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Car c’est bien plus qu’un jeu …

240748F2-A84E-4A7D-9F7F-EE7728149731NB : ce texte fait écho à la récente accession des Lions du football Sénégalais en finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2019. Je ne l’ai nullement écrit pour attirer la sympathie, la pitié, ou encore la commisération. Merci de le lire comme un hymne à la vie, en hommage à un homme qui a tout donné au football, sa passion première. J’ai eu beaucoup de mal à écrire ces mots, car longtemps j’ai nié l’idée que mon père était malade, maquillant la réalité auprès de tous ceux qui demandaient de ses nouvelles, mais après une année et demie, j’ai accepté et me suis faite à l’idée qu’il vit désormais avec cet état. Mais louanges à Dieu pour l’avoir conservé. La mémoire est certes altérée, mais l’élégance, le port altier, la malice demeurent, et ça, ça n’a pas de prix.

Mon père a fait un infarctus durant l’été 2016.

Même s’il a été opéré quelques mois plus tard, c’est de là et de son séjour chaotique à la Mecque, que je situe les premiers signes de sa maladie. J’étais au Sénégal depuis quelques temps, et ma mère et moi commencions à remarquer une altération dans son comportement : perte de repères, difficulté dans l’élocution, perte de la mémoire, difficulté à se remémorer les noms et prénoms de sa proche famille …

Son départ en pèlerinage à la Mecque a accéléré les choses, si je puis m’exprimer ainsi. Nous nous sommes conformées à l’avis des médecins, mais les conditions climatiques extrêmes à la Mecque ont fait qu’il n’a pas tenu. A son retour, il s’est fait opérer et les médecins nous ont rassurées en nous disant que les seules séquelles observables seraient la perte de mémoire. L’élocution étant revenue, nous n’avions donc aucun souci à nous faire. Mais force est de reconnaître que nous n’étions pas préparées aux changements qui allaient s’opérer.

Tous ceux qui connaissent mon père, personnellement ou à travers moi, savent que l’émulation intellectuelle a toujours fait partie de sa vie. Toujours un carnet de notes ou un livre sous le bras, il lui arrivait de se couper du monde et de s’isoler pour griffonner quelques idées ou lire quelques passages d’un livre, le plus souvent portant sur le football, s’il n’était pas en train de harceler ses collaborateurs qu’ils trouvaient trop « lents » quant à l’avancement d’un projet sur lequel ils étaient en train de travailler. Vous comprendrez donc d’où je tiens mon impatience notoire et mon hyperactivité. Mais on eût dit que son esprit avait quitté son corps dorénavant, car maintenant, il peut demeurer coi des heures durant, à fixer la télé sans la voir, ou à être absorbé par ses pensées. Comme si après plus de cinquante années de carrière – car il a commencé à être en activité à 25 ans – il était temps de s’accorder une retraite bien méritée. Il préférait l’expression « être en retrait » plutôt que « prendre sa retraite », car je le cite « l’esprit ne cesse jamais de fonctionner » …

MTK3.pngDurant ces instants d’absence, je tente de le faire réagir, et durant quelques heures, nous retrouvons cette complicité intellectuelle qui nous liait. Je rends grâce à Dieu tous les jours qu’il soit là, avec nous, à nous observer de son regard qui n’a rien perdu de sa pétillance, riant aux éclats avec nous, parfois sans savoir de quoi l’on parle, comme pour nous montrer qu’il est là, à nos côtés, ou encore me demandant via Whatsapp de rentrer à la maison. Et je promets de revenir bientôt. Je me sens parfois assez mal qu’il ait perdu sa réactivité et son bagout d’avant, mais je me raisonne en me disant
qu’il conserve le souffle vital si précieux, et que d’autres souffrant de la même pathologie sont bien plus amochés.

Je me moquais souvent de lui en lui demandant comment il avait réussi à mener toutes ces carrières de front avec « seulement » un diplôme de Technicien Supérieur des Transports, diplôme qui orne encore les murs de notre maison. Interrogation à laquelle il rétorquait qu’il me battait à plates coutures, et ce dans tous les domaines, moi et mes multiples masters, croyant détenir la science infuse. Et c’était vrai !

Vous pouvez penser que je m’exprime ainsi avec autant de subjectivité car je parle de mon père, mais que nenni ! Du Port Autonome de Dakar où il a débuté sa carrière et où il a laissé une empreinte ad vitam aeternam, notamment via l’Union Culturelle et Sportive du Port, à Dakar Dem Dikk, l’entreprise de transport en commun nationale, au Ministère des Transports (qui change à chaque fois d’appellation, mais s’appelait au temps Ministère des Transports et des Infrastructures), sans oublier les différents organismes avec qui il a collaboré et effectué des missions de consultance, que ce soit dans le domaine du transport, de la logistique, du sport, ou encore des infrastructures terrestres et maritimes.

