15666052_1369745596402902_708091434_nJ’ai connu Maïmouna en 2014, alors que j’étais en pleine tournée promotionnelle du babybook – le Malheur de vivre. Elle et sa sœur Aminata m’avaient contactée, car elles réalisaient à cette époque un film sur les étudiants (es) sénégalais ayant étudié à l’étranger et maintenant rentrés au bercail. Comme j’étais à Dakar à ce moment – là, je me suis prêtée de bonne grâce à leurs questions, car je trouvais l’idée autour du retour d’expérience ingénieuse.

Par la suite, nous avons gardé contact et par le truchement des réseaux sociaux, suivions les actualités des unes et des autres … J’apprécie énormément l’amour de Maïmouna pour les livres, que l’on peut voir notamment via son émission littéraire sur Youtube, sobrement intitulée Bouquinons (pub gratuite !) Et qui aime les livres, devient derechef mon ami (e), ça c’est connu ! Et c’est avec un grand plaisir que j’ai accueilli l’annonce de la sortie de son film Arrêt sur elles. Le film a pour thématique centrale la condition féminine, tout comme le titre le laisse présager, mais met aussi l’accent sur les difficultés (réelles ou supposées) que rencontrent les femmes à jongler entre leurs différentes casquettes d’épouse, de mère, de salariée entre autres.

Arrêt sur elles met en scène deux femmes de différentes générations. L’une, la trentaine, est cadre dans une banque, et a une petite fille. Ses journées commencent hyper tôt, car elle doit préparer le petit déjeuner pour son (cher) époux et préparer sa fille qu’elle dépose chez sa grand – mère avant d’aller travailler. Elle n’a pas une minute à elle et reçoit des clients toute la journée. De retour chez elle, sa journée n’en est pas pour autant terminée. Elle continue avec les tâches ménagères et prépare le dîner. Son époux, que l’on n’a pas vu de tout le film, ne participe aucunement au fonctionnement du foyer. Tout repose donc sur les épaules de sa femme.

L’autre personnage du film, est une femme d’une cinquantaine d’années, et tout comme la première, a une idée toute faite de la place de la femme dans son ménage. On ne la voit pas dans sa vie de tous les jours, mais ce qu’elle en dit nous permet d’entrevoir son avis sur la question.

Au – delà du symbole féminin, j’ai beaucoup aimé ce film. Car même si des avancées ont été faites dans l’amélioration des conditions de vie des femmes, force est de reconnaître que la rigidité est encore de mise sous certains cieux … Il y a bien évidemment des axes d’amélioration dans la parution du film, les différentes scènes, le choix des personnages, mais en lieu et place d’un laïus interminable qui n’aurait pas mis en relief tout mon ressenti par rapport au film, je donne la parole à Maimouna.

Bonjour Maïmouna. Merci de nous rejoindre dans Ma petite bulle. Félicitations pour cet ambitieux projet que constitue Arrêt sur elles. D’où t’est venue l’idée de faire ce film ?

Bonjour Ndèye Fatou, merci de m’accueillir dans ta bulle qui est la mienne aussi. J’ai toujours mûri des projets de film, j’ai beaucoup de scénarios écrits mais rangés ou jamais achevés. En fait, je m’essaie à l’écriture et je ne trouve jamais le courage de finir et à la fin je me retrouve à transformer la nouvelle, parce que j’aime beaucoup les nouvelles, en scénarios.

Récemment mon travail me bouffait beaucoup de temps, mais pendant mes trajets d’aller ou de retour je me rendais compte que les femmes bougent autant que moi. Avec mes autres occupations autour du livre je rentrais exténuée, je n’arrivais qu’à faire des choses obligatoires pour m’empresser d’aller me coucher et c’était cette routine pendant un bon moment.

15644655_1369738573070271_1716286559_nUn jour j’avais raté mon alarme et j’étais naturellement en retard en plus des embouteillages qui m’ont enfoncée, et c’est de là qu’est venue la question comment font les femmes mariées autour de moi, elles ont un travail quelconque, elles ont soit un bébé ou des enfants comment est – ce qu’elles arrivent à allier leur vie professionnelle et leur vie familiale. Et c’est là que j’ai écrit ce projet.   

Tout le long du film, un détail m’a frappée : l’absence des conjoints. Pourquoi ne pas avoir donné la parole aux maris ? Que l’on puisse faire une étude « comparative » homme/femme d’une génération à une autre ?

Justement, ce n’est pas une étude comparative ou une dualité entre les deux genres. Ce que j’ai voulu faire, c’est interpeller le monde à se rendre compte de ce que les femmes pouvaient bien endurer mêmes si elles restent toutes belles et souriantes.

On a tous nos humeurs, fatigues et autres, mais apparemment les femmes doivent contenir et leurs états et ceux des autres pour le bien – être de tous donc naturellement ce n’est pas facile du tout. Dans le film, on parle du conjoint et de ses exigences sans le montrer, c’est pour dire qu’on ne fusille pas les hommes, on ne les écarte pas sauf que pour le moment l’heure est de penser à toutes les femmes qui ne ménagent aucun effort pour mener à bien leur foyer.

Diplômée de l’école des Bibliothécaires ? archivistes et documentalistes, diplômée récemment en journalisme, j’imagine que réaliser ce film a été un travail de longue haleine … Mais tu dois avoir été bien formée à l’art de passer derrière la caméra à l’école, non ?

Je n’ai pas été formée spécifiquement pour un métier de cinéaste ou réalisatrice, mais j’ai fait mes débuts derrière la caméra j’ai beaucoup travaillé sur des vidéos et des montages. Après, quand il s’agit de scénario ou de docu-fiction, je m’y suis investie pendant un moment, j’ai approché pas mal de gens du milieu pour mieux m’imprégner et je ne rate aucun événement filmique. J’ai rencontré un réalisateur autodidacte du nom de Tom Weil, au début j’étais scotchée sur son blog matin midi soir, après on est entré en contact et j’ai fait de lui mon coach personnel.  

A quand Arrêt sur « eux » ?

Rires.

La question qui revient tout le temps, comprenons que je suis une femme et je fréquente plus de femmes ? c’est donc normal que je comprenne mieux la sensibilité des femmes. Si un jour je suis inspirée par la bravoure ou un autre aspect sur les hommes je n’hésiterai pas à leUR rendre hommage. 

D’autres projections de Arrêt sur elles prévues ?

Oui le film va être projeté dans la commune de Ndieguenne non loin de Joal le 12 janvier, à Sokone dans la région de Fatick très bientôt, à l’institut français de Dakar le 08 mars. Et nous allons aussi participer au Festival de la fondation Konrad Adenauer le dernier week-end du mois de mars… Le Goethe Institut s’affiche aussi, mais nous n’avons pas encore établi une date. Sans oublier une projection en Mauritanie au mois de Mai.

C’est ce qui est retenu pour le moment en attendant d’autres propositions.

En te remerciant et te souhaitant bon vent pour les projets futurs.

Ses contacts pour la suivre virtuellement, car génération Y un jour, génération Y toujours …

Facebook : Soxnamaythior

Twitter : @MayThior

Instagram : Maymoona_book

 

Bonne lecture,

NFK

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s