Publié dans Réflexion

30 ans … et pas une ride !

cropped-cropped-img_3112.jpgJe suis née par une aube naissante d’un 23 Novembre brumeux à 4 heures du matin, heure durant laquelle tout un chacun grappille les quelques heures de sommeil qui (lui) restent pour effectuer la prière du matin, se préparer pour commencer une journée de travail ou une quelconque autre activité matinale. Ma mère me répète souvent ce caractère singulier de ma naissance, ce qui explique sans doute que je sois une éternelle impatiente, brûlant la vie par les deux bouts … Car pour venir au monde à 4 heures du matin, il faut vraiment que l’on soit une petite fofolle !

Le 23 Novembre, à partir de là, est devenue une date événement … Comme toute date de naissance me direz – vous. Toujours est – il qu’en ce jour, je me sens aimée, entourée et la nouvelle bougie que je souffle m’emplit d’un sentiment de plénitude. Sans oublier les cadeaux qui s’amoncellent, car qui dit anniversaire, dit cadeau. A l’image de quelqu’une qui convole en justes noces, je poussais le vice jusqu’à dresser une liste de cadeaux. Et mes proches, les pauvres, couraient partout pour satisfaire la princesse que je suis. Mais si, mais si, je vous vois d’ici ^^

A l’entame du mois de Novembre, je commençais à dresser le compte à rebours et à énumérer les présents que je désirais. Tout un programme !

23 Novembre 1986 – 23 Novembre 2016 : ce 23 Novembre est particulier, dans la mesure où je fais mon entrée dans une nouvelle décennie, celle de la trentaine. Mon père a l’habitude de dire que « la décennie allant de 30 à 40 ans est l’une des meilleures dans la vie d’un individu, car il prend le temps de bâtir et solidifier sa vie … »

Il n’a pas tort. Raison pour laquelle qu’avant de fêter ma 30e année, je me projetais et comptais à chaque fois le nombre d’années qui me séparaient de mes 30 ans. Jusqu’au 23 Novembre 2016 … Depuis une semaine, mes proches me tannaient pour savoir qu’est – ce qu’on allait prévoir comme réjouissances le jour J. mais je restais évasive, étant loin de la fièvre qui s’emparait de moi durant cette dernière semaine du mois de Novembre.

Le jour tant attendu arriva. Les souhaits pleuvaient sur moi, comme d’habitude : appels, messages emplis d’amour, cadeaux (eh oui hein !), j’étais couverte de toutes sortes d’attentions. Et pour une fois depuis fort longtemps, je le fêtais au Sénégal, mon cher pays ❤ Mais rien de tout cela ne m’ébranlait … Comme dans un état second, je laissais les événements « glisser » sur moi et j’étais dans ma bulle. A quoi est – ce dû ? A la nouvelle décennie dans laquelle j’entre ? Je runnamed-13épondrais par l’affirmative à 90%. 30 ans, c’est l’âge qui ouvre une nouvelle décennie, faite d’espoirs, de nouvelles responsabilités, et surtout d’un nouvel état d’esprit.

Alors que les souhaits s’amoncelaient, certains insidieux, insistaient sur le fait que désormais j’étais trentenaire, et j’émargeais toujours à la case mademoiselle. Alors que d’habitude, ils se seraient pris une bonne raclée, car je n’abhorre rien tant que cette fâcheuse tendance à enfermer les individus dans des cases, cette fois – ci, je m’en moquais.

Je sais que je suis une personne spéciale, ne nous méprenons pas … Je le sais deh. Mais pas que spéciale. Fofolle aussi !

Mais cette personne m’a fait me rendre encore plus spéciale aujourd’hui. Alors qu’elle m’interpellait sur le fait que je suis trentenaire now (eh oui 30 ans !! 😜😬) et que j’émarge toujours à la case Mademoiselle, elle m’a traitée de vieille. Merci à elle pour le compliment. J’associais la vieillesse à la sagesse jusqu’à à ce que je la croise sous un jour nouveau.

La très respectable dame frôle les 40 ans et frise – si vous me passez l’expression – la fossilisation intellectuelle. Le vocable de « vieille, ca se mérite à mon humble avis. Et moi qui aimerais tant l’être, mais chaque jour mon minois et mon énergie m’en éloignent. Rolalala la vieille peau. La pauvre, elle rêve pour moi ce qu’elle souhaite pour elle. Mademoiselle Kane jusqu’à ce que les mannes des ancêtres en décident autrement … ou pas 😬

La nouvelle décennie commence sur les chapeaux de roue, allons donc ! Thankiuuuuuuu guyz u all made my day. Tout est arrivé à bon port : cadeaux, vœux, gâteaux … Je vous remercie infiniment de m’avoir accompagnée dans ce nouveau pas vers la tombe !

Love 😍❤️️

NFK

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Publié dans Bouquinage

Lu & adoré : Sankara, le rebelle de Sennen Andriamirado

avt_sennen-andriamirado_7146Qu’a donc pu écrire Sennen Andriamirado sur Sankara que je n’aie déjà lu ? Sans avoir la prétention d’avoir lu tous les livres écrits sur le célèbre capitaine burkinabé (et Dieu sait qu’il en existe une pléthore !), je peux dire que j’en ai lu une bonne quantité, curieuse que j’étais – et je le suis toujours – d’en savoir plus sur la vie et l’œuvre de Sankara.