La « Rigueur », comme ses amis l’appelaient, est un homme passionné, aussi violent dans l’exercice de cette passion, que sensible lorsque celle – ci lui rend l’engagement et l’investissement dont il a fait preuve. Dans le roman La bicyclette bleue de Régine Deforges, un passage me rappelait cette dualité qui fait la force de la personne de mon père. Je ne m’en rappelle pas textuellement, mais la romancière faisait état de violence et de sensibilité, ce qui à mes yeux résume parfaitement mon père.

Alors que le Sénégal s’apprête à vivre la 2e finale de Coupe d’Afrique des Nations de son existence, j’ai eu envie d’écrire cet article, car je sais que s’il avait vécu la Coupe d’Afrique et ses matchs comme nous la vivons actuellement, il aurait pris sa plume pour coucher sur le papier les émotions l’envahissant. Raison pour laquelle je me suis dit que je lui devais cet article, car le football, c’est la passion de sa vie.

MTK2Je me rappelle encore comment, en regardant un match, il oscillait de droite à gauche, hurlant contre les joueurs, l’arbitre ou encore le sélectionneur. Que ce soit à la télé ou encore au stade, il ne se gênait pas pour se lever et hurler sa joie ou son mécontentement, oubliant tout ce qui l’environnait. Les joueurs du Port ont souvent fait les frais de ses humeurs, car il leur signifiait toujours ce qu’il pensait de leur jeu et ses entrées fracassantes dans les vestiaires étaient redoutées.

Que ce soit pour l’équipe du Port ou l’équipe nationale, son amour du football était viscéral, incommensurable, n’avait aucune limite. Ses amis le taquinaient souvent en lui disant « Tidiane, tout ceci n’est qu’un jeu ! » il leur prouvait avec force arguments que c’était bien plus qu’un jeu ! Et lorsque Pape Diouf, ancien Président de l’Olympique de Marseille et un ami à lui, a publié en 2013 son livre sobrement intitulé C’est bien plus qu’un jeu, il l’a brandi sous le nez de tous ceux qui avaient du mal à comprendre sa passion pour le football.

Depuis Caire 1986 – et même bien avant, mais Caire 1986 demeure mon repère, car c’est l’année de ma naissance – il n’a eu de cesse de prier pour que le Sénégal gagne cette Coupe d’Afrique. Peut – être que 2019 sera la bonne, qui sait ?

D’après ce qu’il m’en a dit, son histoire avec le football a débuté durant ses années estudiantines, alors qu’il était goal. Se sachant plus utile du côté des décideurs que sur la pelouse, il est l’un des membres fondateurs de l’équipe de football du Port Autonome de Dakar, club qui a remporté la Coupe du Sénégal en 2000 après une finale perdue en 1990, mais aussi remporté le Championnat du Sénégal en 1990, 1991 et 2005.

Ce championnat remporté en 2005, je m’en rappelle particulièrement, car bien qu’il ait passé la main au niveau de la Présidence de l’équipe du Port, il en demeurait toujours le Président honoraire. Ce qui fait que lorsque le Port a gagné le Championnat du Sénégal en 2005, les joueurs et tout le staff ont tenu à lui amener le trophée à la maison, en sa qualité de Président d’Honneur. La lueur de joie qui n’a cessé de danser dans son regard lors de cette magnifique après – midi, je ne l’oublierai jamais.

Ayant fondé le Club du Port, il n’a eu de cesse de sillonner tout le Sénégal lors de leurs rencontres, bravant intempéries, pratiques mystiques, ire de ses proches, qui lui reprochaient de s’investir autant dans ce sport. Chez nous, c’était toujours un défilé de tout ce que le football comptait de décideurs et mon âme d’enfant s’émerveillait de voir tous ces messieurs cravatés que j’apercevais à la télé, venir recueillir les lumières de mon père. Sans oublier ceux, amis proches comme collaborateurs, qui venaient dormir à la maison pour l’accompagner dans le Sénégal profond en vue d’un match. Car lorsque le Port jouait en extérieur, la tension était palpable …

En plus de cela, je ne peux compter le nombre de fois où le Sénégal disputant des joutes importantes, on l’invitait à des émissions télévisées ou radiophoniques. Telle une sangsue, je le collais et voulais venir avec lui, et observais émerveillée, toute cette effervescence en coulisses.

MTK1En plus de ses fonctions au sein de l’UCST – PAD, mon père en a occupé au sein de la Fédération Sénégalaise de Football, où il a occupé la fonction de Vice – Président jusqu’en 2008, avant de siéger au Comité Directeur, d’où il fut débouté car dénonçant l’embastillement et l’autoritarisme dont on faisait preuve au sein de la Fédération. Je me rappelle de ces moments qui furent très durs, car dans une institution où beaucoup ne prennent pas la parole de peur de perdre des avantages, protester peut s’avérer suicidaire. Mais il tint bon, car aujourd’hui encore, quand je m’entretiens avec certains de ses anciens collaborateurs et connaissances, tous me relatent avec force détails des anecdotes, durant ces réunions épiques où il n’hésitait pas à claquer la porte, chaque fois que l’intérêt général était bafoué.

