Publié dans Réflexion

I am not my hair !

Comme toute Africaine qui se respecte, les cheveux ont occupé et continuent d’occuper (à moindre échelle aujourd’hui) une place centrale dans mon existence.

Puff_largeJe suis née avec trois touffes de cheveux sur le crâne. Une Hal Pulaar avec une chevelure aussi peu fournie, cherchez l’erreur … A force d’entretien et de soins prodigués par ma mère, j’ai réussi à avoir une longueur à peu près acceptable en grandissant. Et chaque mois, je n’échappais pas à la corvée du tressage. Une dame venait à la maison me coiffer. Et c’est un euphémisme de dire que je DETESTAIS ça ! J’en voulais terriblement à ma mère de m’imposer cette corvée. Moi qui rêvais de mise en plis, de tissages, et surtout de DEFRISAGE ! Je me pliais de mauvaise grâce à ce rituel, d’autant plus que les tresses me faisaient horriblement mal et faisaient ressortir mon pauvre petit visage allongé 😉 Maman avait beau me dire après que j’étais belle, je désespérais d’arborer ces coiffures dont je rêvais en secret. Et je me faisais silencieusement le vœu de me débarrasser de ces tresses ridiculissimes à la première occasion.

A force de supplications et de pleurs, une fois mon BFEM (Brevet de Fin d’Etudes Moyennes) en poche, j’eus le droit de me défriser les cheveux. J’avais alors 15 ans.

Je pouvais enfin me lâcher capillairement parlant. J’ai tout testé : tissages ondulés, raides, rasta, teintures, coupes garçonnes (avec bigoudis et tout le tralala). Je prenais enfin ma revanche sur des années de torture !

J’exultais de bonheur quand j’allais au salon de coiffure pour passer des heures sous le casque chauffant. Quand bien même il me chauffait le crâne, je restais stoïque, car rien qu’en pensant à la belle coiffure qui m’attendait, j’endurais la torture.

Ma venue en France mit fin à ces délices capillaires. Mon petit pécule d’étudiante m’interdisait de me payer les services d’une coiffeuse toutes les semaines. Et encore fallait – il que je monte à Paris pour me tresser, car dans la ville du nord de la France où je résidais, la densité de pénétration de la culture afro était quasi nulle …

Une année, au retour d’un été passé à Dakar, je me suis tressée et ai insisté pour que les tresses très fines pour que je puisse les garder longtemps sur ma tête. 6 longs mois ont passé !

12576277_1000939363311880_666737767_nQuand j’ai voulu me détresser, ce fut la catastrophe ! En lieu et place des mèches, j’arrachais des touffes entières de ma chevelure. Au final, je me suis retrouvée avec la moitié du crâne tondu !

Ce fut un mal pour un bien … Car des fois, il suffit d’un événement que l’on croyait malheureux au départ pour nous montrer une nouvelle tournure des choses.

 Je pris rendez – vous chez un coiffeur visagiste qui me coupa les cheveux à ras. Le big chop (la grande coupe) effectué, je ne me reconnus pas ! J’étais trans fi gu rée ! Mon visage, que je trouve trop long et anguleux, m’apparaissait sous un nouveau jour et je décidais de garder cette coupe. J’appris à aimer mes cheveux coupés courts et ce fut le début d’une formidable aventure (capillaire) !

Peu après, la vague nappy a émergé. Je voyais sur la toile une multitude de filles glorifiant le cheveu naturel et le retour à celui – ci. Exit défrisage, lissage, mise en plis … Je me suis jetée à corps perdu dans cette vague, avant de me rétracter quelque temps après. Car non seulement je passais tout mon temps à investir dans des produits dont j’entendais parler, mais aussi cette philosophie consistant à créer une sorte de « secte » autour du cheveu naturel me fatiguait … J’avais coupé mes cheveux un peu par hasard, mais je comprenais les filles qui continuaient à se défriser et dénaturer leur texture crépue. J’étais passée par là et comprenais leur désir d’user de tous ces artifices. Les tissages à la Naomi Campbell ont longtemps fait mon bonheur et me donnait l’impression d’être « in », mais cela ne faisait aucunement d’elles des « complexées » ou des Européennes. Ca non !

Mon retour au naturel fut une formidable expérience … Je me redécouvrais, voyais une nouvelle « moi » émerger, osais des couleurs que je n’aurais jamais pensé pouvoir porter. Et finalement cette coupe courte a finalement par faire partie de moi !

Au terme de ce blablatage sur ma relation avec mes cheveux – que j’imagine crépus et courts et pas autrement désormais – je voudrais juste dire (et très modestement) que à l’instar de la chanson de India Arie, I am not my hair, notre cheveu ne nous définit pas. Je m’explique … Porter les cheveux au naturel (selon moi) ne nous fera pas une Africaine au sens premier du terme plus qu’une autre abonnée au défrisage et au tissage brésilien.

