Une grande fille : Danielle Steel

26942960_1823248347747640_296908831_nÀ l’instar d’Au jour le jour, autre roman de Danielle Steel dont j’ai parlé ici : https://cequejaidanslatete.wordpress.com/2017/11/03/au-jour-le-jour-danielle-steel/, je renoue avec cette auteure qui fut l’une de mes préférées durant mon adolescence. Les années passant, j’ai abandonné la lecture de ses ouvrages, car les histoires malgré moult intrigues et rebondissements, se ressemblaient peu ou prou et le pire, c’est que Madame Steel semble avoir trouvé la formule qui marche et ne la lâche pas. Mais c’est ce qui fait son succès planétaire, car ses lecteurs/lectrices sont en quête le plus souvent d’histoires sentimentales légères, de lectures sans prises de tête …

Après des années sans l’avoir lue, je me rends compte que son style n’a pas changé. Mais je ne lui en veux pas … La lire continue de demeurer une belle expérience, tout de même. Une grande fille nous plonge dans le quotidien des Dawson. Famille fortunée, vivant confortablement dans un quartier résidentiel de Los Angeles, Jim et Christine Dawson sont les heureux parents de Victoria et Grace. Jim a toujours tout contrôlé dans sa famille, de sa femme à ses filles, en passant par sa carrière. À la tête d’une florissante agence de publicité, il régente tout son univers. Sa femme Christine est en adoration devant lui, acquiesce à tout ce qu’il dit, de même que leurs amis, qui trouvent Jim charmant et intelligent. Grace leur fille cadette est leur portrait craché à tous les deux : filiforme brune, les yeux sombres, elle est exquise. Quant à Victoria, l’aînée, elle a été sept ans avant la venue de Grace au monde, le « gâteau test » de ses parents, celle qui ressemble tellement à la reine Victoria. Forte, solidement charpentée, blonde aux yeux bleus, Victoria ne ressemble en rien à ses éblouissants parents et sa soeur. On ne se gêne nullement – surtout son père – pour toujours placer des plaisanteries douteuses sur son surpoids, son nez crochu, ce qui sape le moral de la jeune femme.

Rien ne semble trouver grâce aux yeux de son père : ni ses brillantes études universitaires, ni sa florissante carrière de professeure d’anglais au lycée Madison, l’un des meilleurs lycées de New York. Tout ce qu’il trouve à dire, c’est le fait que Victoria soit charpentée comme un homme, et qu’elle soit toujours aussi grosse malgré les années. Sa mère, elle, se range toujours du côté de son mari et bénit chacune de ses paroles. Seule Grace, leur portrait craché, est celle qui est digne d’être aimée …

Victoria mène tant bien que mal une vie équilibrée, entre son travail passionnant mais éreintant, ses régimes à répétition, ses séances de psychanalyse et Harlan et John, ses colocataires devenus sa seconde famille, car elle évite autant que possible de séjourner à LA pour éviter les piques acerbes de son père. Tout ce petit monde fait bloc autour d’elle et ne cesse de lui répéter qu’elle est digne d’amour et que ses parents sont des monstres. Mais trente années de quolibets ne seront pas faciles à effacer. Victoria tient bon cependant.

8e7f9103c9abcc02f6e909791d4ab335--danielle-steel-a-beautifulDésormais rien ne la fera flancher, car avec Colin, son fiancé à ses côtés, elle affronte le monde extérieur avec courage. Même lors du mariage féérique de Grace et de la méchanceté renouvelée de Jim et Christine, elle leur montrera que désormais ils ne peuvent plus l’atteindre … Je trouve juste dommage que des sujets tels que le surpoids et les séances de thérapie, de même que la fragilité de la condition de certaines personnes aient été survolés, au profit des histoires d’amour …

Mais que voulez – vous, c’est la marque Dajiekle Steel ^^

Excellente lecture

NFK

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Lettre à la France nègre – Yambo Ouologuem

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J’avais vaguement entendu parler de Yambo Ouologuem et de son oeuvre gigantesque, sans jamais l’avoir lu.

Son histoire tragique m’avait émue, car comment expliquer que le premier auteur africain à avoir reçu le prix Renaudot – pour son livre le Devoir de violence publié en 1968 – en soit réduit a vivre dans un quasi anonymat dans son pays d’origine, le Mali?