Et c’est ça aujourd’hui plus que jamais, qui me rend fière d’avoir comme père cet homme qui demeurera à jamais dans l’histoire du football sénégalais. Un homme qui a légué à la postérité un club de football faisant partie du top 10 des clubs sénégalais, un homme qui a été l’un des rédacteurs du Document faisant état de la réforme des clubs de football locaux, un homme qui a siégé dans de prestigieuses institutions footballistiques telles que la FIFA, ou encore la CAF.

Toutes ces raisons font que quelque part au fond de moi, je vibre pour ce sport, en pensant à toutes ces après – midi où il nous mettait dans sa voiture mes amies et mon frère pour aller assister à des matchs de football au Stade Léopold Sédar Senghor, de même que les regroupements des joueurs du Port, avant de disputer un match. Et tout cela par amour du beau jeu !

Alors MTK, je sais que tu me liras, conserve ce texte, rature – le, mais au fond des brumes de ta mémoire, je suis intimement convaincue que tu te remémores les années « de braise ».

MTK5Sois sûr que celles – ci n’ont pas été vaines !

Bonne lecture,

NFK

 

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Coup de cœur série : Maîtresse d’un homme marié

maitresse d'un homme mariéLorsque j’ai séjourné à Dakar au mois de Mars dernier sur invitation des Sabbar artistiques et du Musée des Civilisations Noires (https://cequejaidanslatete.wordpress.com/2019/04/01/sabbar-artistiques-edition-1/) , l’actualité sénégalaise était secouée par le duel opposant l’ONG islamique Jamra et l’équipe de scénaristes d’une nouvelle série télévisée, sobrement intitulée Maîtresse d’un homme marié. Ambiance …

Je dois dire que ce duel et la menace d’une marche de protestation contre la diffusion de la série brandie par Jamra a été le point culminant d’une série de protestations qui durait depuis un moment déjà. Car il faut avouer que depuis que la série a commencé à être diffusée simultanément à la tv et sur Youtube, elle n’a eu de cesse de diviser les internautes, les uns pensant que ce genre de productions venait à point nommé, les autres au contraire arguant que cette série allait contribuer à la dépravation des mœurs des femmes et des enfants. Car il est reconnu que dans une société, les femmes et les enfants en sont la frange la plus fragile et qu’il faut à tout prix les protéger d’une mauvaise influence extérieure.

Ne voulant pas m’ajouter à la horde de voix concordantes ou discordantes, j’ai voulu attendre que la clameur baisse de quelques octaves pour pouvoir visionner la vingtaine d’épisodes composant la saison 1, et pouvoir donner un avis sur Maîtresse d’un homme marié, si minime soit – il.

En questionnant les ami.e.s qui étaient des aficionados de la série, j’ai appris que la série était à l’origine une chronique Facebook et que la créatrice, Marème Dial, a donné son nom à l’un des personnages principaux, la bien nommée Marème. Ce qui m’a amusée, c’est que si la chronique avait été laissée en l’état entre les murs de Facebook, je ne serai jamais tombée dessus, car j’abhorre les chroniques, que je trouve trop fleur bleue et je pense que Facebook n’offre pas le cadre qu’il faut pour acquérir un lectorat. Mais ce n’est que mon avis 😉

Mais un grand bravo à Marème Dial d’avoir écrit cette histoire et bravo aussi aux scénaristes de Marodi TV de l’avoir portée à l’écran, dont Kalista Sy, qui je le pense sincèrement, est en train de révolutionner le paysage audiovisuel sénégalais, tout au moins en ce qui concerne les séries télévisées. Maîtresse d’un homme marié nous plonge dans le quotidien de quatre femmes : Djalika, Marème, Lalla et Racky. Si vous êtes un anti – spoil, arrêtez de lire tout de suite, car pour spoiler, je vais spoiler !

Marème vit en colocation avec Amsa et peine à trouver l’amour. Après une déception amoureuse, elle tombe sur Cheikh, qui est marié à Lalla, femme Sénégalaise dans tout ce qu’il y a de plus soumis, jongué, maîtrisant les codes de la séduction locale, toujours parfumée, bien mise, susurrante, la démarche chaloupée et last but not least, centrant toute son existence autour de Cheikh, son Al Jannah. En plus d’être une working woman accomplie dont la boutique est courue des dames en recherche d’élégance, elle choie Cheikh et leur fille Noura. La femme parfaite, en somme. Mais pendant que Lalla croit que son Al Jannah n’a d’yeux que pour elle, celui – ci entame une relation adultérine avec Marème, qui le rend fou. Marème, à l’opposé de Lalla, est une jeune femme décomplexée, assumant sa sexualité. Donc Cheikh, avec les deux types de femmes que sont sa femme et sa maîtresse, est le plus heureux des hommes. Que demande le peuple ?
Les deux tourtereaux que sont Marème et Cheikh se donnent rendez – vous dès qu’ils le peuvent et parfois même font leurs affaires sur le lit conjugal, dans la maison que partage Cheikh avec Lalla. Cheikh est de loin mon personnage préféré. L’air de rien, il a l’art de se fourrer dans des situations inextricables, mais comme il est fourbe, il se fait aider par son petit frère Biram, qui n’hésite pas à voler au secours de son frère, l’aider à sortir retrouver Marème.

