12421381_988183791254104_1844346440_nLire un livre de Toni Morrison est toujours une superbe expérience. Ce n’est quand même pas pour rien qu’elle a reçu le Pulitzer Price en 1988, puis le Prix Nobel de littérature en 1993 ! De Beloved, Sula, Jazz, l’œil le plus bleu, en passant par Le chant de Salomon et Home, pour ne citer que quelques – uns des ouvrages de cette grande auteure, chaque lecture nous fait saisir l’immense talent de cette dame de lettres. L’hyper réalisme de ses personnages, les tourments dans lesquels dans ils se débattent, les souffrances qui jalonnent leur (s) existence (s) montrent à la junkie lectrice et l’apprentie auteure que je suis la puissance narratrice de Toni Morrison. De plus, le fait qu’elle soit née en pleine période ségrégationniste en Amérique représente un plus et lui a donné de la matière pour construire ses histoires …

Après l’inoubliable Home  publié en 2013, Toni Morrison est revenue avec Délivrances, son premier roman qui se passe à l’époque contemporaine. La couverture m’a tout de suite plue et m’a donné envie de « dévorer » le livre. J’exagère à peine en disant cela, je vous assure !

Trêve de blabla J Eh oui, quand un livre me plaît, je perds un peu le nord et me livre à un radotage sans queue ni tête. On a bien dit ce que j’ai dans la tête, non ?

La couleur de peau semble être un sujet inépuisable pour Toni Morrison. Elle nous le montre encore une fois dans Délivrances.

Sweetness a accouché d’une petite fille noire, si noire que son mari doute que cet enfant est bien le leur, eux qui ont le temps plutôt café au lait. Il quitte cette famille qui ne semble plus être la sienne et laisse son épouse se dépêtrer dans ses multiples problèmes. Sweetness élève seule Lula Ann, cette fille au teint bleuté, à qui elle défend de l’appeler maman. Seul le pseudonyme Sweetness fera l’affaire. Elle lui crie dessus, la martyrise sans la violenter, l’apprend à être correcte et à ne pas faire trop de vagues, et est gênée lorsqu’elles croisent 10259882_984187324987084_756116732285061223_nles gens qui horrifiés, dévisagent cette petite fille trop noire aux immenses prunelles. Sweetness oblige Lula Ann à se taire lorsqu’elle surprend le propriétaire de leur appartement en train de violer un petit garçon. Car celui – ci les mettrait à la porte, et où trouver un autre logement avec un enfant aussi disgracieuX ?

Lula Ann grandit avec le sentiment de n’être pas aimée par Sweetness, et quémandera toute son enfance durant un geste d’affection de cette mère insensible. Quitte à accuser, lors d’un procès médiatisé, une institutrice d’avoir violé l’un de ses petits camarades. Ce qui lui vaudra ce geste d’amour tant attendu …

Celle – ci, innocente bien sûr, purgera une peine de 25 ans de prison. Lula Ann, métamorphosée en une superbe jeune femme, se fait désormais appeler Bride, et telle une mariée marchant vers l’autel, ne s’habille qu’en blanc et est à la tête d’une florissante entreprise de cosmétiques. Mais elle garde son odieuse accusation en tête. Lorsque « l’accusée » sort de prison, elle s’en ira lui porter la somme d’argent longtemps épargnée, comme pour se délivrer de son secret. L’altercation qui s’en suivra l’aidera à se délivrer de son affreux secret et à effectuer une sorte de voyage initiatique à la recherche de Booker, l’amant disparu.

A partir de là, le livre effectue une sorte de boucle en effectuant une rotation autour des destins entrelacés des divers protagonistes : Brooklyn, la meilleure amie de Bride, elle aussi victime d’attouchements durant son enfance, qui ne comprend pas la soudaine folie de son amie, Sweetness, qui regrette d’avoir maltraité sa fille, Booker, le fiancé qui vit avec le souvenir de son frère Adam violé puis assassiné, Queen, la tante de Booker, regrettant de ne pas avoir cru sa fille quand celle – lui lui disait subir des sévices sexuels de la part de son père …

Toni Morrison a écrit un ouvrage puissant et d’une extrême sensibilité. On croirait connaître toutes ces 12421426_988183784587438_1303740180_npersonnes qui ont subi tant de blessures durant leur enfance, ce qui ne facilite pas leur vie d’adulte. A travers des thèmes tels que l’inceste, le viol, le racisme, les secrets de famille, elle nous dresse un tableau fait de pardon et de résilience. Et nous montre avec ce court roman (196 pages) d’une densité exceptionnelle que quelles que puissent être les fêlures subies, la délivrance attend, tapie dans l’ombre …

Dans Délivrances, tout y est précis, brillant. L’auteure, caméra au poing, nous entraîne dans les dédales de l’histoire et l’on se croirait presque dans un film, tellement les dialogues, les descriptions, les scènes, tout est imagé !

Toni Morrison montre encore une fois que son statut de grande dame de la littérature (mondiale) n’est aucunement usurpé !

Délivrances, à lire !

Bonne lecture

NFK

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2 réflexions sur “Lecture – coup de cœur : Délivrances, Toni Morrison

  1. Toni Morrisson, une grande auteure qui mène toujours son combat contre un racisme ou une discrimination latents avec beaucoup d’émotion et de talent. J’ai lu quelques-uns de ses livres. Celui-ci, je ne le connais pas et je l’inscris dans ma PAL. Merci

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