Lorsqu’il paraît en 1968, Le Devoir de violence fait scandale. Prenant le contrepied de la négritude, mouvement porté par Léopold Sédar Senghor, Léon Gontran Damas et dans une moindre mesure Aimé Césaire, Yambo Ouologuem réfute la thèse d’une Afrique précoloniale idéalisée et avec des mots crus, raconte comment l’esclavage et la colonisation sont bien antérieurs à l’arrivée des Européens, qui ne firent que reprendre à leur compte, en l’amplifiant à outrance, un système préexistant.

À ce titre, le Devoir de violence a pu apparaître comme l’une des premières œuvres en contradiction avec le postulat de la négritude, car elle s’attaquait à l’image d’une Afrique précoloniale idéalisée et au « retour aux sources » prôné et chanté par Senghor et Césaire.

Pour ces raisons, son livre fut refusé par plusieurs éditeurs et fit scandale à sa sortie, son éditeur exigeant du romancier l’ajout de passages scabreux, absents du manuscrit initial. On reprocha aussi à Ouologuem d’avoir plagié Maupassant et d’avoir épousé la structure d’une œuvre d’André Schwartz-Bart.

Ces emprunts, toutefois, sont noyés dans le flot lyrique du récit. Le Seuil décidait, en 1971, de retirer l’ouvrage de la vente. Yambo Ouologuem fut donc refusé à la fois par les Africains, qui l’accusèrent de donner une mauvaise représentation de l’Afrique, et par l’Europe, qui l’oublia, au motif de ne voir en lui qu’un plagiaire. Dégoûté, il avait quitté la vie littéraire parisienne, pour aller vivre au Mali, loin de toute cette hypocrisie.

Après avoir en vain cherché Le devoir de violence – que j’espère lire bientôt, je n’abandonne pas mes recherches – je me suis rabattue sur Lettre à la France nègre.

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En 1969, il publie donc Lettre à la France nègre, un réquisitoire contre la France et les « clichés racistes » qui la traversent.

En Yambo Ouologuem, je retrouve un peu de Mongo Beti. Je trouve que les deux auteurs ont à peu près le même style, en ce sens qu’ils n’ont pas peur de choquer, se moquent éperdument du « qu’en dira – t – on » et cultivent à dessein la vulgarité de la langue, qu’ils manient à merveille, reconnaissons – le.

Classée en treize lettres, Lettre à la France nègre, fait le procès de cette France qui est engluée dans le racisme, mais refuse de gratter le vernis sous lequel elle se réfugie, refusant l’étiquette de raciste qui lui est accolée. Car oui, la France est raciste jusqu’à la moelle.

Personne n’est épargné dans ces mini pamphlets. Ni le Général de Gaulle, Président de la République française d’alors, grand « amoureux » de l’Afrique, qui prônait la communauté inter – africaine, mais finit par lâcher du lest et donner l’indépendance à ses chères colonies. Encore moins les couples mixtes qui auront fait le choix de s’aimer envers et contre tous (t), mais devront vivre avec les regards réprobateurs d’une société ayant du mal à concevoir que le noir et le blanc se mélangent impunément.

Le livre continue sous la même intonation, dépeignant, pointant du doigt, décriant cette hypocrisie sois – jacente envers les personnes de « couleur ». Quand il s’agit des performances sexuelles et amoureuses, on peut se permettre de faire appel aux nègres, mais le cas contraire, on les parque à leur place.

Parmi les gens de « couleur », subsistent deux catégories, ceux qui constatent le racisme et se battent contre celui – ci et ceux qui veulent coûte que coûte se couler dans le moule franco – français. L’écrivain ne les épargne pas, leur rappelant que la couleur dont ils devraient se draper, sera celle de la dignité humaine.

En lisant Yambo Ouologiem, j’avais l’impression de lire un auteur de notre époque,

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tellement ses propos étaient actuels et empreints d’une contamporanéité rare. Pas de place pour la bien – pensance et le politiquement correct, il use de sa plume pour décrier les maux qui gangrénaient la société post – coloniale d’alors et continue d’étendre leur venin de nos jours. J’ai admiré le courage et la ténacité de cet homme, car vivre ce qu’il a vécu et tourner le dos à ses détracteurs avec autant de dignité, il fallait le faire ! L’hommage qu’on peut lui rendre, c’est d’aller à la rencontre de son œuvre.