Avec la déferlante nappy, j’ai observé une recrudescence des pages Facebook, profils Instagram et autres sites web vantant la beauté du cheveu afro – qui soit dit en passant est magnifique – et autour de cette thématique du cheveu, s’est développé tout un business de cosmétiques, bijouterie et accessoires … Les nappex (sorte d’extrémistes du cheveu crépu) voient le fait de retourner au naturel non comme un simple geste de beauté, mais comme une adhésion à une sorte de secte.

I-am-not-my-hairJe ne cautionne pas ces agissements. Car disons nous la vérité, nous n’avons pas les mêmes morphologies, ni la même audace, encore moins le même désir de se couper les cheveux. Je peux avoir le culot de couper mes cheveux à ras bord et vouloir définir un nouveau départ dans ma routine capillaire. Ce n’est pas une raison pour dénigrer une autre Fatou qui ne s’imagine pas sortir sans un brushing impeccable appliqué sur ses extensions de 30 pouces. Chacune avec sa façon de se voir et de voir la beauté ! Car quoi qu’on puisse dire, se sentir bien dans sa peau est la caractéristique motrice qui régit nos existences, nous autres femmes (africaines) …

Et comme le disait David Hume, « La Beauté n’est pas une qualité inhérente aux choses elles – mêmes. Elle existe seulement dans l’esprit de celui qui la contemple, et chaque esprit perçoit une beauté différente ».

Surtout n’oubliez pas, u are not ur hair !

Bonne lecture,

With Love ❤

NFK

 

 

 

Publié dans Bouquinage

L’accro du shopping à Hollywood

9782714459510Toujours plus délurée, toujours plus déjantée et accro au shopping, Sophie Kinsella nous a ramenée notre chère Becky Brandon (née Bloomwood) et l’on ne se lasse pas de suivre ses pérégrinations. Mais tenez – vous bien, pour ce nouveau volet de notre serial shoppeuse préférée, nous allons à Hollywood! Eh oui vous avez bien lu, Los Angeles, la ville où se côtoie le gratin hollywoodien! Le rêve pour Becky!!!

Après Londres et New – York, Becky s’envole pour Los Angeles, avec Luke et leur adorable petite Minnie. Luke a décroché un nouveau contrat et s’occupe désormais des relations publiques d’une grande star de cinéma, la dénommée Sage Seymour. Pour Becky, ce déménagement est un nouveau départ, c’est décidé, notre accro du shopping aura une nouvelle activité : elle sera styliste de stars, voire se fera star tout court, puisque que dans le monde merveilleux d’Hollywood, un simple incident peut vous téléporter au sommet, ou a contrario, vous installer dans les profondeurs abyssales de la destruction.

Mais plus grand le succès, plus dure sera la chute et ça Becky l’apprendra à ses dépens. On prend plaisir à suivre Becky dans sa nouvelle vie, à découvrir Los Angeles, à décrypter les codes de cette ville dont elle a tant rêvé. Un incident malencontreux la propulsera devant la lumière. L’actrice Loïs Kellerton est surprise par Becky en train de voler des chaussettes et Becky, ne sachant pas tenir sa langue, racontera cet épisode malencontreux à Sage, dans son souci d’être amie avec elle.

Croyant que Loïs et Sage étaient ennemies, Becky découvrira l’autre facette de Hollywood, faite de buzz et de presse à scandales. Loïs et Sage entretiennent leur rivalité à coup de déclarations incendiaires, de bagarres surfaites, tout en maintenant Becky la bonne poire au centre de leurs rixes. Alors qu’il n’en est rien ! Becky, obnubilée par son rêve hollywoodien, découvrira hélas que son rêve de devenir styliste ne se réalisera sans doute jamais …

Mais avant cela, elle mettra sa vie entre parenthèses pour courir les galas de charité, les premières de film et les plateaux de télé dans le but de se faire un nom … Luke, son mari, observera avec impuissance le changement de sa femme, Suze sa meilleure amie venue la rejoindre avec mari et enfants, ses parents … Tous ne reconnaîtront pas en cette femme juchée sur ses stilettos la Becky d’avant.

Pour dire vrai, j’ai moins aimé ce volet que les précédents. J’ai trouvé que Sophie Kinsella s’est un peu essoufflée dans le déroulement de l’histoire. Pour la première fois depuis que je la lis, j’ai été pressée de découvrir le dénouement de l’histoire … Dénouement qui m’a laissée perplexe, car pensant qu’il restait encore quelques pages, je me suis rendue compte que c’était fini. Le rideau a été tiré un peu trop vite, à mon goût. Mais puisqu’elle dit que Becky revient très bientôt, attendons de voir!