Après les biographies écrites par Bruno Jaffré, La patrie ou la mort ( https://cequejaidanslatete.wordpress.com/2013/08/22/lu-et-approuve-biographie-de-thomas-sankara-la-patrie-ou-la-mort/) et Ndongo Samba Sylla, Redécouvrir Sankara, martyr de la liberté (https://cequejaidanslatete.wordpress.com/2013/04/08/lu-et-plus quapprouve-redecouvrir-sankara-martyr-de-la-liberte-2/), et plusieurs heures passées sur le site www.thomassankara.net, je suis tombée sur le livre de Sennen Andriamirado. Ça peut paraître bizarre, mais Sankara, le rebelle est l’une des premières biographies jamais écrites sur Sankara, mais je n’arrivais pas à mettre la main dessus pour la bonne et simple raison qu’il … n’est plus édité ! C’est le drame des livres publiés à une certaine époque. Ils font leur petit bout de chemin pendant un laps de temps, et malheur aux lecteurs qui souhaitent les consulter. Ils ne les trouvent plus sur le marché ; ou s’ils les trouvent, c’est souvent à prix d’or ! Heureusement qu’une âme charitable a bien voulu me prêter Sankara, le rebelle, car je désespérais de le trouver un jour …

Jeune Afrique doit sérieusement penser à le rééditer, car Sennen Andriamirado fut rédacteur en chef de l’hebdomadaire parisien, et c’est sous la collection Jeune Afrique Livres qu’il a eu à publier quantité d’ouvrages. C’est dans cette optique qu’il a eu à rencontrer et interviewer Thomas Sankara plusieurs fois, ce qui a donné envie au journaliste malgache d’écrire ce livre.

Toutes les biographies écrites sur Thomas SAnkara ont ceci de commun qu’elles ne brosent pas le portrait d’un homme dépourvu de défauts, lisse et exemplaire … Comme on peut le voir dans certaines biographies, qui omettent délibérément certaines phases de la vie du « sujet ». Chacun des livres que j’ai eu à lire sur le Capitaine Sankara mettent l’accent sur l’objectivité au cœur de la narration. Sankara, le rebelle ne déroge pas à cette règle.

Sennen Andriamirado s’attelle à nous dépeindre un homme mû par un idéal – la Révolution – mais avec ses failles et manquements. En compagnie de ses trois acolytes que furent Jean – Baptiste Lingani, Henri Zongo et Blaise Compaoré, Thomas Sankara, avec sa célèbre formule choc « Malheur à ceux qui bâillonnent le peuple ! », vivra et fera vivre à ses compatriotes cette révolution qui lui était chère.

Troisième d’une famille de dix enfantarton67439s (six filles et quatre garçons), dans une famille très modeste, Thomas Sankara côtoie très tôt les inégalités. Son pays, la Haute – Volta n’est alors qu’un pays fournisseur de main – d’œuvre de leur tout puissant voisin, la Côte – d’Ivoire. Le fougueux capitaine, formé à la rigueur militaire, dans la fameuse école d’Antsirabé à Madagascar, bouscule la vieille garde politicienne burkinabé et veut s’imposer.

De bousculades en bousculades, Sankara fait le vide, non sans difficultés, par une soirée d’été du 04 Août 1983, plastronne fièrement à la tête de la Haute – Volta, qu’il rebaptisera Burkina Faso – terre des hommes intègres – par la suite.

Avec son style déroutant, fait de métaphores et d’images, le verbe haut et cinglant, Sankara déroute, irrite, jusqu’à ses pairs Chefs d’Etat, qui voient d’un mauvais œil ce fringant jeune homme qui vient les déranger, en voulant faire cesser le règne des amis de la puissance colonisatrice, à savoir la France. Parmi ses rares alliés, se comptent le Guide libyen, Muammar Khadafi, le Président Nigérien Seyni Kountché et le Président Ghanéen Jerry Rawlings qui partagent ses idéaux. Le Président français d’alors, François Mitterrand, et son Monsieur Afrique Guy Penne, grincent des dents à chaque fois que Sankara ouvre la bouche. Et quel que soit le lieu, celui – ci ne se gêne pas : Sommet de l’OUA, Onu, Sommets Afrique – France …

unnamed-17« Si vous tuez Sankara, demain il y aura vingt Sankara » … Thomas Sankara ne se fera aucune illusion sur la durée de son passage sur terre. Il savait que tôt ou tard, ces puissances impérialistes qu’il a tant combattues lui signifieront la fin, et ce fut fait. Le rôle funeste joué par son meilleur ami d’alors Blaise Compaoré dans son sombre assassinat est connu de tous et 29 ans après sa mort, la question de la justice est toujours pendante …

Sankara, le rebelle, un livre à lire et à faire lire ! Sennen Andriamirado, qui lui aussi a été fauché à la fleur de l’âge, a effectué un superbe travail de mémoire !

Bonne lecture,

NFK