Je m’y attellerai, car ce premier ouvrage que j’ai lu de lui m’a donné un uppercut en pleine face. Le genre de lectures dont on redemande …

Bonne lecture,

NFK

Relecture – plaisir : De Tilène au Plateau de Nafissatou Diallo

26058007_1793044727434669_1460805186_n« J’espère avoir fait plus : j’espère être allée au – delà des tabous du silence qui règnent sur nos émotions … »

Cette phrase à elle seule pourrait résumer De Tilène au Plateau, l’émouvant roman de Nafissatou Diallo. Je l’ai lu il y a un peu plus de dix ans, lors de mes années au collège alors que je l’avais reçu en prix d’excellence, en sus de Awa, la petite marchande, un autre livre de Nafissatou Diallo. J’en avais gardé d’excellents souvenirs, mais impossible de remettre la main dessus depuis. La faute à la non réédition de plusieurs classiques, qui malheureusement ne survivent pas au temps et à l’usure, alors qu’il y a de ces ouvrages qui devraient défier le temps et l’espace, de façon à toucher toutes les générations.

De Tilène au Plateau fait assurément partie de cette catégorie de romans – là. Comme je l’ai dit à l’entame de ce billet, l’émotion m’a traversée lorsque je l’ai lu pour la première et cette relecture m’a confortée dans ce sentiment. En farfouillant dans les livres de mon père, quelle ne fut ma surprise de tomber sur De Tilène au Plateau ! Moi qui l’avais cherché partout, il était là, entre mes mains … Je le relus d’une traite en quelques jours. Ceux qui ont déjà lu ce livre peuvent comprendre mon empressement à venir encore une fois à bout de cette histoire.

7611305818499Nafissatou Diallo nous relate son enfance entre Tilène, quartier populeux près de la Médina. Dans une grande maison, elle vit avec ses grands – parents, ses oncles, tantes, cousins, cousines, frères, sœurs, sans oublier son père et ses épouses. Elle a perdu sa mère très jeune, raison pour laquelle elle est choyée par sa grand – mère, Mame, vieille dame pleine de malice, qui n’hésite pas à couvrir les bêtises de sa petite – fille qui ne tient pas en place et accumule les gaffes, flanquée de sa bande d’amies.

Son père est un homme à la carrure aussi impressionnante que redoutable, qui n’hésite pas à user du fouet pour discipliner ses enfants. Safi qu’il porte dans son cœur, en fait les frais parfois, surtout lorsqu’elle pousse l’outrecuidance à fréquenter des garçons sous son nez.

Car Safi commence à découvrir le sexe opposé, les réjouissances nocturnes, et fomente plan sur plan pour se soustraire à la poigne paternelle trop rude. Les années passent, les naissances et les morts rythment son existence, ainsi que celle de sa famille. Et qui dit années qui passent, dit aussi vieillesse, poids des ans. Les deux êtres qui comptent le plus dans sa jeune existence, son père et sa grand – mère, ceux sans qui De Tilène au Plateau n’aurait jamais vu le jour …

En relisant l’ouvrage de Nafissatou Diallo avec mes yeux d’adulte, j’ai redécouvert cette époque dakaroise dans cette partie de la capitale qui m’a vue naître. Autant Tilène fut le bastion de l’enfance de Nafissatou Diallo, c’est au Plateau qu’elle grandira et s’affirmera. Ce Dakar que je ne connais qu’à travers des lectures, des films et des causeries, me fascine à un point qu’en lisant des livres qui me le relatent, je crois entrevoir l’élégance des postures, des toilettes, des femmes, des hommes. L’élégance était poussée à un tel point qu’elle transparaissait dans les manières d’écrire. Car en lisant De Tilène au Plateau, je retrouve un peu d’Un chant écarlate, les deux femmes de lettres ayant en commun une plume poétique et mélancolique.

µDe Tilène au Plateau, à lire et à faire lire ! Emotion garantie !!

Bonne lecture

NFK

Survivor’s Remorse

Survivor’s Remorse Season 4 2017

Survivor’s Remorse Season 4 2017 Marketing Shoot – Feb 25 2017

Un autre de mes coups de coeur série, c’est Survivor’s Remorse, une série découverte par le plus grand des hasards, alors que j’en cherchais une à regarder car les autres étaient en mode winter finale et ne reprendraient qu’au début de l’année. C’est donc ainsi que je suis tombée sur Survivor’s Remorse. Dernièrement, je suis devenue une grande adepte de séries.