Bonne lecture

NFK

Publié dans Au Sénégal

En est – on vraiment réduites à cela ?

Ce post sera un peu virulent, et je m’en excuse à l’avance … J’annonce d’ores et déjà la « couleur », car avec certains sujets, on a tendance à heurter les sensibilités.

Dans la même veine que cet article https://cequejaidanslatete.wordpress.com/2010/08/03/le-mariage-un-reve-devenu-obsession/ écrit il y a quelques années et qui m’avait valu quantité de critiques (mais j’assume entièrement les propos que j’y ai tenus), car traitant de l’épineuse question du mariage. Je reviens parler du même phénomène, mais sous une tournure différente …

On sait à quel point les réseaux sociaux occupent une place importante dans nos existences. Facebook, Twitter, Instagram, Tinder et j’en passe, nous ne pouvons quantifier les heures que nous passons dessus à tchatter, poster des photos et écrire des statuts, follow des amis et s’abonner à des groupes de discussion et pages regroupant nos centres d’intérêt. C’est sur ce dernier aspect – les groupes – que portera ce post que vous avez sous les yeux.

10351687_1931273950432073_5093370789706467946_nLe plus souvent qualifiés de groupes secrets, et uniquement ouverts à la gent féminine (mais des mecs réussissent à s’inscruster, ne nous mentons pas), ce sont des forums où les filles s’efforcent à qui mieux mieux de partager leurs astuces, raconter leurs déboires (le plus souvent sentimentaux) et parler de make up, de chiffons … Bref, de tout ce qui intéresse la femme au XXIe siècle. Ayant été ajoutée automatiquement (merci Facebook et ses paramètres) à plusieurs groupes, j’ai pris le parti, avant de me désabonner, de parcourir les groupes, de lire les publications qui défilaient à la seconde et de me faire une idée de ce qui intéresse mes congénères de nos jours …

Quand elles ne désespèrent pas de trouver un mari parce qu’elles « vieillissent », ou encore à cause de la pression que leur fait subir leur entourage, car elles sont à la ramasse par rapport à leurs amies, elles se plaignent de leurs copains et/ou maris qui ne sont pas décidés à les épouser, ou quand c’est le cas, elles cherchent des astuces pour pimenter leur vie maritale et … sexuelle.

C’est sur ce dernier aspect que portent 80% des publications que j’ai eu à lire. Comment ferrer son homme, le faire grimper aux rideaux, le bourrer d’aphrodisiaques pour qu’il assure et n’aille pas voir ailleurs … Triste …

Oui triste, car nous sommes en 2016 ! J’aimerai ici faire une petite précision. Je suis une femme, un être humain fait de chair et de sang, amenée sans doute à me marier (Dieu sait quand), à avoir sans doute une descendance, mais dois – je en faire pour autant le centre de mon existence ? Dois – je passer toute ma vie à chercher à assouvir les désirs d’un homme ? Mes méninges doivent – elles être triturées h24 dans l’optique de tendre vers le coït ? Je crois que non …

Ce qui m’a le plus choquée, c’est que les rares fois où j’ai été amenée à intervenir sur les différents sujets, je me suis vue répondre que je ne savais pas de quoi je parlais. J’ai donc préféré me retirer et … observer !

La femme sénégalaise (c’est d’elle qu’il s’agit bien entendu !) est – elle réduite à remplir le ventre et satisfaire le bas – ventre de son conjoint ? Que fait – elle de sa carrière, de son accomplissement personnel, de sa recherche de plénitude intellectuelle ?

Quand j’aurai les réponses à ces questions, je dormirai sur mes deux oreilles … En attendant, je n’arrêterai pas d’écrire des posts de ce type, quitte à m’aliéner quelques – unes de mes moroom …

Bien cordialement,

Bonne lecture

NFK

Publié dans Ils ont dit

Ils parlent de nous (et disent n’importe quoi !!!)

Toujours au goût du jour …

cequejaidanslatête

Dans la série «entre sexes, on ne se comprend pas», j’ai eu l’occasion de me rendre compte que les hommes fonctionnent comme nous: au cliché. De façon générale, les hommes adorent nous ranger dans des tiroirs: si on est infirmière ou secrétaire, onne sert à rien. Si on a des gros seins et qu’on les exhibe à tout bout de champ, on est une ‘ fatou couche toi – là ‘. Si on est maigrichonne et qu’on a un appétit d’oiseau, on est anorexique. Si on est tout le temps entourée de mecs, on est chaude comme la braise. Si on tout le maquillée comme une voiture volée, on est sulfureuse. Si on a des lunettes, on est le feu qui couve sous la glace. Par contre, si on porte un vieux gilet de grand-mère avec une jupe en laine et des mocassins sans talons, on est frigide, on n’intéresse…

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