Son frère Biram, personnage torturé et extrêmement gâté, est marié à Djalika, qui se plie en quatre pour que leur mariage marche. Biram sort boire et faire la fête tous les soirs, et les rares fois où il n’est pas ivre mort, il drague tout ce qui bouge. Le personnage de Djalika aussi est intéressant, car il illustre la dureté du mariage sous les latitudes sénégalaises, où les femmes gèrent tout et doivent être irréprochables pour contenter mari et belle – famille. Une charge mentale qui ne dit pas son nom, mais comme dans la psyché sénégalaise la femme doit tout endurer stoïquement pour se voir rétribuée avec une progéniture valeureuse. Le fameux liggeyou ndèye, agnou doom. Surtout si le liggeyou ndèye est composé de coups, d’insultes et de rapports sexuels exigés de force … Car durant un épisode, Biram prend Djalika de force, malgré le refus de celle – ci. Scène classique d’un viol conjugal !

Le dernier personnage clé est Racky. Violée durant son enfance par son père, sa mère lui fait payer l’emprisonnement de celui – ci et la hait de toutes ses forces. Emmurée dans le déni, elle n’a de cesse de reporter sur sa fille la responsabilité de ce qui est arrivé. Cauchemars, stress, nausées, difficulté à nouer des relations, telles sont les conséquences de ce qu’a subi Racky. Jusqu’à ce que Moustafa, pour qui elle commence à avoir des sentiments, l’emmène dans le bureau du Docteur Mbengue, psychologue avec qui elle entamera une thérapie.

J’ai regardé les vingt – six premiers épisodes de Maîtresse d’un homme marié d’une traite, et après avoir terminé, j’ai compris pourquoi la série suscitait tant d’engouement.
Car montrer des jeunes femmes qui s’assument entièrement et qui n’ont pas peur du jugement de la société, ça, c’est inédit. Car dans notre société sénégalaise faussement pudibonde et prompte à contrôler les femmes, ça effraie les mâles dominants de voir des femmes échapper à leur emprise. Voir des femmes s’accepter, voilà le nœud du problème selon moi qui a fait que la série a provoqué un tel tollé.

Maîtresse d’un homme marié effectue une cartographie de la société sénégalaise à nulle autre pareille. Cela va sans dire donc que les hommes, polygames qui ne s’assument pas, seront mis face à leurs contradictions libidinales et ne voudront aucunement que soient portées à l’écran leurs manigances pour endormir la vigilance de leurs épouses.

Au – delà de l’histoire d’amour entre Marème et Cheikh – histoire qui aboutira d’ailleurs au mariage – qui est la toile de fond, la série aborde d’autres thématiques, que sont le viol conjugal, l’inceste, les violences sexuelles, la grossophobie, la polygamie, le mariage et les relations amoureuses adultérines …

Maîtresse d’un homme marié contribue à crever l’abcès des tabous qui composent la société sénégalaise, et rien que pour cela, la série est un pari réussi. La parole féminine doit être libérée, car au nom du patriarcat et de la bien – pensance, surtout masculine, elles sont encore trop craintives. Le divorce, suite à une union devenue invivable, est aussi traité. Les scènes où Djalika décide de reprendre sa vie en main sont jouissives ! J’ai aussi particulièrement aimé les séances de thérapie du Docteur Mbengue qui soigne Racky suite à son traumatisme post – viol et Lalla, devenue dépressive après le mariage de Marème et Cheikh. Dans un pays où montrer que l’on souffre quand on est une femme est impensable, les accompagner durant ces épreuves est crucial.

Vous l’aurez compris, la féministe que je suis recommande chaudement cette série, car avec la mise en avant de ces femmes aux vécus qui s’entrecroisent, l’on voit nettement que la marche pour un changement de paradigme (féminin) est amorcée ; et que rien ne pourra l’arrêter.