Il y en a certaines telles que HTGAWM, Scandal, Insecure, Ballers, Being Mary Jane, OITNB, que je trouve pas mal du tout … J’en ai écrit quelques reviews que vous pourrez consulter dans les archives du blog. Mais revenons à la série qui est l’objet de ce billet. Survivor’s Remorse nous plonge dans la vie de Cam Calloway, jeune prodige du basket-ball qui vient de signer dans l’équipe locale d’Atlanta managée par le flamboyant Jimmy Flaherty. Il déménage dans sa nouvelle ville  avec sa mère, Cassie, sa soeur Mary Charles et son oncle Julius, frère de sa mère. Sans oublier son cousin et manager Reggie et sa femme Missy.

Entre les amis qui tentent de de rappeler au bon vouloir de Cam vu qu’il est devenu une star, les sollicitations en tout genre et les événements qui rythment son nouveau quotidien, Cam doit s’adapter et résister à la pression, de même que sa famille. Ce qui n’est pas une chose aisée, car Reggie veille d’une main de fer sur les finances de son cousin et client. Toute cette petite famille s’installe plus que confortablement et nous les suivons quotidiennement dans leurs tribulations. Ce qui est intéressant ici, c’est que Cassie s’est toujours de menée pour élever ses deux enfants Cam et Mary Charles.

Mary Charles est lesbienne et conçue lors d’un cool collectif dont sa mère a été victime. Le père de Cam, ancien petit ami de Cassie est lui en prison. Et Reggie, fils de la soeur de Cassie, a lui aussi perdu sa mère. Ce qui fait que la seule figure « paternelle » si je puis m’exprimer ainsi, réside en la personne de l’oncle Julius. Mais celui – ci est-ce que l’on pourrait appeler un oncle atypique. Entre volutes de marijuana et orgies de nourriture, il s’efforce de tenir son rôle d’oncle à la perfection.

Sa mort, un fâcheux accident, sera en quelque sorte la goutte d’eau qui fera déborder le vase. Car tout d’un coup, Cam et sa famille découvrent la vie dans son affreuse cruauté. Reggie tente tant bien que mal de réguler les dépenses de Cam qui mû par le remords face à la réussite matérielle dont sa vie est pleine, tend la main a tous ceux qui l’ont aidé dans le passé. Il se pose une multitude de questions : l’amour de sa mère et de sa soeur Mary – Charles et de sa petite amie Allison, l’appui constant de Reggie et de Mr Flaherty suffiront – ils à le stabiliser ? Car sa célébrité commence à lui peser fortement … Cette fissure dans la famille Calloway sera la raison pour laquelle Cam retournera souvent voir son père incarcéré. Leurs conversations empreintes d’émotion et de regrets, lui permettra de garder les pieds sur terre. Quant à sa soeur, une incursion dans son enfance, lui permettra de découvrir qu’elle a été conçue lors d’un viol collectif dont sa mère a été victime. Elle pourra ainsi apaiser les colères qui la saisissaient et trouver l’apaisement. Reggie ne sera aussi pas en reste, avec la réapparition de son père, ancien toxicomane et alcoolique dont le passe – temps favori était de taper sur son fils.

À l’instar de Ballers (www.), Survivor’s Remorse nous plonge dans l’univers du sport et l’envers de son décor, mais contrairement à Ballers, plus axé sur la partie business du sport, avec Survivor’s Remorse, nous accompagnons les personnages dans leur vie quotidienne, les regardant tomber, se relever, se questionner, être en proie à diverses émotions …

unnamedCo – produite par LeBron James, joueur à succès de la NBA, Survivor’s Remorse est vraiment une de mes séries coup de coeur de cette fin d’année … En atteste la rapidité avec laquelle j’ai enchaîné les quatre saisons … Quelle ne fut ma tristesse d’apprendre d’apprendre que la série n’aura pas de 5e saison ! Un potentiel de gâché, car suivre les Calloway tout au long de ces saisons fut une vraie partie de plaisir !! J’attends de voir les différents acteurs cartonner au box office, car ils en ont le talent ^^ Inutile de dire que Survivor’s Remorse est une série que je recommande vivement. En tapant Survivor’s Remorse streaming VOSTFR, vous tomberez sur une pluralité de liens ! Thank me laaaaaater ^^

