“ Je m’appelle Aminata Diallo, fille de Mamadou Diallo et de Sira Coulibali. Je suis née dans le village de Bayo, à trois lunes à pied de la Côte des Graines en Afrique de l’Ouest … Je suis une Bambara. Et une Peule. Je suis les deux, comme je l’expliquerai plus loin. Je crois que je suis née en 1745, ou pas loin de là … »

ImageC’est ainsi que débute l’histoire bouleversante de Aminata, l’héroïne du roman éponyme de Lawrence Hill, esclave héroïque, femme de cœur, mais aussi de tête, femme au destin remarquable de par les tribulations qui en ont jalonné celui – ci …

De son village natal de Bayo, près de Ségou, à Londres, Aminata en aura vu et vécu des choses, abominables pour la plupart … On lui volera son enfance et la déportera loin, très loin de sa terre de Bayo qu’elle affectionnait tant … Au nom de quoi ? Au nom de l’esclavage ! Croyant (à tort) que les marchands d’esclaves dont elle avait ouïe dire ne franchiraient jamais les remparts sécurisants de son village, elle verra son existence chamboulée, ses parents abattus et commencera ainsi son long périple …

Des champs de coton et d’indigo des Etats – Unis, aux ghettos poussiéreux de la Nouvelle – Ecosse (Canada), elle passera aussi par la Sierra – Leone durant les premières étapes de sa formation en tant qu’Etat … Son ultime voyage sera Londres, où elle s’alliera aux abolitionnistes, désireux de faire cesser le commerce d’êtres humains …

Lawrence Hill écrit un roman vrai, dénué de faux – semblants, mais surtout cru et violent … Par la voix d’Aminata, l’auteur s’emploiera à décrire jusque dans les détails les plus sordides et ignobles le calvaire qu’ont vécu des milliers et des milliers de noirs : viols, violences, privations, maltraitance, rien ne sera occulté ! Et la force de caractère de l’héroïne Aminata naîtra de ce chaos sans précédent … Forcée de grandir trop vite, son âme d’enfant cèdera la place à une adulte qui fera face et résistera, envers et contre tout … Et surtout, détail qui m’a le plus marquée à la lecture de ce livre, c’est la conscience aigue de la conscience africaine qu’a Aminata … Cette Afrique qu’elle a trop vite quittée, la hantera tout le long de sa vie ; il lui suffisait de fermer les yeux un bref instant pour se remémorer sa vie d’antan, sa terre chérie et la chaleur de son terroir …

Faisant front avec une étonnante maturité, elle saura que sa force mentale sera la seule chose qui lui permettra et lui aura permis de tirer son épingle du jeu … Une vie jalonnée non seulement de labeur, mais aussi de pertes, car les fruits de ses amours avec Chekura, son seul et unique amour, lui seront arrachés. Mamadou, son fils, sera vendu par son premier maître, puis mort quelque temps après, alors que May, sa fille qu’elle retrouvera à Londres, fut kidnappée … Quant à son cher et tendre Chekura, il mourra dans le bateau qui le mènera vers la liberté …

Lawrence Hill nous livre là un récit d’une étonnante beauté, car sous le poids des mots si souvent difficiles à supporter, car vrais et sans fards, transparaît la force de l’âme d’une personne qui passera sa vie à rechercher ce qui lui fit si cruellement défaut : LA LIBERTE !

Un livre à lire et à faire lire !

LovE ❤

NFK

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