Bonne lecture,

NFK

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Sabbar Artistiques : Edition 1

5BE97D2B-BDC9-49E7-9453-41E29BF8A819Du 19 au 24 Mars 2019, Dakar a abrité la première édition des Sabbar Artistiques. Les Sabbar Artistiques, kesako? Vous n’êtes pas sans savoir ce qu’est un sabbar, cette danse rythmique, disons même endiablée, typiquement sénégalaise, qui se distingue par ses battements de tam – tam saccadés, invitant à se trémousser au sein du cercle formé. Durant les séances de sabbar, parfois diurnes, mais le plus souvent nocturnes, les batteurs rivalisent d’ingéniosité pour créer des rythmes et ainsi pousser les danseuses à se surpasser et rivaliser d’élégance. Depuis la nuit des temps, des danses sont apparues et ont fait les beaux jours des sabbar. Je peux citer de mémoire le bara mbaye, le cëbu jën (oui, oui comme le plat national), au moyen de percussions aux noms aussi alambiqués que le thiole, le mbeng mbeng … Si vous voulez en savoir plus sur les sabbar et toute leur histoire, et surtout voir comment ça se danse, Google et YouTube vous seront d’une plus grande utilité que moi.

Le nom de Sabbar n’aurait été mieux choisi pour illustrer ce marathon de panels, projections de films, expositions, discussions et voyages qui ont été notre lot durant tous ces jours. Voyages, car pour certaines venant à Dakar pour la première fois, d’autres pour une fois supplémentaire, et moi revenant au bercail, nous avons été à la rencontre de réalités que nous ne faisions qu’effleurer et apercevoir au loin.

La notion de réflexivité qui était au cœur de ces Sabbar artistiques et sur laquelle insistaient les organisatrices revêtait tout son sens, car nous avons réfléchi durant nos échanges, débattu, fait converger ou diverger nos opinions, mais nous nous sommes aussi posées en tant qu’objets de nos réflexions. En faisant tourner la réflexion sur nous – mêmes, nous en avons à la fois été les sujets et les objets. En venant chacune avec nos domaines de compétences, nos connaissances, mais aussi nos vécus et trajectoires, nous avons pesé et réévalué nos discours et pratiques.

La team derrière cette première édition des Sabbar artistiques était composée de Rama Thiaw, fondatrice et curatrice, Caroline Blache, co – curatrice, Fatou Kiné Diouf, chargée de production, Yannis Gaye, infographie et Community manager, Oumy Régina Sambou, chargée des relations presse. A l’image de cette team hétéroclite, les Sabbar ont vu passer des femmes (et des hommes même s’ils étaient minoritaires) aux parcours différents. J’ai participé à quatre panels : l’un portant sur la convergence / divergence des luttes africaines et afro – descendantes, le deuxième sur les luttes féministes, espaces publics et religieux, le troisième sur le style et le parcours singuliers dans la littérature, et enfin le dernier sur l’héritage de Mariama Bâ et Audre Lorde : entre réalisme et science – fiction. J’ai profité de ma venue pour les Sabbar pour répondre à l’invitation du Musée des Civilisations Noires de Dakar qui organisait un panel sur les productions artistiques et les problématiques de genre.

CCF10DF6-97A2-4AA2-95A6-3CAE4B51B051Au cours de ces panels, j’ai eu à côtoyer des femmes telles que Fatou Sow, Myriam Thiam, Adama Sow, homme et journaliste, Dolores Bakela, Régina Sambou, Fatou Sow (sociologue réputée que j’admiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiire énormément), Ken Bugul … En croisant et dénouant le fil qui nous séparait nous Africaines sur le continent et afro – descendantes vivant en Occident (à défaut d’une autre appellation), nous nous sommes rendues compte que nous ne faisions que nous croiser, sans nous voir réellement. Les discussions m’ont – à mon niveau – permis de voir que ces jeunes femmes que je côtoyais étaient en proie à plusieurs difficultés que je qualifierai d’intersectionnelles (car la plupart identitaires), et qu’il n’était pas évident de pouvoir les démêler. En croisant nos expériences, moi qui suis allée en France à ma majorité et elles ayant vécu toute leur vie là-bas, nous nous sommes rendues compte que nous étions différentes. Et cette différence était salutaire. Marie Angélique Savané, figure de proue du féminisme sénégalais, a livré une contribution plus qu’appréciée.

Le Sénégal est un pays ayant connu plusieurs mutations, notamment dans les luttes féministes. Durant nos échanges, Fatou Sow a parlé d’un islam que nous vivons au Sénégal qui jette une chape de plomb sur les libertés, notamment féminines : « un islam culturalisé ». Une façon de pratiquer la religion savamment mélangée à la culture et destiné à garder les femmes à la marge. S’en sont suivis des échanges intéressants avec le public, dans lequel figurait d’ailleurs Aminata Sow Fall, doyenne des lettres sénégalaises.

Le panel portant sur les trajectoires littéraires a eu lieu à l’Institut Français. Avec Ken Bugul, Kidi Bebey, Ayesha Attah, nous sommes allées au Cameroun, au Ghana, en passant par la France, pour revenir au Sénégal, parler de nos trajectoires littéraires, de la construction de nos personnages et ce qui constitue la singularité de nos identités féminines dans notre processus d’écriture. Ken Bugul a livré un message fort à l’issue de ce panel en revenant sur son histoire personnelle et ce qui fait qu’elle est ce personnage si atypique.

