres d’une famille dont la hiérarchie se fait à partir de la bourse qu’on détient … Exit le droit d’aînesse ! Seul primera la position financière. Ne dit – on pas que qui tient la bourse, tient la vie?

L’igname est un tubercule fortement consommé dans certains pays d’Afrique Centrale. Comme le manioc, il compose une grande majorité des spécialités culinaires de ces pays. C’est ce qu’a compris Fodjol, personnage central de la troisième nouvelle D’un corps à l’autre. 

Arrogant et se plaçant sur un piédestal, il méprise tout le monde, convaincu qu’avec sa fortune et son prestige, personne ne peut lui résister. Sa femme, ses enfants, ses employés, personne n’ose contredire l’odieux personnage. Mais c’était sans compter avec la main invisible du destin, cet amas de forces tapies dans l’ombre qui sévit quand on s’y attend le moins. Au détour d’un de ces revirements politiques dont nous avons le secret en Afrique, il perdra tout et se retrouvera simple agriculteur.

Commence alors son calvaire. Fodjol cherche des éléments de réponse et celles – ci lui seront fournies par un individu apparu miraculeusement dans sa vie. Ngungui l’initiera à la méditation, à la remise en question et à la spiritualité.

Cette nouvelle est celle que j’ai moins aimé par contre. Le narrateur, voulant mettre en relief la relative déchéance de Fodjol, s’emmêle (à mon avis) dans l’explication des termes théologiques et surtout ésotériques, qui m’ont semblé alambiqués et ont gâché mon plaisir de lecture …

Dans l’ensemble, Escales est un livre qui se lit très vite (je l’ai fini en trois heures), et c’est bien là que réside le problème … Même si j’ai beaucoup aimé ce deuxième ouvrage de Marien, j’avoue qu’il m’a un peu laissé sur ma faim. Même si les nouvelles sont pleines d’enseignement et ont pour dénominateur commun l’existence et sa finalité, elles sont quelque peu … brèves ! Ce qui ne met absolument pas en doute la qualité de la plume de l’auteur, qui à coup de formules bien senties et de réflexions philosophiques, nous pousse à (vouloir) effectuer notre voyage pour saisir la quintessence de notre présence ici bas.

Bonne lecture,

NFK

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4 réflexions sur “Lu et approuvé : Escales de Marien Fauney Ngombé

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