Bonne lecture & bon visionnage

NFK

Lu et approuvé : Jamais sans ma fille – Betty Mahmoody

23899115_1746645638741245_817300544_nJ’ai lu Jamais sans ma fille, le livre – témoignage de Betty Mahmoody il y a une bonne dizaine d’années. Comme des millions de personnes, j’ai été horrifiée de lire le combat de cette mère pour s’extirper de l’enfer iranien. Partie en compagnie de sa fille Mahtob et de son mari Moody en Iran pour ce qui devait initialement être des vacances de deux semaines, elle voit le piège se refermer sur elle une fois sur place. Son mari, le vénérable Docteur Mahmoody, osthéopathe et anesthésiste exerçant dans le Michigan, se transforme en fanatique dont la seule parole qui est digne d’être entendue est celle de l’Ayatollah Khomeyni.

Avant leur départ pour l’Iran, Moody avait omis de mentionner un détail intéressant à Betty : il avait perdu son travail à l’hôpital, ce travail qui faisait sa fierté, car il lui permettait d’arborer le pompeux titre de « Docteur ». Quelques – uns de ses proches avaient séjourné en Amérique, certains se comportant comme des tyrans et intimant à Betty quoi dire et comment se comporter … Les preuves de la radicalisation de Moody s’amoncelaient sous les yeux de Betty : les réunions clandestines, la haine grandissante de l’Amérique, le cercle d’amis qui s’amenuisait, la dépression dans laquelle Moody s’enfonçait, mais elle ignorait tout, considérant que son mari était bien trop « américanisé » pour désirer s’établir à Téhéran.

Une fois là – bas, elle déchante : tout est sale, la nourriture trop grasse, Ameh Bozorg, la sœur de Moody et protectrice du clan, la hait et l’isole. Sa fille Mahtob, semble s’être accoutumée à la vie à Téhéran et porte désormais le tchador sans problèmes. Mais Betty ne lâche pas et multiplie les contacts pour les faire sortir de là : l’Ambassade de Suisse, les coups de fils chez Ahmid le commerçant, les lettres passées en douce, ses parents, ses fils Joe et John qui saisissent le Département d’Etat à Washington, tout le monde s’active pour qu’elle puisse regagner l’Amérique.

Pendant ce temps, Moody l’enferme et la bat de temps à autre, sans que personne n’intervienne. Car la femme doit « une totale obéissance » à son mari. Pour lui prouver qu’elle s’est muée en cet être qui dit oui à tout, elle prend des cours de Coran, se met à faire ses prières et fomente un plan. Jusqu’à ce jour où le fameux plan est exécuté. S’ensuit une terrible traversée du pays pour atteindre les montagnes glacées de la Turquie, et à Ankara, le drapeau américain de l’Ambassade leur permettra de regagner ce pays dont elles rêvaient depuis dix – huit mois : l’Amérique.

Qu-est-devenue-Mahtob-Mahmoody-l-heroine-de-Jamais-sans-ma-filleJ’ai apprécié cette deuxième lecture, bien que cette fois – ci mon avis soit un chouya plus mitigé. L’émotion suinte à chaque page et mon cœur s’est serré ligne après ligne en découvrant une fois de plus le martyr qu’a été celui de cette femme, qui a supporté jour après jour coups, humiliations, déracinement dans un pays qui lui était hostile. Mais mariée à un Iranien, elle avait vu les signes avant – coureurs avant d’accepter d’aller en Iran. Mais au nom de l’amour, elle a accepté.

De plus, la forte dose de manichéisme que l’on sent dans la description des us et coutumes iraniens, dans leur perception de l’Amérique, m’a laissée perplexe. Car nous avons d’un côté l’Iran, pays arriéré peuplé de brutes qui ne sont bons qu’à psalmodier des versets du Coran et frapper les femmes, de l’autre l’Amérique, pays civilisé où il fait bon vivre … Alors que la guerre qui fait rage à l’époque entre l’Iran et l’Irak a en son centre les Etats – Unis. Je ne sais pas si Betty l’a fait à dessein, mais cet aspect fausse à mon avis son récit, qui reste teinté d’émotion.

Pour compléter ma collection et me faire une plus ample idée de son histoire, je lirai prochainement le livre écrit par sa fille Mahtob et son mari Moody, qui n’est lui, plus de ce monde.

Excellente lecture,

NFK