Le vendredi, le Musée des Civilisations Noires, édifice somptueux dédié à l’art africain, a organisé un panel autour des productions artistiques et des problématiques de genre, avec Leila Adjovi, photographe, Rama Diaw, styliste et moi. En croisant nos identités féminines et notre art, nous en sommes arrivées à penser qu’il fallait déconstruire les stéréotypes de genre.

684D342C-613D-4387-AB0B-F1DF2E447545Le samedi, avec les Sabbar, nous sommes allées à Gorée, où nous nous sommes posées dans la superbe demeure du cinéaste Jo Gaï Ramaka. En faisant une comparaison entre Mariama Bâ et Audre Lorde, nous nous sommes posées la question de savoir si nous nous positionnions du côté du réalisme ou a contrario de la science – fiction.

Les Sabbar artistiques se sont clôturés dimanche, mais ma part de panels s’est terminée samedi. Je suis rentrée à Paris la tête pleine d’images, de sons, de rencontres enrichissantes, qui donneront lieu sous peu à d’autres rencontres et événements de qualité. La team des Sabbar a effectué un travail titanesque et pour une 1ère édition, je leur tire mon mussor. Car organiser un tel événement, faire converger vers Dakar autant de personnes, je sais que ce n’est pas un travail facile, ni évident. De plus, les espaces de discussion se faisant rares, il urge que ce genre d’initiatives perdure. Les feedbacks après le retour ont été dithyrambiques. Espérons que les soutiens s’ensuivent, pour que l’équipe tienne très vite l’édition 2.

Kudos !

Excellente lecture !

NFK

 

 

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Un genre présidentiel

assemblee-feminin-diaporamaJ’emprunte le titre de cet article au livre de Frédérique Matonti, Le genre présidentiel (Ed. La Découverte, 2017), dans lequel l’auteure fait une enquête sur l’ordre des sexes en politique. Française, soit dit en passant … Je vais m’intéresser à la politique sénégalaise dans ce texte, et plus particulièrement la place des femmes dans l’espace politique sénégalaise.

Aïssata Tall Sall, avocate, membre du bureau politique du Parti Socialiste, députée maire de la localité de Podor, a surpris plus d’un.e en annonçant son ralliement AU Président sortant, Macky Sall. Du côté de son parti, l’on parle de soutien uniquement, mais pas de ralliement total, mais c’est selon … L’actualité politique au Sénégal est marquée ces derniers temps par la campagne présidentielle, en vue de l’élection qui aura lieu le 24 Février. Qui de Macky Sall le Président sortant, Idrissa Seck, Ousmane Sonko, El Hadj Issa Sall ou Madické Niang les sénégalais éliront – ils au soir du 24 Février 2019 ?

Vous aurez remarqué que parmi les cinq candidats se disputant les suffrages des électeurs sénégalais, il n’y a aucune femme. Ces élections présidentielles sont particulières à plus d’un titre. La loi du parrainage votée par l’Assemblée Nationale quelques mois avant l’ouverture de la campagne en avait déjà dessiné les contours. Cette loi stipulait que tout candidat devait se faire parrainer par 0,8% de l’électorat, soit un total de 52 mille signatures pour qu’une candidature soit validée. Les candidatures féminines étaient au nombre de trois : Yassine Fall, Nafissatou Wade et Aïssata Tall Sall. En plus de décourager les potentiels candidats masculins, la loi du parrainage a aussi fait passer à la trappe celles féminines.

Aïssata Tall Sall n’est pas une inconnue dans le landerneau politique sénégalais. Car c’est une femme qui est présente depuis deux décennies dans la scène politique sénégalaise. Le lancement de sa formation Osez l’avenir ! en 2017 avait cristallisé l’espoir une vague d’espoir parmi la gent féminine qui voyait en elle la promesse d’une femme Chef d’Etat. Car en 58 ans d’existence, la nation sénégalaise a eu des femmes journalistes, magistrates, députées, mais tout ce qui touche au cercle intime du pouvoir semble mettre les femmes au rebut et semble obéir à une logique masculine.

