18281053_1494755400596938_1303815970_nLe Nigeria est une pépinière de talents : musicaux, cinématographiques, mais surtout littéraires. A chaque fois que je me dis que j’ai fait le tour des écrivains nigérians et qu’ils n’ont plus la faculté de m’émerveiller, j’en découvre un nouveau, et mon postulat est reporté sine die.

C’est ce qui m’est arrivé avec Leye Adenle et son truculent livre, Lagos Lady. Et dire que je l’ai acheté par pur hasard, alors que je faisais le tour des nouveautés littéraires dans une librairie de la place. La couverture, toute en noir, avec quelques rais de lumière, m’a attirée. Un rapide coup d’œil au résumé a achevé de me convaincre qu’il me fallait lire Lagos Lady.

Leye Adenle en est à sa première production et je peux sans hésiter dire que ce coup d’essai est un coup de maître. Sous fond de courses poursuites entre policiers corrompus et malfrats tous aussi véreux, politiciens prêts à tout pour conserver leur poste, quitte à pratiquer de la magie noire et des crimes rituels, drogue, alcool et prostitution, la ville de Lagos vibre et déverse ses bruyantes notes de highlife à ses habitants. Les riches, faisant semblant de ne pas (sa) voir ce qui se passe, se barricadent derrière les hauts murs de leurs cossues villas de Victoria Island et laissent les pauvres s’entasser dans les quartiers périphériques tels que Ikeja. Peu d’entre eux empruntent l’Ikoyi Bridge pour fuir la misère, mais quand ils le font, c’est pour servir d’hommes de main à ces hommes riches et dénués de scrupules.

Guy Collins est journaliste à Londres, et pour les besoins de l’élection présidentielle nigériane qui approche, il est envoyé dans le pays pour en assurer la couverture. Mais il ne doit cette chance qu’au désistement de son collègue qui devait y aller, car celui – ci était peu désireux de s’engager dans la jungle lagotienne. A son arrivée à l’hôtel, Guy a reçu de sérieuses mises en garde : il ne doit en aucun cas s’aventurer seul la nuit dans la ville, et si c’était le cas, il ne devait avoir sur lui aucun papier d’identité. S’ennuyant ferme, et ne parvenant pas à joindre Ade, la personne censée l’accueillir, Guy décide d’aller prendre un verre au Ronnie’S, boîte de nuit située à quelques encablures de l’hôtel.

Alors qu’il pensait passer une soirée tout ce qui y a de plus tranquille, Guy se retrouve malgré lui, témoin d’une scène sordide : une fille gît dans le caniveau devant le night – club, et deux gros trous béants remplacent ses seins, grossièrement coupés. Pendant qu’il s’accroupit pour vomir, Guy est interpellé et conduit au poste de police.

Amaka a eu une enfance dorée. Couvée à l’extrême par un père ambassadeur et une mère férue de belles toilettes, ses parents parcourent le monde et la laissent aux bons soins de la kyrielle de domestiques peuplant la maison. Parmi ceux – ci, certains ne se gênent pas pour abuser sexuellement de la jeune fille. Mais heureusement que tata Baby est là.

En grandissant, Amaka et tata Baby forment une équipe redoutable. Elle a mis sur pied une base de données recensant tous les hommes ayant recours aux services des « filles », leurs habitudes, leur attitude (violente ou pas), de même que leurs contacts. De sorte qu’avant de monter dans la voiture d’un homme, les filles lui communiquent toutes les infos. Tata Baby et son mari, Flavio, occupent un immeuble qui est en réalité un centre de réinsertion pour les prostituées désirant quitter le « métier » et changer de vie. Amaka confond Guy avec un journaliste de la BBC et vient le tirer des griffes de l’inspecteur Ibrahim et son redoutable lieutenant Hot – Temper aux méthodes brutales.leye-adenle-son-livre-lagos-lady-vient-detre-couronne-a-pau

Guy se retrouve dans un engrenage dont il n’arrivera pas à se dépatouiller. Amaka veut qu’il écrive un article sur le trafic d’organes auquel s’adonnent un groupe d’hommes riches et puissants, qui séquestrent les filles dans des maisons à l’écart de la ville, couchent avec elles, avant de finir par les charcuter. Chief Amadi et Malik sont les cerveaux de ce trafic inhumain.

Amaka, Guy à ses côtés, se lance dans une course poursuite effrénée à travers les rues de Lagos pour démasquer ceux qui font du trafic d’organes, associé à l’assouvissement de leurs sordides pulsions sexuelles un vrai business. Leye Adenle, avec sa plume mordante, nous dresse un portrait assez réaliste du Nigeria, et plus particulièrement de Lagos, ville de tous les extrêmes. Tout le monde est corrompu et les liasses de milliers de nairas volent de main en main … Entre e chef de la police qui sait tout, mais ferme les yeux, ne voulant pas s’attirer l’ire de ses généreux bienfaiteurs, et l’inspecteur Ibrahim, qui tente tant bien que mal de mener sa mission à bien, tout est flou. Mieux vaut avoir un flingue planqué quelque part, car avec des mafrats aux noms aussi bizarroïdes que KnockOut, CatchFire, ou GoSlow, on n’est jamais à l’abri d’un assassinat !

Face à la pugnacité de Amaka, Chief Amadi tombera. Reste donc à coincer son acolyte, qui se fait appeler Malik. Ce qui me laisse espérer qu’un Lagos Lady tome 2 verra bientôt le jour. En tout cas, le dialogue clôturant l’épilogue le laisse augurer. Sans oublier la romance naissante entre Guy et Amaka.

Si vous aimez les récits haletants et riches en rebondissements, il vous faut lire Lagos Lady !

Bonne lecture,

NFK

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