Les périodes pré et post – indépendance permirent de faire émerger des femmes dans le domaine de la revendication politique, du droit, du journalisme, ou encore comme représentantes à l’Hémicycle. Je peux citer à cet effet Adja Rose Basse, Mame Bassine Niang, Annette Mbaye D’Erneville, Caroline Faye Diop … De 1960 à nos jours, malgré ces trajectoires brillantes, le Sénégal n’a eu que deux femmes Premier Ministre : Mame Madior Boye et Aminata Touré. Les femmes semblent être cantonnées à la marge du jeu politique. En 2011, le Président Abdoulaye Wade avait fait promulguer la loi de la parité. Cette loi a été votée pour lutter contre les disparités dans le domaine de la représentativité dans les institutions, de même que l’égalité face au traitement salarial hommes / femmes. L’Assemblée Nationale sénégalaise passe pour exemple, de 33 à 64 députées. Cette loi a été accueillie de diverses manières, je suis de ceux qui pensaient que c’était une mascarade, en vue de faire taire les femmes et leur montrer qu’à l’Assemblée, elles étaient représentées. Le nombre de députées a gonflé, mais qu’en est – il des autres domaines ? La situation reste la même …

Pour en revenir à l’élection présidentielle, une fois l’étape du parrainage passée, les candidats sont au nombre de cinq et sont tous des hommes. C’est le moment des alliances stratégiques. Malgré des rumeurs tenaces, Aïssata Tall Sall démentait urbi et orbi une alliance avec Macky Sall. Mais à la surprise générale, elle finit, à l’issue d’une réunion avec le bureau politique de son mouvement, de déclarer son soutien au Président sortant en vue de sa réélection. Les réactions ne se firent pas attendre, et furent à la hauteur de ce que cette femme représente dans l’échiquier politique.

On peut analyser le ralliement de Aïssata Tall Sall sous diverses facettes, mais moi je choisis de l’analyser sous le prisme du genre, car quoi que l’on puisse dire, cela montre encore une fois que quelle soit la longévité d’une femme sur la scène politique sénégalaise, elle finit par rentrer dans les rangs, à savoir être dans un rôle de subalterne. Pour une femme ayant eu la carrière et l’envergure qu’elle a, ceci est d’autant plus inexplicable. A – t – elle mesuré l’impact que sa décision a pu avoir sur son image, mais surtout l’image de la femme sénégalaise d’aujourd’hui en politique ? J’en doute fortement. Je me refuse à croire qu’une femme aussi brillante politiquement puisse accepter de brader vingt ans de présence dans la scène politique.

Les commentaires vont bon train, et on fait état de l’absence des jeunes et des femmes dans l’élection présidentielle de Février 2019. Quand on parle de jeunes, dans l’imaginaire collectif sénégalais, on pense aux jeunes hommes. Les femmes arrivent en dernière position, avec les enfants. Comme pour dire que les femmes sont la catégorie la plus infantilisée de la population. Alors qu’elles ont la parole et doivent s’exprimer. Mais en sont – elles conscientes ? Comment faire émerger des figures féminines politiques fortes quand le système est inégalitaire et favorise les hommes ? A titre d’exemple, sur un total de 39 Ministres du Gouvernement actuel, seulement 8 portefeuilles ministériels sont occupés par des femmes ? Les femmes sont – elles sous représentées dans l’espace politique sénégalais ? Assurément. Comment encourager les jeunes femmes à s’intéresser à la politique quand les seules positions qui leur restent à occuper sont déterminés en fonction de leur sexe ? Voilà autant de questions soulevées par le soutien de Aïssata Tall Sall au Président sortant.

Cette situation me pousse à penser qu’il existe un seul et unique genre présidentiel : le genre masculin, qui, dans la sociologie sénégalaise, est le seul apte à gouverner. Les femmes réputées querelleuses et émotives, ne le peuvent pas. Mais quand tout est fait pour les décourager, force est de se poser la question de savoir si un changement de paradigme n’est pas à opérer.

Lors d’une bataille épique l’opposant à Racine Sy lors des élections législatives de 2014, Maître Aïssata Tall avait tenu tête et réussi à garder sa mairie, au grand soulagement des sénégalais qui l’avaient soutenue et portée, encourageant l’édile de Podor à continuer sur cette voie qui la menait tout droit vers la Présidence.

Mais cinq ans après, les cartes sont redistribuées. Le jeu politique sénégalais est très marqué par la présence masculine, et les femmes, une fois n’est pas coutume, jouent les seconds rôles. Jusqu’à quand ?

Bonne lecture,

NFK

Publié dans Au Sénégal

EN ATTENDANT LE VOTE DES BÊTES SAUVAGES

vote-1Les joutes électorales – surtout présidentielles – sont toujours le lieu de sonder la psyché (masculine) sénégalaise et de voir où ils se situent non seulement par rapport à leurs programmes de campagne, mais aussi comment ils insèrent la gent féminine dans leurs promesses de campagne. Des indépendances à nos jours, toutes les femmes qui se sont présentées pour être des potentielles Présidentes n’ont jamais réussi à s’imposer. Le Sénégal, un pays mysogine? Assurément ! Les femmes subissent – elles une oppression en raison de leur sexe? Absolument !

Cette élection vers laquelle nous nous dirigeons, à savoir celle de Février 2019, ne déroge pas à la (triste) règle. Elles n’ont pas réussi à passer le cap des parrainages, et s’activent (certaines en coulisses, d’autres pas) pour soutenir le candidat de leur choix. Toujours est – il qu’elles sont au centre de ces élections, sans toutefois en faire partie. Vous avez dit paradoxe?

Si nous faisons l’étude des comportements collectifs passés et/ou présents, nous verrons que les femmes servent à attendrir et humaniser. Ne dit – on pas que la femme est l’épouse et la mère? Sans toutefois m’étendre sur ces deux fonctions, je veux relever deux faits qui m’ont encore plus fait prendre conscience de combien nous femmes sénégalaises étions infantilisées.

O.S le candidat 2.0, fringant jeune homme s’il en est, qui alimente débats virtuels et in real life, décide de nous montrer sa femme, comme pour faire taire les détracteurs qui lui en donnaient deux et de plus, disaient à qui voulaient l’entendre que celles – ci étaient voilées. Soit … IL décide de nous montrer sa chère et tendre triomphalement. Elle est voilée, c’est son choix le plus absolu. Et mon interrogation de citoyenne réside dans le fait que s’il en a effectivement deux, où est la 2e? A la maison? Dans l’assistance? L’histoire nous édifiera … Pourquoi décider d’exhiber sa femme MAINTENANT ? Tant de questions et si peu de réponses.

Continuons avec ce même candidat, car je crois qu’aujourd’hui, il a atteint son quota de déclarations tonitruantes. Dans un élan de générosité et d’emphase, il fait la promesse de faire passer les congés maternité A SIX MOIS ! Dans l’Article 24 du Code de la Sécurité Sociale au Sénégal, il est stipulé que  » la femme salariée enceinte a droit à des indemnités journalières pendant la durée de son congé de maternité dans la limite de six semaines avant et huit semaines après l‘accouchement « . Si le congé va jusqu’à six mois, quel en sera le coût? Tout en sachant que l’indemnité journalière sera de loin INFERIEURE que la parturiente recevait. Notre économie déjà moribonde pourra – t – elle supporter ce déficit? Elle devra donc se « faire prendre en charge » par son cher et tendre époux. Quid du congé paternité? Qu’attend – on pour le mettre en place? Jusqu’à présent, le congé paternité demeure une exception européenne. Quid de nos contrées? Car jusqu’à présent, un enfant se fait à deux …

Alors candidats, dans vos programmes de campagne, prenez en compte les VRAIES préoccupations des femmes en lieu et place des déclarations fanfaronnes ! Car là il y a du boulot …

#PasSansElles
#JusquiciCestSansElles

Bonne lecture,

NFK

Publié dans Au Sénégal, Réflexion

Kemtiyu

kem07 Février 1986 – 07 Février 2017

32 ans aujourd’hui que s’éteignait Cheikh Anta Diop. Et pour le symbole, Kemtiyu, la pépite cinématographique que lui a consacrée Ousmane William Mbaye, sera projetée ce 06 Février après le JT de 20h en version française sur la RTS1 et en version wolof sur la RTS2.

Je ne pensais pas que Ousmane William Mbaye ferait ou pourrait faire un jour un meilleur film que President Dia. Ou encore Mère Bi, et Xalima la Plume, films dédiés respectivement à sa mère Annette Mbaye d’Erneville, et à l’immense artiste que fut Seydina Insa Wade. Mais il l’a fait ! Kemtiyu (celui qui est noir), Seex Anta, est un vrai BIJOU ! Cheikh Anta DiOp, celui qui préféra l’honneur aux honneurs …

En 94 minutes, Ousmane William Mbaye nous (re) plonge dans la vie de celui qui s’est battu sa vie durant à prouver la véracité de ses thèses, celui qui nous a décomplexés, mais surtout celui qui n’a eu de cesse d’exhorter ses congénères à aller chercher la connaissance directe. Des plaines arides de Ceytu aux amphithéâtres de La Sorbonne, en passant par le Caire et son laboratoire de l’Ifan, Cheikh Anta a brillé partout où il est passé. Les témoignages de ses enfants, de sa regrettée épouse, de ses frères d’armes tels Théophile Obenga, tous sont unanimes : Cheikh Anta était mû par la recherche de la connaissance et en a fait son leitmotiv.

cadLe film de Ousmane William Mbaye est d’autant plus intéressant qu’il ne s’agit pas d’un déroulé subjectif, où l’on dépeint Cheikh Anta comme un « Messie ». L’élément montrant un scientifique français décrivant Cheikh Anta comme un scientifique aux recherches « éparpillées » revêt tout son sens. Combattu hier, décrit comme un fou, combattu aussi bien politiquement que scientifiquement, Cheikh Anta DiOp ne laisse personne indifférent. Et comme l’a si bien dit le Doyen de l’Université d’Atlanta, où est célébrée le Cheikh Anta Diop’s Day, « il est allé chercher ce qu’il y avait de plus profond en nous ».

Kemtiyu, à voir et revoir !

#Kemtiyu

#OusmaneWilliaMbaye

#FilmsMameYandé

NFK